Dans la course aux métaux qui vont se substituer aux hydrocarbures avec la transition énergétique, chaque pays cherche à sécuriser ses approvisionnements. C'est ce que le président américain Joe Biden vise avec son plan Inflation Reduction Act (IRA), doté de 400 milliards de dollars. Il finance sous la forme de crédits d'impôts et de subventions aux entreprises et aux ménages la conversion de l'économie américaine aux énergies bas carbone, en développant localement la production de batteries pour véhicules électriques, d'éoliennes off-shore, de panneaux solaires, ou encore l'intensification des réseaux électriques... Dans une étude, S&P Global, maison mère de l'agence de notation, a analysé les conséquences de l'IRA pour les marchés mondiaux des métaux de l'IRA,
Le plan prévoit par exemple qu'à partir de 2024, les industriels assemblant des batteries pour véhicules électriques sur le sol américain ne pourront être éligibles aux aides publiques qu'à condition que la part de la valeur des composants, essentiellement des métaux, produite aux Etats-Unis ou dans un pays avec lequel les Etats-Unis ont un accord de libre-échange, soit supérieure à 50% à partir de 2024. Cette part sera portée à 80% en 2027 et 100% en 2029. Les Etats-Unis vont donc devoir mener une extension accélérée de leur secteur minier et métallurgique local.
Une politique volontariste qui vient après la pandémie qui a bouleversé les chaînes d'approvisionnement et une crise énergétique amplifiée par la guerre russe en Ukraine qui a chamboulé les flux commerciaux des matières premières dont les métaux. Dans ce contexte, les inquiétudes portent sur la capacité des producteurs à répondre à l'explosion de la demande exigée par la transition énergétique. Aux Etats-Unis, au Japon, au Royaume uni, au Canada, dans les pays de l'Union européenne, mais aussi au Fonds monétaire international (FMI), à la Banque mondiale et à l'Agence internationale de l'énergie (AIE), nombre de rapports ont été publiés pour étudier la question et proposer des solutions. En France, par exemple, il y a eu le rapport Varin et la création d'un Observatoire français des ressources minérales (Ofremi) pour fournir « des informations claires sur les chaînes d'approvisionnement ». L'Union européenne s'est elle aussi dotée de structures similaires.