Transition énergétique : la France parmi les meilleurs élèves du G7

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La France classée 9ème sur 114 pour la qualité de sa transition énergétique.
La France classée 9ème sur 114 pour la qualité de sa transition énergétique. (Crédits : Reuters)
Une étude publiée ce 14 mars par le Forum économique mondial classe 114 pays selon la qualité de leur transition énergétique. Tout en décernant de bons points à l’Europe du Nord et de l’Ouest et en reconnaissant les progrès accomplis par les États-Unis et la Chine, ses auteurs déplorent des progrès trop lents à l’échelle mondiale.

Décriée au niveau national pour ses stop and go - dont le dernier épisode concernant la possible remise en cause des appels d'offres éoliens offshore n'est pas le moindre - la politique française en matière de transition énergétique est saluée par le forum économique mondial dans son Fostering Effective Energy Transition. Le "Energy transition index" ou ETI, qui y figure, la place en effet en neuvième position sur 114 pays classés selon trois critères : la sécurité énergétique et l'accès à l'énergie, la durabilité environnementale du système et le potentiel de croissance et de développement économiques inclusifs. Venant juste derrière l'Europe du Nord et la Suisse qui trustent les premières places, c'est avec le Royaume-Uni le seul pays du G7 qui figure dans le top 10. L'Allemagne, si elle est bien préparée et bénéficie d'institutions et de réglementations solides, pâtit de prix de l'énergie élevés et d'émissions de gaz à effet de serre en hausse.

Performances correctes de la Chine et des États-Unis

Certains pays tels que la Colombie (32eme), le Brésil (38ème) ou la Russie (70ème) se distinguent par l'abondance de leurs ressources naturelles, mais pêchent par manque de capital humain et par faiblesse de leurs institutions et leurs cadres réglementaires.

D'autres (la Corée, la Jordanie ou le Kenya) sont encore en milieu de classement mais devraient rebondir grâce à la récente croissance de leurs investissements dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique.

Quant à la Chine et aux Etats-Unis, dont le poids est déterminant à l'échelle mondiale (plus de 40% des émissions de gaz à effet de serre à eux deux), ils s'en sortent honorablement, ce qui est une bonne nouvelle pour la planète dans son ensemble. Même l'Inde, encore très dépendante du charbon, progresse en termes de déploiement des renouvelables et de mesures d'efficacité énergétique et, surtout, d'accès à l'énergie.

Progrès mondiaux au point mort

Malgré ces nouvelles en apparence rassurantes, le constat global est pourtant plutôt sombre : l'intensité carbone n'a baissé que de 1,8% par an ces cinq dernières années, alors qu'une moyenne annuelle de 3% serait nécessaire pour respecter l'accord de Paris sur le climat. Le rapport relève par ailleurs que depuis 2013, les prix de l'électricité payés par les ménages ont augmenté dans plus de la moitié des pays.

Dans tous les cas, les pays qui progressent sont ceux qui ont pris la peine de se doter de feuilles de route à long terme et d'objectifs intermédiaires et de long terme clairs.

Les auteurs insistent sur la nécessité de partager mais aussi d'organiser les ressources et compétences entre gouvernements, industries, entreprises et institutions. Pour ce faire, ils préconisent la création d'une plateforme collaborative qui encourage une approche systémique aussi bien dans l'élaboration de solutions que dans l'identification d'opportunités de nouveaux business.

On peut toutefois s'interroger sur la possibilité d'atteindre les objectifs de l'accord de Paris dans la mesure où on reste aussi loin du compte, bien que les systèmes énergétiques de 80% des pays se soient améliorés ces cinq dernières années.

En outre, la hausse des prix de l'électricité pour les particuliers apparaît clairement comme un signe négatif aux yeux du WEF. Pourtant, de nombreux experts estiment précisément que les retards dans la transition énergétique, notamment en France, sont dus à des prix trop bas.

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a écrit le 16/04/2018 à 2:33 :
Le nucléaire n'est plus compétitif, l'éolien est à 14 euros le MWh au Mexique et 16 euros au Brésil le solaire suit la même tendance, les renouvelables sont l'avenir avec la méthanation qui est déjà compétitive au gaz. Il faut aller dans ce sens le nucléaire et fini.
a écrit le 18/03/2018 à 23:21 :
La France est toujours la première à s'engoufrer sans limite dans les nouveles technologies avant les dérives budgetaires qu'on connait et qu'on fait payer aux bons français dociles.
a écrit le 18/03/2018 à 18:57 :
Le nucléaire est de loin la moins polluante des énergies, mais les écolos n'en veulent pas et essayent d'effrayer la population. Ils préfèrent le charbon ou le pétrole polluants ou pire, la biomasse, et après, ils nous parleront de CO². L'éolien ou le solaire ne fournissent que quelques petits % et seront toujours une solution d'appoint..
L'Angleterre nous achète des centrales nucléaires et vient de nous désigner pour en construire d'autres. L'Inde s'apprête aussi à nous commander plusieurs centrales nucléaires. Il y a actuellement dans le monde une quarantaine de centrales en construction ou en projet, qui n'émettront ni CO² ni particule fine. Avec la fermeture de Fessenheim, notre "transition" est une régression.

Remarque: à Fukushima, il y a eu 30.000 morts mais par noyade à cause du tsunami, et non par irradiation. Les Japonais ne prévoient aucune fermeture de centrale.
a écrit le 16/03/2018 à 15:36 :
@ Bachoubouzouc, Technique et autres

1) Faire un EPR n'est plus compétitif face aux renouvelables même avec stockage. Le temps de le réaliser les Enr + stockage seront largement compétitives comme on le voit entre autres déjà aux Etats-Unis, Australie etc ou la méthanation est compétitive avec les batteries elles-mêmes compétitives avec le gaz pourtant peu cher aux EU et c'est l'opérateur de réseau de gaz qui le dit et l'a étudié en détail (voyez l'actualité récente)

2) le réseau allemand est plus fiable comme le danois par rapport au nôtre grâce aux renouvelables qui permettent en plus des économies à plus grande échelle sur le réseau européen et dont les coûts s'amortissent rapidement comme l'opérateur Entso-e le confirme

3) l'électricité allemande (prix de gros) est moins chère que la nôtre de part le mix depuis des années d'où nos importations, à laquelle s'ajoute les surproductions ponctuelles d'Enr mais qui elles se corrigent progressivement via des offres aux entreprises et particuliers puis le démarrage du stockage (près de 25 unités de méthanation en développement, entre autres Step, batteries, usages autres etc), dont stockage amont (réseau) et aval (particuliers, entreprises). Les taxes sur l'électricité pour les particuliers sont encore très élevées mais sont investies dans l'efficacité énergétique, le réseau etc, donc génèrent des gains durables. La transition coûte au début comme toute transition mais déjà les subventions diminuent, voire sont supprimées lors d'appels d'offres. Par contre la diminution des importations fossiles + efficacité etc génèrent elles aussi des gains. Le bilan devient donc favorable au fil du temps et de l'amortissement de ces investissements.

4) le coût local de l'électricité (hors taxes temporairement élevées) est moins cher (le charbon est moins cher depuis des années d'où l'usage accru chez nous aussi ces dernières années, à cause de la diminution de la demande chinoise et les exportations américaines). Le MWh charbon peut arriver à moins de 30 euros en Allemagne, le nucléaire n'y arrive pas et demande des hausses à plus de 50 euros désormais.

5) Le lobby charbon allemand est très puissant mais le prix bas des renouvelables commence à le faire reculer comme partout. C'est le stockage qui manque encore à l'appel pour accélérer cette tendance mais çà vient plus vite que prévu il y a encore 5 ans.

6) Nous risquons le black-out dès 2022/2025 tout simplement car plusieurs de nos réacteurs dont beaucoup construits en série arriverons en même temps en période de rénovation donc arrêts prolongés. Et parce que nous n'avons pas assez de renouvelables et stockage qui vont plus vite que toute autre technologie à être mises en place en si peu de temps. C'est RTE qui l'écrit dans son rapport de fin 2017.

7) Nous n'avons pas encore besoin de tellement de stockage mais avant tout d'améliorer le réseau dont les jonctions en cours avec le Royaume-Uni, Espagne, Italie, Allemagne etc. C'est assez rapide et bénéfique en sécurité et bénéfices. Le stockage peut arriver progressivement et la méthanation qui atteint des rendements de plus de 80% en phase industrielle permet des mois de stockage tant en Allemagne qu'en France (anciennes cavités de gaz etc)

8) nos pics de consommation de 18/20 h l'hiver qui nous placent comme les pires en thermosensibilité, à cause du nucléaire, sont entre autres à traiter (réseaux de chaleur, stockage etc)

9) ouvrir de nouvelles tranches d'EPR n'est plus compétitif. La cour des comptes britannique en a fait le constat alors qu'Hinkley Point a des prix prohibitifs sur 35 ans. Il est en plus nécessaire de diversifier notre mix et çà n'a rien de politique mais une règle de bons sens. ce qui est politique serait de faire encore plus de nucléaire en plus quand tous nos voisins font des renouvelables.

10) @ Scientifique et Bachoubouzouc : oui les émissions importées comptent et c'est à nous d'avoir un prix d'énergie le plus bas possible à terme et de permettre de retours de fabrications grâce à l'automatisation etc Cà commence à se faire et il faut soutenir cette tendance et les emplois qualifiés qui vont de pair, ce n'est pas toujours une fatalité comme plusieurs entrepreneurs le démontrent.

11) @ Chris3825 : si l'Allemagne avait gardé son nucléaire sa transition lui aurait coûté encore plus cher, voyez les prix de l'époque et c'est sans compter les problèmes de déchets démantèlements etc. Les démantèlements etc chez nos voisins Belgique, Allemagne, GB etc sont annoncés systématiquement au moins 4 fois plus cher alors qu'ils disposent de séries aussi. Mais EDF a l'habitude de réévaluer ses prix régulièrement

12) @ Technique : les prix d'un assez important appel d'offres renouvelables dont éolien est part de stockage inclus a été annoncé à 17 euros le MWh dans l'Etat de New-York (voyez l'actualité). Ce prix confirme des précédents pas seulement aux Etats-Unis. En Europe on se rapproche de ces prix pour le solaire et l'éolien n'est pas très loin. Le stockage lui ne dépend pas vraiment des conditions locales donc baisse rapidement "globalement" d'où l'accélération des alliances dans l'hydrogène, la méthanation, les batteries (pas seulement auto) etc

13) @ Bachoubouzouc : non je connais mon sujet : le thermique charbon tient autour de 30 euros le MWh. Le lobby charbon allemand est puissant et représente une force électorale conséquente dans certaines régions. C'est bien le nucléaire qui est à la peine et dépassé comme le confirment les opérateurs dont plusieurs s'en retirent. Les subventions aux renouvelables sont en phase de retrait et seront supprimées sous peu au Danemark entre autres. Les subventions servent surtout à rester compétitifs pour les emplois associés car si vous les supprimez vous n'aurez plus qu'à faire des appels d'offres auprès des chinois, indiens etc.

Conclusion : la transition a surpris beaucoup de monde par la baisse rapide des prix et les évolutions technologiques rapides grâce au nombre de personnes impliquées dans le monde et des pays comme la Chine et d'autres qui ont fait des choix d'avenir. Les prix de l'électricité peuvent beaucoup baisser dans certaines régions et le stockage devenant compétitif cette électricité peut s'exporter à bas prix. De même des régions, communes, particuliers ou entreprises peuvent devenir autonomes comme on le constate et çà évolue rapidement dans le monde. Donc essayez d'anticiper si vous n'êtes pas en mesure d'opter pour le mix le plus bas possible pour l'économie d'un pays sinon vous serez prix en tenailles entre d'une part des importateurs plus compétitifs (l'électricité stockée devient un produit d'export pour l'Australie, les pays du Moyen et proche Orient, l'Amérique latine, Mexique, Etats-Unis etc) et d'autres part des régions, entreprises, particuliers qui pourront avoir leur propre énergie sur place plus compétitive que le réseau dont le prix est coûteux. Ca se passe déjà dans plusieurs pays et les opérateurs (EDF, Engie etc) ont compris qu'ils devaient changer leurs offres ou périr. C'est un peu dur pour certains de voir cette évolution globale dans un pays que le nucléaire a endormi pour ses intérêts particuliers mais il est temps de vous réveiller et de regarder ce qui se passe partout dans le monde où les renouvelables progressent plus vite que le nucléaire et d'autant plus en bilan "net" (centrales qui vont fermer etc)
a écrit le 16/03/2018 à 6:19 :
Je ne vois pas en quoi la France peut être une bonne élève lorsque seuls la finance se réjouit !

Si le gvt français avait fait de vrais progrès, ce serait par le développement des produits permettant une évolution des énergies renouvelables, or, ce n'est pas le cas
a écrit le 15/03/2018 à 14:54 :
Que cela signifie-t-il pour nous? Tout juste un diplôme pour premier de la classe, mais pour le vulgum pecus que nous sommes, des hausses de tarif; nous n'avons plus les grands hommes qui nous ont accompagnés pendant les trente glorieuses... Et encore, n'y étaient-ils pour rien!
Réponse de le 15/03/2018 à 18:24 :
Les ''trente glorieuses'' en France est un mythe qui dure et qui dure et...

La France en a bien profité du Plan Marshall... et encore plus que tous les autres pays d'Europe (sauf la Grande-Bretagne)... et, est devenue, disons-le, avec un certain enthousiasme, une colonie américaine... et fière de l'être.

Alors, tout le tsoin-tsoin concernant la ''transition énergétique'' est de la faribole pour les bobos... la France n'a pas la capacité de se défaire (même un peu) du nucléaire pour les prochaines décennies... sinon, c'est le retour à la bougie... ou au charbon. Faut pas rêver comme des pleutres face à une réalité bien incontournable.
a écrit le 15/03/2018 à 14:16 :
La "première" transition énergétique nous l'avons faites sous sous l’ère Gaullienes!
a écrit le 15/03/2018 à 14:07 :
MAIS pendant la periode de froid nous avons été oblige d'importer du courant ,,,?????
Nous prônons une sortie du nucleaire ET MR MACRON va en inde vendre des centales?????????
Réponse de le 15/03/2018 à 17:03 :
Le gouvernement n'a jamais prôné une sortie du nucléaire, juste une baisse de sa part à 50% (et on se doute bien que c'est pour des raisons d'alliance politique).
Réponse de le 16/03/2018 à 6:12 :
@malo: et si vous étiez intelligent, vous comprendriez que le nucléaire ne vaut pas tant que ça puisque ces centrales n'ont pas été suffisantes pendant la période de froid !
Réponse de le 16/03/2018 à 14:06 :
Vous avez raison, le nucléaire ne fait pas l'affaire en cas de grand froid.
L'idéal, c'est le charbon et le gaz.
L'éolien ne marche pas les jours sans vent, et le photovoltaique hors service la nuit (et quand le ciel est couvert...)
Donc la vraie question pour les gens intelligents, c'est préférez vous du nucléaire (avec ses risques faibles de catastrophe) ou du charbon (avec la certitude de conduire à la catastrophe climatique) ?
a écrit le 15/03/2018 à 13:13 :
Si la France est bien classée par ce rapport, qu'est ce que ce doit-être ailleurs!!
a écrit le 15/03/2018 à 13:00 :
Évidemment le pays en régression économique qui revient au vélo et à la trottinette. Partout dans le monde c'est l'essor des gros 4x4, du diesel, des fusées, des mégapoles,etc...
Nous prêchons au reste du monde nos propres inquiétudes à cause de nos propres difficultés.
a écrit le 15/03/2018 à 10:29 :
la France est aussi 2e sur 180 de l'Environmental Performance Index (Yale University).
WWF : la France a la meilleure stratégie bas carbone en Europe pour 2050.
Réponse de le 15/03/2018 à 13:54 :
En terme d'émissions globales (y compris les "émissions importées") par habitant, la France est très mal classée et c'est pourtant ce chiffre total à considérer c'est à dire la réalité de nos émissions liées à notre mode de vie. Elle ont fortement augmenté depuis 92 donc nous avons nettement régressé sur ce plan qui reste à corriger.
Réponse de le 15/03/2018 à 17:06 :
Sauf qu'avec les émissions importées, on touche des questions de choix énergétiques qui ne dépendent pas de nous (mix énergétique chinois notamment), et des questions de choix économique individuel (acheter français ou importer chinois parce que c'est moins cher) qui n'est pas ou difficilement à la main du gouvernement.

C'est au gouvernement français de s'occuper du mix énergétique français, et aux chinois de s"occuper du leur.
a écrit le 15/03/2018 à 10:15 :
des enquetes ont publié /// autoconsommation électrique..
la France 7500....l italie 840000 lAllemagne 2.000000
Réponse de le 16/03/2018 à 6:17 :
Comparez la conso électrique de pays ayant des besoins différents, c'est pas très intelligent !

L'Allemagne est au nord et la France a sa majeure partie dans une zone bien éclairée !

L'Allemagne en hiver, il fait nuit vers 16h.... à Toulouse par exemple, c'est 17h et des poussières.

Donc comparez ce qui est comparable !
a écrit le 15/03/2018 à 10:03 :
Faut 'il rire ou pleurer après une "étude" aussi conciliante ? y aurait 'il par hasard , une étude sur le fiasco validé de la transition énergétique cet hiver ...? où les éoliennes sous la neige et le manque de vent , étaient improductives pendant des jours et ne parlons pas des panneaux solaires enfouis sous 2 mètres de neige ...si bien, que sans le nucléaire et l'achat d'électricité dans les pays voisins , la France aurait été en panne...!
Réponse de le 15/03/2018 à 13:49 :
Oui heureusement que le réseau allemand est beaucoup plus fiable et nous devance dans les classements de sécurité et que l'on peut importer de l'énergie moins chère que chez nous depuis des années puisque nous sommes importateurs net d'Allemagne depuis des années car notre nucléaire n'est pas compétitif et se trouve de plus en plus en plus à l'arrêt. Nous risquons un black out dans les années 2022/2025 car nous ne disposons pas assez de renouvelables ni assez de stockage et le nucléaire ne suivra plus. Et au prix d'un EPR on va se retrouver avec l'énergie parmi les plus chères du monde désormais. Et cet hiver froid le solaire et l'éolien on produit énormément. Comme quoi il vaut mieux s'informer avant d'écrire des bêtises pipolino.
Réponse de le 15/03/2018 à 14:24 :
Drole cette réponse , L'Allemagne certes nous vend de l’électricité au charbon et au gaz a effet de serre ....elle aurait mieux fait de garder ses centrales .

La France n'est pas si mal que cela Nucléaire compris !
Réponse de le 15/03/2018 à 17:18 :
@ Les renouvelables :

1) Le réseau allemand est plus fiable que le nôtre parce que leur pays est deux fois plus densément peuplé que le nôtre. C'est donc plus facile dans ces conditions de rentabiliser des infrastructures. Il faut comparer ce qui est comparable.

2) L'énergie allemande est moins chère que la nôtre mais largement plus coûteuse :

Leur prix moyen sur le marché de gros est plus faible que le nôtre car leur marché est gravement en surcapacité.

Mais leur coût de production global est largement plus élevé que le nôtre car ils utilisent des énergies (gaz, charbon, solaire, éolien) largement plus chères que les nôtres (nucléaire, hydraulique), et entretiennent un parc surdimensionné pour assurer le backup des ENR.

3) Nous risquons le black out dans les années 2022-5 car nous fermons des centrales pilotables (Fessenheim, centrales au charbon et fuel) pour les remplacer par des énergies sur lesquelles nous ne pouvons pas compter car intermittentes (solaire et éolien). Rappelons qu'un soir très froid d'hiver à 19h, ni le solaire ni l'éolien ne produisent grand chose en général.

Et aujourd'hui, aucune technologie de stockage à grande échelle n'est rentable (si vous voulez contester il faudra préciser laquelle...).

Enfin, le nucléaire ne suivra plus parce qu'on refuse d'installer de nouvelles tranches et qu'on en ferme bêtement et inutilement. Mais si on est prêt à en construire de nouvelles, pas de soucis :

Je vous rappelle que notre parc a déjà fait ses preuves, depuis 30 ans qu'il assure l'essentiel de notre approvisionnement électrique.
a écrit le 15/03/2018 à 9:53 :
Qui sont ces experts? Qu'ils s'expriment!
a écrit le 15/03/2018 à 9:37 :
Le nucléaire en France fait remonter les prix c'est pour cela que l'on achète de plus en plus de l'électricité à l'Allemagne (voir RTE achat en direct) dont nous sommes importateurs "nets" depuis des années et où les prix sont plus bas. Des appels d'offres viennent d'avoir lieu dans les renouvelables et l'Etats de New York avec solaire et éolien avec stockage descend à une moyenne de 17 euros le MWh à comparer à 125 euros pour le MWh EPR et 60 euros pour le gaz : "88 proposals by 30 developers, resulting in a weighted average award price for this solicitation is USD 21.71 (17 euros) per MWh of production over the 20-year term of the awarded contracts". Voir : https://renewablesnow.com/news/new-york-awards-contracts-to-138-gw-of-wind-solar-projects-604789/
Réponse de le 15/03/2018 à 10:08 :
Non, vous mélangez tout :

Les importations/exportations d'électricité se décident au jour le jour en fonction des coûts marginaux. Et ceux du nucléaire n'évoluent pas, ce sont leurs coûts fixes qui évoluent temporairement et légèrement à la hausse (s'ils doublaient vous le sentiriez vraiment passer sur votre facture...).

Et d'après la CRE, le nucléaire n'est responsable que d'un tiers de l'augmentation de la facture pour les particuliers, alors qu'il assure l'essentiel de la production électrique.

Un autre tiers est dû à l'augmentation de la CSPE, pour l'essentiel liée à l'augmentation des subventions au solaire et à l'éolien.

Et enfin un derniers tiers est lié aux investissements dans les réseaux, en partie nécessaires pour accueillir les ENR.
Réponse de le 15/03/2018 à 10:09 :
A un seul détail, lorsqu'on achète une centrale thermique à combustion interne ou externe (peu importe) de 1000 MW, elle délivre cette puissance à la discrétion du client ce qui est loin d'être le cas avec le renouvelable, se sont des faits. En France nous avons quelque 4000 éoliennes qui produisent 4% de l'électricité, a peine mieux pour la biomasse. Bref, où passent les éoliennes s'installent des centrales à gaz. Parenthèse pour l'erreur monstrueuse qui consisterait à privatiser les barrages, outils de régulation de première importance pour les réseaux. Certes le nucléaire pose des problèmes mais rien n'empêche d'étudier de nouvelles filières comme les sels de thorium par exemple mais le cout des études est incompatible avec des rendements rapides sur les financements et de toutes façons l'état n'a plus de compétences techniques alors que le bon sens voudrait que la production d'électricité reste dans le public.
Réponse de le 15/03/2018 à 13:42 :
Vous ne comprenez pas. Les prix d'achat (de marché) sont inférieurs en Allemagne (voir le site RTE des prix) car le coût de leur mix est inférieur au nucléaire qui est moins compétitif et ce alors que les subventions aux renouvelables disparaissent progressivement (appel d'offres etc). En conséquence la France achète depuis des années à l'Allemagne et importe donc plus qu'elle n'exporte faute de pouvoir concurrence le marché allemand car son nucléaire est plus coûteux comme on peut le constater.

Et plus globalement les prix de vente d'électricité des parcs éoliens comme offshore, stockage inclus tendent vers des prix que le nucléaire de type EPR n'est plus en mesure de concurrencer.

Enfin pour André 29 il est incohérent d'évoquer seulement 4% d'éolien en France (en oubliant d'ailleurs son complémentaire solaire) et d'associer des centrales thermiques pour cette si faible quantité alors que l'on dispose d'hydraulique et que les centrales nucléaires sont dites modulables au moins pour certaines. Les renouvelables ont plus vocation à s'associer au stockage qu'au thermique qui est l'apanage du nucléaire lorsqu'il ne subvient pas aux pics de demandes.
Réponse de le 15/03/2018 à 13:46 :
Avant de donner des chiffres il serait bon de les vérifier et de bien convertir les BTU en MWh.
Le prix du gaz est très fluctuant aux US, il varie de 6 à 14 ou 15 €/MWh avec une moyenne haute à 11-12 €/MWh ce qui est très inférieur aux chiffres que vous annoncez. Retenez en Europe un chiffre de 25 €/MWh pour le gaz.
Par ailleurs si effectivement le prix de l'éolien a baissé il a baissé de 20% ce qui est considérable mais ne correspond pas du tout aux chiffres que vous annoncez.
Réponse de le 15/03/2018 à 17:28 :
@ Les renouvelables :

De toute évidence, vous ne savez pas vraiment de quoi vous parlez : Le marché allemand affiche quasi constamment des prix de marché autour de 30€/MWh, même à l'heure de pointe en hiver.

A ce prix, les coûts complets de production de quasiment aucun moyen ne sont couverts.

Cela est bien, comme je vous le dis, dû à des surcapacités de production sur le marché de l'énergie électrique.

Et les énergéticiens allemands ne gardent la tête hors de l'eau (à peine, alors qu'ils affichent tous des pertes depuis des années) que grâce à des subventions.

Des subventions aux ENR, sans quoi elles ne seraient jamais rentables, et des subventions aux centrales thermiques au titre de la réserve stratégique.

Des subventions payées par les utilisateurs finaux au travers de taxes, ce qui explique que malgré des prix de marché encore plus faibles que les nôtres, la facture est deux fois (!!) plus lourde pour un particulier allemand que pour un français.

Enfin le stockage associé à de l'éolien est encore de l'ordre de l'anecdotique, avec des capacités de stockage par éolienne qui en est équipé (une infime minorité) de l'ordre d'une heure ou deux de sa production.

Autrement dit, il ne s'agit pour ces quelques éoliennes que de lisser un peu leur production, et non pas du tout de l'adapter complètement à la demande. Même ces éoliennes là ne rendent pas du tout un service comparable à celui d'une tranche pilotable comme un EPR.
Réponse de le 16/03/2018 à 14:38 :
Le prix du MWh renouvelable ne signifie rien. La vraie question, c'est le prix "garanti 24/24 7/7". Nos sociétés fonctionnent grâce à une énergie à prix maitrisée disponible à la demande.
Pour offrir un tel service en renouvelable, vous devez i-installer un parc renouvelable surdimensionné ii-installer des capacités de stockage équivalentes à environ 1 semaine de production ENR.(pour pallier une longue séquence sans vent en hiver sans soleil !)
Une telle capacité de stockage électrique est strictement impossible. (le plus gros barrage français stocke même pas 3h d'un réacteur nucléaire).
Donc les renouvelables 7 fois moins chers, c'est faux car pour que cela marche à l'échelle d'un pays, il vous faut du gaz, du charbon ou du nuc pour assurer la continuité de service.
a écrit le 15/03/2018 à 9:33 :
En ce qui concerne la remise en cause des appels d'offres éoliens offshore, le SENAT aurait largement rejeté l’amendement qui remettait en cause les projets. Cela aurait créé une nouvelle insécurité juridique et remis en question les accords passés. C’est sûr que si l’on ne peut plus avoir confiance dans la parole de l’Etat, où va-t-on ?
Ceci dit, on ne peut contester les avancées technologiques dans l’éolien, où imaginer que les calculs avaient été initialement mal faits, ou que, ayant constaté le retard pris pendant des années, on soit obligés de compenser en dépensant beaucoup plus.
Tout cela ne porte pas vraiment à conséquence, puisque de mémoire ce sont de grands groupes nationaux qui on remporté les appels d’offre. Ils pourraient aussi faire un renvoi d’ascenseur à la collectivité qui va payer le prix du MWh (donc nous) et installer plus de puissance pour le même prix de revient.

Voila la solution : le surplus de KWh serait injecté gratuitement dans le réseau, ou payé 10 cts le KWh puisque beaucoup ont encore du mal à imaginer que des secteurs puissent être disruptés par la technologie ou la concurence. Ce n’est pas facile, mais on peut constater ici même que la presse entre autres, a du s’y adapter et a changé de modèle.

J'en profite pour remercier le journal La Tribune pour cet espace d'information et d’échange.
a écrit le 15/03/2018 à 9:25 :
Suite 2. Cette mesure concernant l'économie serait aussi favorable à la protection du climat. Pourquoi les Français refusent ils d'appliquer cette note n°6? Mystère! Qui aurait une réponse?
a écrit le 15/03/2018 à 9:09 :
Suite. Cette relation entre cout du travail et prix de l'énergie dépend de ce qu'on appelle "le progrès technique". Il est propre à chaque pays et à chaque activité économique. Il faudrait harmoniser notre fiscalité avec celle de l'Allemagne. C'est la première priorité.
a écrit le 15/03/2018 à 8:59 :
Il existe une relation entre le cout du travail et le prix de l'énergie, relation qui est à la base de toute notre économie. Il faut appliquer la note n°6 du conseil d'analyse économique. Mais les Français refusent avec obstination de tenir compte de cette note n°6. Cela consisterait à répartir le financement des charges sociales sur le travail (cotisations sociales) et sur la consommation d'énergie ' (taxe ou impot sur l'énergie). Notre situation économique va continuer à se dégrader.
a écrit le 15/03/2018 à 8:54 :
"Pourtant, de nombreux experts estiment précisément que les retards dans la transition énergétique, notamment en France, sont dus à des prix trop bas"

Ben oui, l'actionnaire milliardaire doit gagner beaucoup de marge bénéficiaire sinon il n'investit pas, donc soit nous avons un investissement piège d'un parasite économique soit nous n'avons rien, plus d'argent public car il faut le donner aussi aux parasites.

Pas facile le progressisme avec des acteurs moyen ageux.
a écrit le 15/03/2018 à 8:27 :
"Pourtant, de nombreux experts estiment précisément que les retards dans la transition énergétique, notamment en France, sont dus à des prix trop bas".
C'est facile, pour palier au problème du prix, il n'y a qu'à faire payer ces "nombreux experts" ils reverront sans doute leur copie. L'éolien et le solaire grassement subventionnés annuellement pour des résultats médiocres sont déjà payés par les contribuables à un niveau ou un autre. Il est d'ailleurs curieux que l'on envisage de vendre des centrales nucléaires à l'Inde mais que l'on oublie d'en faire autant chez nous, mais je. Nous on préfère acheter du vent.

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