Taxes sur les voitures électriques chinoises : l'Espagne demande à l'UE de revoir sa copie
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Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, appelle l'UE et la Chine à « construire des ponts ».
SUSANA VERA
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Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol, appelle l'UE et la Chine à « construire des ponts ».
SUSANA VERA
En visite en Chine, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, use de diplomatie pour éviter une guerre commerciale entre le géant asiatique et l'UE. « Nous devons revoir, tous ensemble, non seulement les Etats membres mais aussi la Commission, notre décision de surtaxer les voitures électriques », a-t-il déclaré à Shanghai lors d'une conférence de presse, alors que Pékin en représailles a lancé une enquête anti-dumping sur les importations de produits à base de porc, dont l'Espagne est le plus grand exportateur européen vers la Chine. « Comme je l'ai dit auparavant, nous n'avons pas besoin d'une autre guerre, une guerre commerciale dans ce cas », a-t-il affirmé.
La Commission a annoncé le 20 août sa décision de surtaxer pendant cinq ans les voitures électriques provenant de Chine, y compris celles du constructeur américain Tesla, qui possède une usine à Shanghai. Bruxelles va ajouter aux 10% de taxe déjà en place une surtaxe, allant jusqu'à 36%, à l'encontre des importations de véhicules électriques chinois.
Championne des moteurs essence et diesel, l'industrie automobile européenne craint de voir ses usines disparaître si elle échoue à endiguer la déferlante annoncée des modèles électriques chinois. Pékin a pris de l'avance en investissant de longue date dans les batteries. Avec ces surtaxes, l'UE espère ainsi protéger une filière automobile qui emploie 14,6 millions de salariés dans l'UE tout en évitant un conflit mortifère avec son deuxième partenaire économique derrière les Etats-Unis.
Ces droits de douane s'appliqueront d'ici fin octobre pendant cinq ans, sous réserve de l'aval des 27, divisés sur le sujet et appelés à voter. Ils remplaceront alors des taxes provisoires décidées début juillet, et allant jusqu'à 38%, selon la Commission.
La Chambre de commerce de l'UE, qui représente plus de 1.700 entreprises en Chine, s'inquiète de cet environnement. Dans un rapport publié ce mercredi, elle estime que les risques pour une entreprise européenne de travailler en Chine « augmentent, et les récompenses semblent se réduire ». D'autant plus que le géant asiatique peine à renouer avec une croissance digne de son rang.
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Les autorités chinoises disent viser une croissance du PIB d'environ 5% cette année, un objectif considéré comme ambitieux par de nombreux experts. En juillet, une importante réunion du Parti communiste chinois (PCC), le « Troisième Plénum », centrée sur les grandes orientations économiques, avait suscité des espoirs de réforme. Mais aucune mesure concrète n'a été annoncée et ses conclusions laissent plutôt entendre « qu'un retour du secteur étatique, en ligne avec les objectifs de la Chine, plus centrés sur la sécurité, pourrait être privilégié par rapport au secteur privé », note le rapport de la Chambre de commerce.
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De nombreux investisseurs sont désormais confrontés au fait que les problèmes qu'ils rencontrent sur le marché chinois sont « peut-être permanents », selon le rapport. Il leur faut donc « repenser sérieusement la stratégie » estime l'institution. Par ailleurs, les récentes législations sur le contre-espionnage et les relations internationales ont forcé les entreprises étrangères à consacrer plus de ressources pour s'assurer qu'elles respectent ces lois. « Cela renforce l'attractivité d'autres marchés qui peuvent apporter plus de certitudes sur le plan légal », estime la Chambre, mais « la Chine a toujours un potentiel significatif », juge Jens Eskelund, appelant à « plus d'actions du gouvernement chinois ».
(Avec AFP)
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