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ÉconomieInternational

Présidence tournante de l'Union européenne : les dossiers prioritaires du Danemark

Julien Gouesmat

Publié le 01 juillet 2025 à 04:00 - Mis à jour le 01 juillet 2025 à 10:00

La présidence danoise du Conseil de l’UE commence ce mardi. (Photo d’illustration)

La présidence danoise du Conseil de l’UE commence ce mardi. (Photo d’illustration)

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Ce mardi, le Danemark prend la présidence tournant du Conseil de l’Union européenne avec une triple priorité : compétitivité, écologie et sécurité.

La dernière fois que Copenhague a présidé le Conseil de l'Union européenne, en juin 2012, les Danois présentaient une « Europe au travail ! » aux 28 membres qui se débattaient avec la crise des dettes souveraines. Treize années ont passé, les 28 sont devenus 27, les enjeux de créances sont toujours présents et mettent désormais en péril le réveil géopolitique de l'Union.

Ce 1er juillet, succédant à la Pologne, le Danemark entame ses six mois de présidence. Bien sûr, afin de permettre une continuité politique, il y a des limites aux actions du pays à la tête du Conseil. Mais l'histoire récente a montré l'intérêt de devenir chef des Vingt-Sept, ne serait-ce que pour six mois. La France, lors de l'offensive russe sur l'Ukraine en 2022 et le leadership alors d'Emmanuel Macron, ou, à l'inverse, la tonitruante présidence de Victor Orban l'an dernier, ont démontré l'influence du poste.

Industrie de défense

Outre le Brexit, l'un des changements majeurs depuis la dernière présidence danoise est le retour de la guerre sur le territoire européen. Copenhague - fidèle soutien de l'Ukraine depuis 2022 - a fait du réarmement une de ses priorités, souhaitant « une Europe forte dans un monde de changement ». À peu de chose près le titre d'un texte de 2016 rédigé par Jean-Marc Ayrault et le président allemand Frank-Walter Steinmeier, « Une Europe forte dans un monde incertain ». Ce texte, rédigé il y a neuf ans, colle en tout point ou presque avec la vision danoise pour les six prochains mois : renforcer le cadre sécuritaire et l'industrie de défense européenne, tout en étant gage de développement et de stabilité dans le monde.

Malgré cette volonté affichée par le Danemark, les industriels de la défense ne se leurrent pas : Copenhague n'est pas le fer de lance d'une réindustrialisation européenne, ni d'un armement « Made in the EU ». Dans son projet, le mot « défense » apparaît 33 fois contre 3 pour « souveraineté ». Le pays, qui dépasse à peine les 2 points de PIB consacrés à la défense, est un fervent soutien des États-Unis et consomme le plus souvent américain. Les velléités de Trump sur le Groenland ont permis un léger basculement : 92 % des Danois estiment désormais que leur pays devrait « davantage se concentrer sur l'Europe, plutôt que sur les États-Unis, pour sa sécurité ».

A LIRE AUSSI

Otan : les pays de l'UE devront dépenser 1350 milliards de dollars par an à partir de 2035

En ayant accepté à La Haye de rehausser leurs dépenses de défense, les 23 pays de l'Otan également membres de l'UE exerceront une importante pression sur la présidence danoise, afin de trouver les moyens de leurs ambitions. Copenhague devra se mouiller sur le dossier du programme Safe et ses 150 milliards d'euros pour la défense, dont les objectifs ne sont pas encore connus et dont les pays extérieurs à l'UE pourraient bien profiter.

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« Il est [...] essentiel que l'Europe s'efforce d'être en mesure, d'ici 2030 au plus tard, de se défendre elle-même, notamment en livrant une contribution crédible à la sécurité euroatlantique commune. Cela implique, par exemple, le développement de capacités de défense critiques, le renforcement de l'industrie européenne de la défense, y compris les capacités de production et d'approvisionnement, ainsi qu'une coopération encore plus étroite entre l'Union européenne et l'Otan », fait savoir la présidence danoise.

Réglementation pharmaceutique

Autre dossier chaud : le secteur pharmaceutique européen en péril. Varsovie a réussi dans ses dernières semaines de présidences à obtenir un mandat de négociation sur le sujet. La patate chaude sera transmise à Copenhague ce mardi. Une position délicate pour le pays Scandinave, dont 8 % du PIB vient du milieu pharmaceutique, porté par le géant Novo Nordisk.

En négociant avec le Parlement et le Conseil, Copenhague devrait tenir son rôle de médiateur, en résistant aux sirènes des grosses entreprises danoises. En jeu notamment dans ce dossier complexe : la révision des droits de monopole sur certains médicaments afin de ramener plus de compétitivité.

👉​ Pour tout savoir du décrochage européen du secteur pharmaceutique c'est ici : « Point de non-retour » : l'industrie pharmaceutique alerte sur le risque pour la souveraineté française

Objectifs climatiques : stop ou encore ?

Alors que la Commission européenne est accusée de détricoter le Green deal, le Danemark pourrait ramener de la verdure à Bruxelles. « C'est peut-être l'un des domaines où la transition entre les présidences polonaise et danoise est plus visible », note l'Institut Robert Schuman. Dès jeudi prochain, le 3 juillet, la Commission européenne proposera de réduire les émissions de l'UE de 90 % d'ici à 2040, avec quelques exceptions.

Les principaux débats à attendre sur le sujet concerneront le marché carbone, eldorado pour certains pays émetteurs, mais très critiqué par les scientifiques et les pays les plus en pointe dans la transition écologique.

👉​ Pour en savoir plus sur la baisse d'intérêt de l'UE pour les enjeux climatiques : Mauvaise surprise, les investissements climat dans l'UE marquent le pas

Un large volet technologique

Priorité est également donné au numérique : simplification du cadre réglementaire, soutien aux PME, révision du RGPD, développement de l'IA, du quantique, du cloud et des semi-conducteurs. Copenhague veut aussi accélérer la connectivité avec le Digital Networks Act, renforcer la cybersécurité avec la révision du Cybersecurity Act et muscler les outils européens contre les menaces hybrides, en lien avec l'Otan.

À lire également

  • Le Danemark s’attaque à l’immigration dans l’UE
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👉​ Pour en savoir plus, c'est ici : Simplification, cybersécurité, IA : ce que prépare le Danemark pour sa présidence de l'UE

Julien Gouesmat

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