Nickel, lithium, manganèse, terres rares, cuivre... Ces métaux sont devenus stratégiques pour créer de nouvelles filières comme la production de batteries pour véhicules électriques, de panneaux solaires, d'éoliennes offshore, ou encore l'extension des réseaux électriques et de la numérisation des activités de production et de services. Or, « la France importe aujourd'hui quasiment 100% de ses besoins », constatait en janvier 2022 Philippe Varin, dans son rapport sur « La sécurisation de l'approvisionnement en matières premières minérales ».
Dans ce document réalisé à la demande du gouvernement, l'ex-président de France Industrie, expert en marché des métaux en tant qu'ancien patron de Péchiney (aluminium), de Corus (acier) et de PSA (construction automobile), liste ses recommandations pour sécuriser un approvisionnement nécessaire à la réindustrialisation du pays voulue par le président Emmanuel Macron dont le plan France 2030 se veut le fer de lance.
La compétition internationale pour prendre les parts de marché de cette nouvelle industrie de la décarbonation s'annonce rude en raison d'une demande qui va exploser. Par exemple, celle de terres rares va être multipliée par 4,5 d'ici 2030, celle de lithium par 11. Une tension à laquelle s'ajoute la concentration de l'offre souvent dans trois pays pour chaque métal et une transformation (raffinage) largement dominée par la Chine.
Face au géant asiatique - qui a 20 ans d'avance sur ces marchés - et aux États-Unis qui accélèrent grâce au plan IRA (Inflation Reduction Act) du président Joe Biden et ses mesures de soutien à la politique industrielle verte du pays, mais aussi face au Royaume uni, au Japon, à la Corée du Sud, au Canada, et à des pays émergents comme l'Inde et l'Indonésie qui comptent bien eux aussi se positionner sur ces nouvelles filières industrielles, l'Union européenne et la France partent de loin.