Panama Papers : pourquoi les fondateurs de Mossack Fonseca ont été arrêtés

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Fondé en 1986, le cabinet d'avocats est au coeur d'un vaste scandale de corruption dans toute l'Amérique latine.
Fondé en 1986, le cabinet d'avocats est au coeur d'un vaste scandale de corruption dans toute l'Amérique latine. (Crédits : © Carlos Jasso / Reuters)
Les deux avocats fondateurs du cabinet Mossack Fonseca, au centre de l'affaire des Panama Papers, ont été placés ce week-end en détention préventive au Panama. Jürgen Mossack et Ramon Fonseca sont soupçonnés de blanchiment de capitaux dans l'affaire du scandale Pétrobras qui ébranle depuis plusieurs années la vie politique brésilienne.

L'étau se resserre sur les dirigeants du sulfureux cabinet d'avocats Mossack Fonseca. Les deux fondateurs de la firme panaméenne ont été placés en détention samedi 11 février. Selon le ministère public, Jurgen Mossack et Ramon Fonseca, ont été incarcérés afin qu'ils ne puissent pas quitter le pays.

ramon fonseca mora

Ramon Fonseca Mora co-fondateur du cabinet Mossack Fonseca le 9 février dernier lors de son arrivée devant le ministère de la Justice au Panama.Crédits : REUTERS/Eduardo Grimaldo.

De multiples perquisitions

L'enquête s'est accélérée en fin de semaine dernière. La justice du Panama a perquisitionné le siège de Mossack Fonseca et les enquêteurs ont également fouillé les logements des deux fondateurs. Jürgen Mossack et Ramon Fonseca Mora ont ensuite été présentés au parquet selon Elias Solano, un des avocats du cabinet spécialisé dans le droit commercial.

Quels sont les soupçons qui pèsent sur les deux fondateurs du cabinet ?

Le procureur Kenia Porcell en charge de l'enquête a rappelé selon l'AFP que ce cabinet est soupçonné avant tout d'être "une organisation criminelle qui se chargeait de cacher des actifs et des sommes d'argent à l'origine douteuse". Ils sont également accusés d'avoir éliminé les preuves qui prouvaient l'implication de personnes dans des activités illégales. Dans ce contexte général, deux principaux dossiers sont dans le viseur de la justice.

  • Le scandale Petrobras :  cette affaire de corruption brésilienne révélée en 2014 concerne à la fois l'entreprise pétrolière détenue par l'Etat et des grandes entreprises brésiliennes du bâtiment et des travaux publics (BTP).

>> Lire aussi : L'exploitation du pétrole brésilien pourra se faire sans Petrobras

  • L'affaire du géant du BTP Odebrecht : le groupe est accusé d'avoir versé plus de 500 millions de dollars de pots de vin pour remporter des appels d'offres dans plusieurs pays d'Amérique latine et d'Afrique. D'autres sources comme Associated Press parle de 800 millions de dollars rien qu'en Amérique du Sud. 77 anciens cadres de la multinationale sont passés aux aveux. Selon des premières estimations, les contrats remportés par la firme s'élèveraient à 1,4 milliard de dollars.

>> Lire aussi : Brésil : deux directeurs de BTP arrêtés dans le cadre de l'enquête sur Petrobras

Kenia Porcell a néanmoins rappelé à Reuters que les derniers rebondissements de l'enquête sont surtout liés au dossier "lava jato" (lavage express) et au scandale de Pétrobras. Elle fait référence ici à l'enquête visant notamment des personnalités politiques brésiliennes soupçonnées d'avoir reçu des pots-de-vin.

Pour se défendre et tenter d'atténuer sa responsabilité dans ce dossier, Ramon Fonseca accuse le président panaméen Juan Carlos Varela d'avoir également touché des fonds  du groupe Odebrecht. D'après des propos rapportés par RFI, l'élu dément avoir reçu des dons pour sa campagne électorale de 2014.

Une longue enquête

Ces dernières arrestations sont le résultat d'une longue enquête des autorités judiciaires qui est loin d'être terminée. En avril 2016, les enquêteurs ont perquisitionné une centaine de serveurs du cabinet spécialisé dans la création de sociétés offshore pour des milliers de clients à travers le monde. Après la perquisition, Mossack Fonseca avait estimé avoir respecté la loi et que toutes les opérations menées étaient légales.

>> Lire aussi : "Panama Papers" : des saisies chez Mossack Fonseca, mais pas de sanctions "pour le moment"

Des dirigeants au passé trouble

L'origine de la rencontre entre les deux dirigeants reste opaque. En revanche, les documents obtenus par le consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) et révélés par Le Monde apportent des renseignements sur le passé trouble des deux dirigeants. Le premier Jürgen Mossack est un avocat panaméen de parents allemands. Son père était un officier de la Waffen-SS durant la Seconde Guerre Mondiale. Le second Ramon Fonseca Mora est panaméen, avocat et écrivain réputé. Il est également connu pour avoir été président du Parti panaméiste, formation connue pour ses revendications nationalistes et conservatrices. Il a également été ministre-conseiller du président Juan Carlos Varela avant de devoir démissionner de son poste à la suite du scandale des Panama Papers.

En parallèle de ces deux incarcérations, des auditions et des arrestations concernant entre autres des hauts-fonctionnaires se multiplient dans de nombreux pays d'Amérique du Sud laissant entrevoir une vaste organisation de blanchiment d'argent issu de la corruption.

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Commentaires
a écrit le 13/02/2017 à 17:01 :
Qu'en est-il chez nous ? Pur la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique,Que risque les ministres Algériens s’ils sous-évaluent leur patrimoine ? Y'a -t-il un code pénal qui punit les fraudeurs ? A ces peines peuvent s’ajouter une interdiction des droits civiques ainsi que l'interdiction d'exercer une fonction publique ?! Histoire d'un gouvernement fantoche ?!
a écrit le 13/02/2017 à 15:39 :
Sans defendre ces 2 crapules (car elles savaient tres bien ce qu elles faisaient), l article raconte n importe quoi. On peut pas parler de passé trouble pour quelqu un car son pere etait chez les SS (l ecrivain Gunther Grass en etait aussi !): on est pas responsable des actions de ses parents. De meme vous ecrivez que Fonseca etait le chef d un parti politique. C est pas encore un crime non ?

Le blanchiment d argent mafieux ou de la corruption est suffisament grace sans qu on aille chercher ce qu a fait papa il y 70 ans
Réponse de le 14/02/2017 à 6:32 :
Effectivement c'est vraiment n'importe quoi cette partie de l'article !!! Aberrant qu'on puisse écrire des idioties pareilles ...
a écrit le 13/02/2017 à 15:06 :
C'est bien mais attention, quelques exemples par ci par là ne calmerons pas les gens condamnés à l'austérité à perpétuité eux, hein. Parce que je vois d'ici peu tous les golden corbeaux venir nous dire que cette fois c'est bon, les paradis fiscaux c'est vraiment une époque terminée !

Tu parles, un de perdu, dix de retrouvés, ils ne pourront jamais s'en passer.

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