Retraites : la gauche maintient la pression, Yaël Braun-Pivet prête à « rediscuter » la réforme
latribune.fr

Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.
Abdullah Firas/ABACA via Reuters Connect
latribune.fr

Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure.
Abdullah Firas/ABACA via Reuters Connect
Cèdera, cèdera pas ? François Bayrou a deux jours pour trancher sur l'épineuse question de la réforme des retraites de 2023, brandie comme un totem intouchable à droite, mais dont la gauche exige la suspension sous peine de censurer le nouveau gouvernement.
Dimanche, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a affirmé sur BFMTV attendre du Premier ministre François Bayrou qu'il prononce mardi le mot « suspension » de la réforme des retraites, tout en assurant qu' « au moment où nous parlons, le compte n'y est pas encore ». « En l'état, effectivement, nous censurerions, mais mon souhait personnel et celui des socialistes, ce n'est pas de chercher à censurer pour censurer », a-t-il affirmé.
Alors qu'un « échange avec François Bayrou » est prévu d'après Olivier Faure, qui n'a pas donné plus de précisions, le patron du PS a ajouté que son but n'était pas de « tendre un piège au gouvernement ». « Nous voulons faire en sorte que nous ayons à la fois garanti notre système de retraites par répartition et que nous l'ayons fait en ne faisant pas reposer la charge du financement sur les plus précaires », a-t-il expliqué.
Interrogé sur les déclarations du président LR du Sénat Gérard Larcher, qui ne veut « ni suspension ni abrogation » de la réforme des retraites, Olivier Faure a minimisé l'influence de la droite, qui ne dispose que de 47 députés. « Cela suppose qu'à un moment on arrête de tous s'enrhumer quand Gérard Larcher tousse », a-t-il affirmé.
Effectivement, François Bayrou doit faire face à de fortes résistances dans le « socle commun » qui le soutient. Le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), a porté cette semaine dans Le Parisien un message limpide : « ni suspension ni abrogation ».
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Comment le Premier ministre va-t-il se dépatouiller de la situation ? D'après La Tribune Dimanche, alors que s'achèvent ce week-end les dernières tractations, la mise sur pause pendant six mois du texte de 2023 semble prendre forme. Ce qui ne semble pas suffisant à Olivier Faure. Pour sa part, l'ex-président François Hollande a appelé sur France 3 à ouvrir une négociation « le plus tôt possible » avec les partenaires sociaux et à une suspension dans le même temps des "effets les plus négatifs" de la réforme des retraites, parmi eux le recul de l'âge de départ de 62 à 64 ans.
Dans cette situation tendue, François Bayrou semble pouvoir compter sur les macronistes pour faire passer l'idée d'une suspension temporaire. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a affirmé dimanche « ne pas être opposée par principe » au fait d'« arrêter » brièvement la réforme des retraites pour en « rediscuter ».
À lire également
Pour la présidente de l'Assemblée nationale, la réforme « n'est pas parfaite », et même « injuste », et « il y a beaucoup de sujets à discuter encore », que ce soit sur la pénibilité, les carrières longues ou les retraites des femmes, a-t-elle souligné.
Gérard Larcher et Yaël Braun-Pivet seront reçus par François Bayrou lundi à 17h30, selon l'entourage de cette dernière.
latribune.fr