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Niger : nouvelle réunion de la Cedeao samedi à l'aube d'une possible intervention militaire

latribune.fr

Publié le 11 août 2023 à 14:21 - Mis à jour le 11 août 2023 à 14:21

Des militaires ayant participé au coup d'Etat qui a renversé le président Mohamed Bazoum au Niger.

Des militaires ayant participé au coup d'Etat qui a renversé le président Mohamed Bazoum au Niger.

Reuters

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

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À l'issue d'un sommet organisé à Abuja au Nigeria, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a ordonné le déploiement d'une « force en attente » pour restaurer l'ordre constitutionnel au Niger après la prise de pouvoir par les militaires putschistes, sans qu'aucun calendrier n'ait toutefois encore été communiqué. De leurs côtés, la France et les Etats-Unis ont renouvelé leur soutien aux décisions prises par l'organisation.

[Article publié le vendredi 11 juillet à 09H44 et mis à jour à 16H20] Nouvelle réunion prévue samedi par les chefs d'état-major ouest-africains au Ghana après le coup d'Etat au Niger le 26 juillet dernier. Les chefs d'état-major de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) discuteront samedi à Accra, et feront part aux dirigeants de la Cedeao « des meilleures options » quant à leur décision d'activer et de déployer la « force en attente », selon des sources militaires régionales.

Jeudi, le président ivoirien, Alassane Ouattara a, en effet, annoncé qu'une intervention était possible « dans les plus brefs délais », indiquant que la (Cedeao avait ordonné jeudi le déploiement d'une « force en attente » pour restaurer l'ordre constitutionnel au Niger après la prise de pouvoir par les militaires putschistes. Une intervention militaire pour libérer le président élu Mohamed Bazoum, sa femme et son fils, et le rétablir dans ses fonctions pourrait donc se concrétiser très prochainement.

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Aucun calendrier n'a toutefois encore été dévoilé, ni le nombre ou l'origine des militaires composant cette « force en attente ». Alassan Ouattara a néanmoins précisé que la Côte d'Ivoire « fournira un bataillon » de 850 à 1.100 hommes, aux côtés du Nigeria et du Bénin notamment, et que « d'autres pays » les rejoindront.

«Les putschistes peuvent décider de partir dès demain matin et il n'y aura pas d'intervention militaire, tout dépend d'eux», a martelé le président ivoirien.

Ce vendredi, le régime militaire de Niamey n'avait pas encore réagi à cette décision.

Une résolution pacifique toujours espérée par la Cedeao

Car si la Cedeao espère toujours parvenir à une résolution pacifique de la crise, l'ultimatum lancé par cette dernière le 30 juillet a expiré dimanche dernier à minuit sans que les militaires n'aient rétabli au pouvoir le président légitime renversé Mohamed Bazoum comme exigé par la Cedeao. La veille, elle a tenu un sommet à Abuja, au Nigeria, à l'issue duquel le président du Nigeria Bola Tinubu, qui assure la présidence tournante de la Cedeao, a dit espérer « parvenir à une résolution pacifique », ajoutant qu'un recours à la force en « dernier ressort » n'était pas exclu.

Il avait déclaré quelques heures auparavant que la négociation avec le régime militaire au Niger devait être le « socle » de « l'approche » de l'organisation. Et le président de la Commission de la Cedeao, Omar Touray, a lui réaffirmé « l'engagement continu à la restauration de l'ordre constitutionnel, à travers des moyens pacifiques ».

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Un nouveau gouvernement formé par les militaires putschistes

Mais, de leur côté, les nouveaux maîtres du Niger ont semblé fermés aux tentatives de négociations. Mardi, une délégation conjointe de la Cedeao, de l'Union africaine (UA) et des Nations unies avait tenté de se rendre à Niamey. En vain, les militaires leur barrant la route en invoquant des raisons de « sécurité ».

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les auteurs du coup d'Etat ont également annoncé la formation d'un nouveau gouvernement, quelques heures avant le début du sommet d'Abuja. Le gouvernement formé à Niamey est dirigé par un Premier ministre civil, l'économiste Ali Mahaman Lamine Zeine, et comprend 20 ministres. Ceux de la Défense et de l'Intérieur sont des généraux du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) qui a pris le pouvoir, respectivement le général Salifou Mody et le général Mohamed Toumba. L'annonce de sa formation confirme la détermination du régime militaire qui a renversé Mohamed Bazoum, et apparaît comme un signe de défiance à l'égard des dirigeants de la Cedeao.

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Soutien de la France

Le nouveau pouvoir considère la Cedeao comme une organisation « à la solde » de la France, ancienne puissance coloniale et alliée indéfectible du Mohamed Bazoum. Ils en ont fait leur cible principale depuis qu'ils ont pris le pouvoir. D'autant que la France a martelé « sa ferme condamnation de la tentative de putsch en cours au Niger, ainsi que de la séquestration du Président (Mohamed) Bazoum et de sa famille ». Elle a également apporté « son plein soutien à l'ensemble des conclusions adoptées à l'occasion du sommet extraordinaire » de la Cedeao à Abuja, y compris la décision d'activer le déploiement d'une « force en attente », a signifié le ministère français des Affaires étrangères.

Le 5 août dernier, Paris avait déjà affirmé qu'elle appuyait « avec fermeté et détermination » les efforts de l'organisation pour faire échouer la tentative de putsch au Niger. « Il en va de l'avenir du Niger et de la stabilité de toute la région », avait souligné le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué. La cheffe de la diplomatie française, Catherine Colonna, avait également affirmé sur France Info qu'il fallait « prendre très au sérieux la menace de recours à une intervention » de la Cedeao.

Le soutien des partenaires européens et américain pourrait-il aller jusqu'à un appui à une opération militaire ? Selon des responsables occidentaux, aucune demande de la Cedeao n'a été formulée à ce stade. Mais à Paris, on laisse entendre que toute demande serait étudiée de près. La France compte 1.500 militaires à Niamey, engagés dans la lutte anti-jihadiste sous commandement nigérien tandis que les Etats-Unis disposent d'une force d'un millier d'hommes.

Le président français Emmanuel Macron, en vacances au fort de Brégançon dans le sud de la France, a fait un point jeudi soir à l'issue du sommet de la Cedeao avec ses ministres, ses équipes et l'ambassadeur de France à Niamey, a indiqué l'Elysée. « Il continue également de s'entretenir avec ses partenaires européens et américains, ainsi qu'avec ses homologues de la Cedeao », a-t-on ajouté de même source.

Inquiétude quant aux conditions de détention de Mohamed Bazoum et de sa famille

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a, lui, déclaré que les Etats-Unis soutenaient « le leadership et le travail de la Cedeao » pour le « retour à l'ordre constitutionnel. Les Etats-Unis apprécient la détermination de la Cedeao à explorer toutes les options pour une résolution pacifique de la crise », a-t-il ajouté. Il a également fait part de son inquiétude « pour [Mohamed Bazoum], sa famille, sa sécurité et sa santé ». Il est, en effet, maintenu isolé par les militaires dans des conditions de plus en plus critiques, sans eau courante, sans électricité et sans accès à un médecin, selon des sources concordantes. « Nous avons indiqué aux dirigeants militaires que nous les tiendrons responsables de sa sécurité et de sa santé », a martelé le secrétaire d'Etat américain.

Le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a lui aussi exprimé ce vendredi « ses vives préoccupations » sur « la détérioration des conditions de détention » du président. Selon l'ONG Human Rights Watch qui s'est entretenue avec lui, il a décrit le traitement de sa famille comme« inhumain et cruel », disant ne pas avoir d'électricité depuis le 2 août, ni aucun contact humain depuis une semaine.

Et la perspective d'une intervention militaire de la Cedeao fait craindre pour sa sécurité : selon un de ses proches, les putschistes ont brandi « la menace » de s'en prendre à lui si une telle opération était lancée. « L'intervention va être risquée, il en est conscient, il considère qu'il faut un retour à l'ordre constitutionnel, avec ou sans lui », car « l'État de droit est plus important que sa personne », a assuré à l'AFP un de ses conseillers lui ayant parlé récemment.

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La suspension des vols Air France de et vers Bamako et Ouagadougou prolongée jusqu'au 18 août

Air France avait annoncé lundi une suspension de ses vols à destination du Mali et du Burkina Faso jusqu'à vendredi inclus. Cette décision faisait suite à la fermeture de l'espace aérien du Niger voisin qui contraint les compagnies à effectuer de larges détours pour rallier l'Europe, allongeant les temps de vols.

Ce vendredi, la compagnie a annoncé avoir prolongé cette mesure « jusqu'au 18 août inclus » « à la suite du coup d'Etat au Niger et en raison de la situation géopolitique dans la région du Sahel ».

Ai France dit être « en lien avec les autorités françaises » pour suivre « en permanence l'évolution de la situation géopolitique des territoires desservis et survolés par ses appareils » et rappelle que « la sécurité de ses clients et de ses équipages est sa priorité absolue ».

(Avec AFP)

latribune.fr

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