Pourquoi l'Australie pourrait échapper aux droits de douane de Trump

Le Premier ministre australien, Anthony Albanes.
Tracey Nearmy

Le Premier ministre australien, Anthony Albanes.
Tracey Nearmy
Aucun pays ne devrait y échapper. Donald Trump a annoncé dimanche des droits de douane de 25 % « sans exception » sur toutes les importations d'acier et d'aluminium aux États-Unis. Et la date d'application de ces taxes est d'ores et déjà fixée au 12 mars. Toutefois, un seul état pourrait, pour l'instant, passer au travers des mailles du filet : l'Australie.
Après un appel téléphonique avec le Premier ministre australien, Anthony Albanese, le président nouvellement élu a indiqué mardi qu'il « étudierait avec attention » la possibilité d'exempter le pays de taxes douanières. Il a même estimé que le dirigeant australien était un « homme très bien ».
Au-delà des qualités humaines d'Anthony Albanes, plébiscitées par Trump, le président se montre surtout satisfait de la balance commerciale des États-Unis avec son partenaire. « Nous avons un excédent avec l'Australie, c'est l'un des seuls pays avec lequel nous en avons un », a-t-il ainsi déclaré. En effet, les Américains ont généré un surplus de 17,9 milliards de dollars par rapport aux Australiens en 2024, d'après le Bureau du recensement des États-Unis.
Autre raison invoquée par le milliardaire républicain : « Ils achètent beaucoup d'avions. Ils sont assez éloignés et ont besoin de beaucoup d'avions », a-t-il précisé. Canberra a aussi confirmé vendredi dernier son premier paiement pour acquérir des sous-marins américains dans le cadre d'AUKUS, un accord de coopération militaire entre l'Australien les États-Unis et le Royaume-Uni.
Les exportations australiennes d'acier et d'aluminium sont de toute façon limitées, de quoi satisfaire le président américain. L'Australie a exporté 223 000 tonnes d'acier en 2023 et 83 000 tonnes d'aluminium. « Des volumes modestes qui ne la placent pas même dans le Top 10 des fournisseurs américains, note Céline Pajon. Près de 40 % des importations d'acier des États-Unis proviennent du Canada et du Mexique, tandis que la quasi-totalité de l'aluminium importé est d'origine canadienne. Vu de Washington, l'Australie reste donc un fournisseur marginal. »
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Un faible niveau d'exportation qui avait valu au pays déjà des exemptions lors du premier mandat de Donald Trump.
Le Premier ministre australien a également indiqué que leur aluminium est « un intrant essentiel pour l'industrie manufacturière ». L'acier et l'aluminium australien créeraient même des « milliers d'emplois américains », d'après le ministre du Commerce du pays continent. L'entreprise australienne spécialisée dans l'acier BlueScope Steel possède d'ailleurs des activités aux États-Unis.
Mais l'Australie n'est pas encore tirée d'affaires. Le décret sur les droits de douane signé mardi soir par le président américain accuse l'Australie d'avoir bafoué « un engagement verbal » pris lors du précédent mandat de Donald Trump pour limiter l'exportation d'aluminium. « Le volume des importations américaines d'aluminium en provenance d'Australie a bondi et, en 2024, il était environ 103 % plus élevé que le volume moyen de 2015 à 2017 », indique notamment le texte
Pour l'experte Céline Pajon, « les relations entre les États-Unis et l'Australie sont solides sur le plan stratégique ». Néanmoins, « le gouvernement actuel d'Anthony Albanese, progressiste, est en décalage avec les orientations illibérales de Trump. De plus, des tensions personnelles existent, comme entre Trump et Kevin Rudd, l'ambassadeur australien à Washington ».
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Sur la chaîne de télévision ABC, le ministre australien de la Défense a tenté de rassurer, rapporte The Guardian : Trump « a clairement indiqué que les dérogations australiennes à ce décret feraient l'objet d'un examen approfondi. Et c'est là que nous en sommes aujourd'hui ».
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