France : cet inquiétant manque d'électricité qui nous oblige à importer
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Baisser son chauffage d'un degré, éviter les bains ou encore limiter l'usage de ses appareils électroménagers : depuis le début de la guerre en Ukraine, les appels se multiplient pour inciter les Européens à réduire leur consommation d'énergie, afin de se désintoxiquer du charbon, du pétrole et surtout du gaz russes. Mais si les tensions internationales ont remis le sujet sur la table, la dépendance du Vieux Continent à son voisin de l'Est est loin d'être son seul talon d'Achille en matière énergétique. Y compris en France, où le système électrique a montré de graves failles, à moins d'une semaine du premier tour de la Présidentielle.
En effet, alors que la production nationale était inférieure à la consommation ce lundi à cause de la vague de froid qui touche le pays, le réseau a été mis à rude épreuve. La veille, son gestionnaire, RTE, avait même déclenché une alerte orange et appelé les citoyens aux écogestes, aux côtés du fournisseur historique EDF. Si une coupure d'électricité a finalement pu être évitée, avec 800 mégawatts (MW) économisés grâce à la mobilisation collective, la France a dû importer jusqu'à 9 gigawatts (GW) dans la matinée, depuis l'Allemagne et l'Angleterre notamment, contre une production domestique totale au moment du pic de 63,6 GW.
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Autrement dit, une demande de près de 70 GW a suffi à faire vaciller le système, alors même que la puissance installée du parc s'élève à plus de 130 GW. Un constat d'autant plus surprenant que, ces dernières années, les appels ont plusieurs fois dépassé les 100 GW, tandis que l'alerte rouge lancée par RTE en janvier 2021 tablait à l'époque sur une consommation de presque 90 GW. Force est de constater que, peu à peu, les capacités de production de la France se sont donc effritées, mettant en péril sa sécurité d'approvisionnement. Une "situation catastrophique", s'alarme Nicolas Goldberg, senior manager Energie chez Colombus Consulting, qui a d'ailleurs fait grimper en flèche les prix spot dans l'Hexagone, ceux-ci ayant atteint jusqu'à 3.000 euros le MWh vers 8 heures du matin, contre près de dix fois moins ailleurs en Europe.