Sécurité alimentaire : l'Inde poursuit sa politique protectionniste et plafonne ses exportations de sucre

Après avoir annoncé mi-mai suspendre ses exportations de blé, l'Inde annonce maintenant limiter ses exportations de sucre à 10 millions de tonnes. L'objectif est « de maintenir la disponibilité intérieure et la stabilité des prix pendant la saison sucrière », selon le ministère de l'Alimentation.

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L'inde est le deuxième exportateur mondial de sucre derrière le Brésil.
L'inde est le deuxième exportateur mondial de sucre derrière le Brésil. (Crédits : Jan Mesaros via Pixabay)

Après le blé, c'est au tour du sucre d'être au centre des préoccupations du gouvernement indien. Craignant une baisse de la production et une envolée des prix, le pays, premier producteur mondial de sucre et le deuxième exportateur derrière le Brésil, va imposer des restrictions sur l'exportation de sucre afin de protéger ses réserves. À partir du 1er juin, elles seront plafonnées à 10 millions de tonnes pour la campagne de commercialisation prévue d'octobre à septembre, a indiqué le ministère de l'Alimentation mardi soir dans un communiqué. Une décision prise « en vue de maintenir la disponibilité intérieure et la stabilité des prix pendant la saison sucrière », a-t-il précisé. Malgré la décision des autorités indiennes, les exportations de cette denrée devraient atteindre un niveau record au cours de cette campagne de commercialisation, avec des contrats signés pour environ neuf millions de tonnes, dont 7,8 millions de tonnes déjà expédiées, a ajouté le ministère.

Des récoltes moins bonnes que prévues

L'Inde n'est pas le seul pays à réduire son offre en sucre. Le Brésil et les Etats-Unis sont, eux aussi, contraints de revoir à la baisse la quantité qu'ils peuvent exporter. En cause, des récoltes moins bonnes que celles espérées. Aux Etats-Unis, les plantations ont, en effet, été retardées par des températures basses et un temps humide dans le Minnesota et le Dakota du Nord, deux des plus grands États producteurs de betteraves. Au Brésil, les prix élevés du pétrole incitent l'Etat brésilien à favoriser l'utilisation de la canne à sucre pour produire de l'éthanol au prix devenu plus compétitif. Résultat, le sucre disponible à l'exportation au Brésil a diminué de 51% par rapport à 2021, selon le dernier rapport de l'association industrielle nationale Unica.

Cette stratégie, couplée aux mauvais rendements de cette saison, a eu pour conséquence directe de faire grimper les prix sur les marchés. Le 20 mai, à New York, la livre de sucre brut, pour livraison en juillet prochain, valait 19,90 cents, contre 19,17 cents huit jours auparavant.

Suspension des exportations indiennes de blé

Le sucre connaît donc une situation similaire au blé dont le prix atteignait, mi-mai, des records à 435 euros la tonne. Les mauvaises récoltes, qui freinent les exportations de certains pays comme le Canada ou encore les Etats-Unis, ont conduit l'Inde à prendre une décision radicale. Le gouvernement a en effet décidé d'interdire les exportations de blé afin d'assurer la « sécurité alimentaire » de ses 1,4 milliard d'habitants.

En parallèle, en Ukraine, des millions de tonnes de céréales sont retenues dans les ports de la mer Noire, ces derniers étant bloqués par la Russie. Et le pays devrait voir sa production de blé reculer de plus d'un tiers du fait de la guerre qui dure depuis le 24 février. Or l'Ukraine, plus grande surface agricole européenne, produit habituellement 80 millions de tonnes de céréales et d'oléagineux par an dont plus de 65% sont exportées. Une situation sur laquelle ont alerté les pays du G7 qui craignent une crise alimentaire mondiale, en particulier dans les pays très dépendants des exportations de céréales, comme les pays du Maghreb.

Après le blé, c'est au tour du sucre d'être au centre des préoccupations du gouvernement indien. Craignant une baisse de la production et une envolée des prix, le pays, premier producteur mondial de sucre et le deuxième exportateur derrière le Brésil, va imposer des restrictions sur l'exportation de sucre afin de protéger ses réserves. À partir du 1er juin, elles seront plafonnées à 10 millions de tonnes pour la campagne de commercialisation prévue d'octobre à septembre, a indiqué le ministère de l'Alimentation mardi soir dans un communiqué. Une décision prise « en vue de maintenir la disponibilité intérieure et la stabilité des prix pendant la saison sucrière », a-t-il précisé. Malgré la décision des autorités indiennes, les exportations de cette denrée devraient atteindre un niveau record au cours de cette campagne de commercialisation, avec des contrats signés pour environ neuf millions de tonnes, dont 7,8 millions de tonnes déjà expédiées, a ajouté le ministère.

Des récoltes moins bonnes que prévues

L'Inde n'est pas le seul pays à réduire son offre en sucre. Le Brésil et les Etats-Unis sont, eux aussi, contraints de revoir à la baisse la quantité qu'ils peuvent exporter. En cause, des récoltes moins bonnes que celles espérées. Aux Etats-Unis, les plantations ont, en effet, été retardées par des températures basses et un temps humide dans le Minnesota et le Dakota du Nord, deux des plus grands États producteurs de betteraves. Au Brésil, les prix élevés du pétrole incitent l'Etat brésilien à favoriser l'utilisation de la canne à sucre pour produire de l'éthanol au prix devenu plus compétitif. Résultat, le sucre disponible à l'exportation au Brésil a diminué de 51% par rapport à 2021, selon le dernier rapport de l'association industrielle nationale Unica.

Cette stratégie, couplée aux mauvais rendements de cette saison, a eu pour conséquence directe de faire grimper les prix sur les marchés. Le 20 mai, à New York, la livre de sucre brut, pour livraison en juillet prochain, valait 19,90 cents, contre 19,17 cents huit jours auparavant.

Suspension des exportations indiennes de blé

Le sucre connaît donc une situation similaire au blé dont le prix atteignait, mi-mai, des records à 435 euros la tonne. Les mauvaises récoltes, qui freinent les exportations de certains pays comme le Canada ou encore les Etats-Unis, ont conduit l'Inde à prendre une décision radicale. Le gouvernement a en effet décidé d'interdire les exportations de blé afin d'assurer la « sécurité alimentaire » de ses 1,4 milliard d'habitants.

En parallèle, en Ukraine, des millions de tonnes de céréales sont retenues dans les ports de la mer Noire, ces derniers étant bloqués par la Russie. Et le pays devrait voir sa production de blé reculer de plus d'un tiers du fait de la guerre qui dure depuis le 24 février. Or l'Ukraine, plus grande surface agricole européenne, produit habituellement 80 millions de tonnes de céréales et d'oléagineux par an dont plus de 65% sont exportées. Une situation sur laquelle ont alerté les pays du G7 qui craignent une crise alimentaire mondiale, en particulier dans les pays très dépendants des exportations de céréales, comme les pays du Maghreb.

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Commentaire 1
à écrit le 26/05/2022 à 9:43
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Vu le nombre de diabétiques et surtout d'obéses à travers le Monde, pandémie due principalement aux sodas dont Coca cola est le champion, manquer de sucre ne peut être que salutaire. Pour la France, l'eau du robinet est généralement de bonne qualité...

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