Présidentielle américaine : Kamala Harris accepte l'investiture démocrate et clôt la Convention nationale du parti
latribune.fr
Après quatre jours de convention nationale démocrate, Kamala Harris a officiellement été nommée candidate du parti pour la course à la Maison Blanche. (Photo d'illustration)
Après quatre jours de convention nationale démocrate, Kamala Harris a officiellement été nommée candidate du parti pour la course à la Maison Blanche. Désormais, après l'unification du parti autour de la vice-présidente, place à la campagne.
C'est sous les acclamations d'une foule survoltée que Kamala Harris a officiellement accepté l'investiture du Parti démocrate pour l'élection présidentielle de novembre.
Dans un discours à la fois solennel et résolument patriote, la vice-présidente de 59 ans a tracé les grandes lignes de sa vision pour le pays, marquée par un appel à l'unité nationale et une volonté de rassembler au-delà des divisions politiques.
Agir contre l'injustice
« Je serai la présidente de tous les Américains », a proclamé Kamala Harris. La vice-présidente s'est adressée à des milliers de délégués réunis à Chicago, sous les traditionnels ballons aux couleurs de l'Amérique. Pour Harris, ce moment était bien plus qu'une simple étape dans sa carrière politique.
« Dans le combat de toujours entre la démocratie et la tyrannie, je sais où je me tiens », a-t-elle affirmé avec une conviction palpable, avant de déclarer : « Je sais où doivent se tenir les États-Unis. »
Le discours a, par la suite, pris un tournant personnel lorsque la candidate démocrate a évoqué le parcours de sa défunte mère, originaire d'Inde, partie à 19 ans pour réaliser son rêve de devenir scientifique.
« J'ai vu comme le monde la traitait parfois. Mais ma mère n'a jamais perdu son calme. Elle était forte, courageuse », a confié Harris, ajoutant qu'elle avait appris d'elle « à ne jamais se plaindre de l'injustice, mais à agir contre ».
Un message d'unité face à Trump
Kamala Harris n'a pas manqué d'attaquer son rival républicain, Donald Trump, qu'elle affrontera en novembre. En évoquant le programme « Projet 2025 », élaboré par des proches du milliardaire, elle a prévenu qu'un second mandat de Trump ramènerait l'Amérique des décennies en arrière.
« Contrairement à Trump, je ne ferai pas ami-ami avec les dictateurs », a lancé Harris, en assurant qu'elle maintiendrait son soutien à l'Ukraine et à Israël, tout en promettant « l'autodétermination » pour les Palestiniens.
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Dans une élection qui s'annonce serrée, Harris a tenté de marquer sa stature présidentielle, en insistant sur sa capacité à « nous réunir autour de nos plus hautes aspirations » et à « diriger et écouter » tous les Américains.
Fin d'une convention nationale pleine d'espoir
La convention démocrate, qui a couronné Harris, s'est déroulée dans une ambiance festive mais gravée d'émotion depuis lundi. L'événement a débuté par des adieux émouvants à Joe Biden, le président sortant ayant renoncé à briguer un second mandat.
Devant des délégués visiblement émus, Biden a promis de devenir le « meilleur bénévole » pour la campagne de Kamala Harris. « Merci Joe ! », scandaient les participants alors qu'il défendait son bilan tout en mettant en avant son soutien indéfectible à sa vice-présidente.
Le thème de la famille a également imprégné cette convention. Doug Emhoff, mari de Kamala Harris, a suscité des rires avec son autodérision, tandis que les enfants de proches de Harris ont joué la carte de la tendresse.
Sur scène, les filles de la nièce de la candidate ont amusé la foule en expliquant comment bien prononcer le prénom de la candidate : « D'abord, vous dites Kama, comme "coma", ensuite vous dites la, la, la. Kamala ! »
Obama, Gaza, Trump
Mardi soir, c'est une autre grande figure du parti, Michelle Obama, qui a électrisé l'audience avec une adresse poignante appelant à l'action. « Faites quelque chose », a-t-elle exhorté les démocrates, un message repris en chœur par les délégués enthousiastes.
L'ancienne Première dame, star incontestée du parti, a presque éclipsé son mari lors de cette soirée, bien que l'ex-président Barack Obama soit lui aussi intervenu avec son habituel charisme. Les Obamas ont ainsi rappelé à quel point la bataille contre Trump sera rude, mais que l'espoir peut être une arme puissante.
« Les campagnes qui génèrent de l'espoir performent généralement mieux que celles qui proposent un narratif négatif », rappelait le politologue Randall Miller à l'AFP, en écho aux discours entendus tout au long de la convention.
Alors que la convention se déroulait à Chicago - épicentre de la mobilisation pour la Palestine aux Etats-Unis -, la guerre en cours à Gaza n'a cessé d'être évoquée, que ce soit lors de manifestations pro-palestiniennes organisées aux abords de l'événement ou dans les discours prononcés sur scène.
Kamala Harris a, elle aussi, abordé cette crise humanitaire, promettant de travailler à la conclusion d'un accord de trêve et à la libération des otages retenus par le Hamas.
« Tant de vies innocentes ont été perdues », a-t-elle déploré avant d'assurer que les États-Unis continueraient à défendre le droit des Palestiniens à l'autodétermination.
Premier débat le 10 septembre
Si Kamala Harris bénéficie pour l'instant d'une légère avance dans les sondages nationaux, rien n'est joué et des surprises peuvent arriver. L'ancien président Barack Obama a d'ailleurs tenu à le rappeler en tweetant juste après le discours de Harris : « Mettons-nous au boulot. »
Les prochains mois seront cruciaux, notamment lors du premier débat entre Harris et Trump, prévu pour le 10 septembre, quelques jours avant le début du vote par correspondance dans certains Etats. Dès ce vendredi, les lignes pourraient encore bouger. Selon les médias américains, le candidat indépendant Robert F. Kennedy Jr va jeter l'éponge et apporter son soutien au milliardaire républicain.