Transition énergétique : le débat tué dans l'oeuf ?

 |   |  1430  mots
le gouvernement élimine d'entrée les scénarios prévoyant de nombreuses fermetures de réacteurs
le gouvernement élimine d'entrée les scénarios prévoyant de nombreuses fermetures de réacteurs (Crédits : Reuters/Morris MacMatzen)
Un projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour la période 2023-2028 doit être soumis à consultation à compter de la mi-février, sur la base d’une note de cadrage élaborée par le gouvernement à l’issue d’ateliers qui viennent de s’achever. Ces derniers ont privilégié les seuls scénarios qui laissent la part belle au nucléaire et misent sur de fortes augmentations des exportations, une démarche dénoncée par les associations environnementales.

Le secrétaire d'Etat Sébastien Lecornu est pour trois jours en opération déminage à Fessenheim pour préparer la fermeture de cette centrale nucléaire emblématique. Mais le gouvernement ne semble pas envisager d'autre fermeture lors de ce quinquennat, ni même de fermeture massive au-delà. C'est ce qui ressort de l'atelier sur la PPE électrique qui s'est tenu le 16 janvier et s'est conclu sans détailler aucune perspective de fermeture.

Nicolas Hulot a rappelé en début de réunion que les fermetures seraient fondées sur trois critères: la sûreté, après avis de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le rendement économique, et le volet social. Comme l'a rappelé Emmanuel Macron à plusieurs reprises, une grande partie du parc nucléaire français étant atteint par la limite des quarante ans entre 2019 et 2025, l'Autorité de sûreté devra déterminer à quelles conditions ces centrales pourront être prolongées sans danger. Un avis générique, initialement prévu pour 2018, a été repoussé à 2021.

De 9 à 16 réacteurs fermés à l'horizon 2035

Pour l'heure, la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) aurait demandé à l'opérateur de transport RTE, sans que cette décision ait été soumise aux participants du groupe de travail ni discutée avec eux, de ne présenter lors de l'atelier du 16 janvier que deux des quatre scénarios de mix énergétique à l'horizon 2035 élaborés et présentés par RTE en novembre dernier. Ampère et Volt, les deux qui maintiennent la part du nucléaire à son niveau le plus élevé, au détriment de Watt et Hertz, plus ambitieux en termes de réduction du parc nucléaire.

Ampère repose sur une réduction de la part du nucléaire qui se ferait au rythme du développement des renouvelables. En 2035, les capacités de production renouvelable tripleraient pour atteindre 149 GW, 16 réacteurs nucléaires seraient fermés (en plus des deux de Fessenheim) et le nucléaire représenterait 46% du mix électrique. « Ce scénario est honnête vis-à-vis de la loi de transition énergétique, reconnaît Yves Marignac », directeur de Wise-Paris et membre de l'association NégaWatt. Il permet bien d'atteindre l'objectif de réduire la part du nucléaire à 50 % du mix énergétique, mais en 2030 au lieu de 2025. À condition de développer des capacités de stockage des énergies renouvelables, il permet également de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre. « En revanche, ensuite, on s'arrête là et on ne poursuit pas la baisse », regrette-t-il.

Volt propose de développer les moyens de production au rythme des débouchés économiques. Neuf réacteurs nucléaires seraient fermés d'ici 2035 (en plus de Fessenheim).  L'éolien représenterait 50 GW, le photovoltaïque 36 GW, et le nucléaire représenterait encore 56% du mix électrique en 2035. La capacité en énergies renouvelables serait multipliée par 2,5 et la consommation baisserait, tout comme les émissions de GES, en diminution de 60% par rapport à 2016.

Des scénarios ignorés, car plus émetteurs de gaz à effet de serre

Watt et Hertz, dédaignés par le gouvernement, proposaient des perspectives plus ambitieuses de diminution du parc nucléaire, mais contreviendraient, selon RTE, aux objectifs français en matière de climat.

Selon le scénario Watt, les réacteurs nucléaires fermeraient dès leur quarantième anniversaire (54 réacteurs fermés en 2035) et les capacités en énergies renouvelables seraient multipliées par trois. Mais, selon RTE, et malgré une consommation électrique en baisse, ce déploiement ne permettrait pas de compenser la perte de l'énergie nucléaire et imposerait donc d'ouvrir de nouvelles centrales thermiques au gaz, entraînant une hausse de 45 % des émissions des émissions de gaz à effet de serre en 2035 par rapport à 2016.

Hertz, qui prévoit de ramener à 50% la part du nucléaire en 2030 (27 réacteurs fermés en 2035) et une capacité de production renouvelable multipliée par 2,5, imposerait également la mise en service de capacités de production thermiques qui aboutirait à un maintien du niveau d'émissions de GES.

Le gisement d'économies d'énergie sous-estimé ?

Les associations environnementales dénoncent la méthode employée par le gouvernement. Certes, elles approuvent la méthodologie de RTE, qui a largement consulté pour élaborer ses scénarios et organisé des journées d'échange avec les associations.

Mais elles lui reprochent globalement de sous-estimer le potentiel d'économies d'énergie et de baisse de la consommation d'électricité que permettraient des efforts en matière d'efficacité énergétique, de rénovation thermique ou encore de développement de la mobilité électrique. Celle-ci est pourtant systématiquement évaluée en baisse de 20% par rapport à celle de 2016 (trajectoire basse) ou égale à celle de 2010 (trajectoire haute) à l'horizon 2035, au grand dam de EDF, qui souhaite que soit étudiée l'hypothèse d'une reprise de la consommation.

Pour ces raisons, affirment-elles, Watt et Hertz, ne sont pas nécessairement contraires à l'objectif de maîtrise des émissions de gaz à effet de serre. En 2035, celles liées à la production d'électricité atteindraient selon ces scénarios entre 19 et 35 millions de tonnes de CO2, contre 22 millions de tonnes aujourd'hui, sur un total de quelque 300 millions de tonnes de CO2 produites par  l'ensemble de l'économie française.

La transformation du système retardée

En outre,

« Chacun des scénarios de RTE comporte des milliers de variantes, souligne Anne Bringault, responsable de la coordination transition énergétique au CLER (réseau, pour la transition énergétique) ; l'intérêt, c'est précisément d'étudier les hypothèses, notamment sur l'évolution de la consommation, le développement des énergies renouvelables, les exportations, etc. »

En outre, les deux scénarios privilégiés reposent sur des hypothèses de prolongation du parc nucléaire que les associations jugent optimistes. Le scénario Ampère prévoit de prolonger 36 des 52 réacteurs qui atteindront 40 ans d'ici à 2035 et le scénario Volt, 43. Un point en particulier inquiète les associations environnementales : que les visites décennales, aujourd'hui prévues pour une durée de six mois n'interférant pas avec la période hivernale, soient sous-estimées dans la mesure où elles concerneront des équipements théoriquement parvenus à la fin de leur durée d'exploitation initialement prévue (40 ans). Plus longues, elles risqueraient de chevaucher la période hivernale et imposer de recourir à des moyens thermiques pour garantir la sécurité d'approvisionnement.

« Surtout, martèle Yves Marignac, la question n'est pas l'évolution des émissions à 10 ans, mais l'élaboration d'une trajectoire de neutralité carbone. Et le choix de ces scénarios retarde la mise en œuvre d'une transformation du système.»

Des hypothèses d'exportations risquées

Mais l'aspect le plus sujet à caution aux yeux des associations concerne le poids des exportations. En effet, les deux scénarios privilégiés par le gouvernement tablent sur une multiplication par 2,5 des exportations d'électricité vers les pays voisins, jusqu'à des niveaux compris entre 134 à 159 térawattheures. Aujourd'hui, la consommation annuelle en électricité des Français est à peine supérieure à 450 térawattheures et au cours des dernières décennies, la France a exporté en moyenne quelque 60 TWh par an (39 TWh en 2016).

Surtout, un tel niveau d'exportations suppose que la France produise une énergie moins chère que celle de ses voisins et que ces derniers aient envie de la lui acheter. Ce dont doute fort Yves Marignac:

« Cette hausse des exportations n'est pas compatible avec les objectifs et les stratégies affichés par nos voisins. Aucun d'entre eux ne se projette dans un scénario où il dépend du bon fonctionnement du parc français pour son approvisionnement électrique ! »

Au lieu d'envisager le remplacement du nucléaire par les énergies renouvelables, les acteurs de la filière proposent d'additionner les deuxMais si les prévisions d'exportations ne se réalisent pas et si les moyens manquent pour investir dans les deux secteurs, les ONG redoutent que la priorité soit donnée au prolongement du parc nucléaire au détriment des énergies renouvelables.

Un débat public se déroulera de mi-février à mi-avril environ, pour déboucher sur un rapport en juin, suivi du dépôt d'un projet de PPE par la DGEC fin juin/début juillet. Celui-ci sera ensuite soumis à consultation auprès de diverses instances : CNTE (Comité national de la transition énergétique), CESE (Conseil économique, social et environnemental), Autorité environnementale, comité d'experts, etc. La publication du décret final de la PPE est prévue en janvier 2019 au plus tard.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/01/2018 à 13:45 :
Il faudra effectivement expliquer comment en remplaçant une filière qui ne produit pas de CO2 (en tout cas à un niveau très faible) par des filières énergétiques qui n'en produisent pas non plus (en tout à un niveau faible équivalent) permet de diviser par 2 le niveau d'émission de gaz carbonique alors qu'il faudra en parallèle augmenter la part de filière comme le gaz qui elle en produit pour compenser l'intermittence des filières éoliennes et solaire (c'est déjà le cas en 2017)
Visiblement le fiasco allemand en terme de transition énergétique avec le développement parallèle des filières charbon et lignite n'a pas été bien analysé par tout le monde!
a écrit le 22/01/2018 à 12:50 :
Question d’équilibre
L’équilibre se fera quoi qu'il arrive et probablement que les moins chers et les moins polluants l'emporteront. Ce qui laisse théoriquement présager un développement massif des énergies renouvelables, déjà moins chères que le charbon dans certains cas.
Sauf bien sur s’il y a une évolution technologique majeure dans le secteur de l’atome, mais en l’état actuel cela parait peu probable, étant donné les investissements massifs consentis on aurait déjà eu des retours. La technologie EPR semble économiquement disqualifiée d’entrée, mais autant aller jusqu’au bout vu ce que cela a déjà coûté.
Côté nucléaire, la situation n’est pas encore critique puisque les anciennes centrales continuent à produire à bas prix puisqu’en grande partie déjà amorties, mais il faudra financer la maintenance et le renforcement de la sécurité, ce qui va obligatoirement renchérir le prix du KWh.
Si le coût n’est pas compétitif, dans un contexte concurrentiel, on ne peut raisonnablement espérer faire des miracles à l’export. On pourrait aussi vendre de la "stabilité d’approvisionnement" à condition de se montrer exemplaires sur la sécurité, puisque beaucoup de pays sont aussi sortis du nucléaire en raison des risques intrinsèques et ils auraient du mal à excepter le moindre risque de voisinage.

Question de choix, tant qu'on peut.
Car on aura de plus en plus de cas comme celui du Danemark qui a battu un record en 2017 avec 43 % de l’électricité produite grâce à l’éolien, ou de l’Allemagne qui à ponctuellement surproduit, (https://www.montel.no/fr/story/allemagne--hausse-de-50--des-prix-ngatifs-en-2017/857176). Idem pour la Belgique : http://www.renouvelle.be/fr/actualite-belgique/prix-de-lelectricite-negatifs-une-chance-pour-le-stockage), ce qui peut engendrer des tarifs négatifs de plus en plus fréquents.

Malgré la déstabilisation du réseau, que pourraient résoudre les technologies de stockage, il serait absurde qu’au final on soit contraints à produire moins, tout en payant plus.
C’est donc l’autre principal enjeu que d’adapter le réseau aux énergies renouvelables et à la globalisation.
Reste à gérer la transition, qui à force de faux semblants pourrait en effet ne pas en être une, ce qui obligerait à improviser une fois arrivés au pied du mur. On commence à être habitués au « tout va bien Mme la marquise », puis à la cession de nos fleurons dans l’urgence.
a écrit le 22/01/2018 à 8:49 :
Une énorme erreur dans ce texte à propos des fermetures de centrales nucléaires; "il permet également de diviser par deux les émissions de gaz à effet de serre" ! C'est le contraire car d'une part les centrales nucléaires émettent zéro émission de CO2 et d'autre part plus il y a d'éolien et de voltaïque plus il faut de centrales d'appoint charbon ou gaz lesquelles sont polluantes.
a écrit le 21/01/2018 à 23:33 :
Illusoire et trompeur le soutien à l’éolien Halte au feu SVP arrêtez de tirer sur l’ambulance voici pourquoi :
Concernant la LTECV ( loi de Transition énergétique et croissance verte) : le massacre de notre atout d’énergie nucléaire au détriment de l’intérêt de la nation.
Il est temps de faire urgemment une pose ENRi et dans l’attente se doter de compétences et de ressources en matières premières pour le stockage et les ENRi du futur.
Le 19/01/17 Pierre Bajard

L’arrêt de Fessenheim, la mise en cause actuelle du nucléaire dans la transition verte est un mensonge d’état contraire aux intérêts majeurs de notre pays et en premier la lutte contre le réchauffement climatique.
Le sommet du 12/12/17 One pour la Planète est la suite de la conférence ONU de Nairobi qui s’est tenu le 5/12/2017 : Propositions face aux Morts de la pollution.
Les 8 millions de morts dans le monde et par an dus à la pollution de l’air et de l’eau (rapport de l’ONU « UNEP/EA 3/25 12/2017) », la trajectoire du réchauffement climatique 2030 rapport ONU UNE « The emission Gap Report 2017 » de novembre 2017 montrent clairement que l’ennemi numéro un est de loin la combustion.
Pour la santé et pour le climat. Mais aussi pour notre économie.
Le monde n’en prend pas le chemin : le GAP (écart d’atteinte des objectifs GES), les USA sortent de la COP 21 pour utiliser leur gaz de schiste. Les Allemands avec la sortie du nucléaire tournent à 50% au gaz et charbon (dont partie importée des USA), délocalisation de la fabrication de nos équipements énergivores à : la Chine, l’Inde, les pays de l’Est …qui se renforcent ou se lancent dans la construction de centrales nucléaires ( 60 projets). Les consommateurs Français ne sont pas innocents dans le voile du soleil de CANTON.
Dans le cas le plus pessimiste des scénarii présentés dans le reportage (ARTE sécurité nucléaire le grand mensonge) on arriverait à 100 000 morts (sur des décennies) par accident nucléaire, rien de comparable avec les 8 millions/an de la pollution dus à la combustion.
Selon les nombreux rapports de l’OMS cités, le risque potentiel du nucléaire civil en matière de choix énergétique se trouve à moins de 10 000 morts par an pour la planète, y compris les accidents Tchernobyl et Fukushima. Vraiment en queue de peloton, sur les 57 Millions de disparus annuels : 17 dus aux infections, 8 pour le cancer, 7 pour le cardiaque, 6 le tabac, 3 l’obésité, 2.5 alcool, 1.3 la route (dont la majorité pour les deux roues sans oublier 55 millions de blessés).
La France n’a pas à rougir de sa politique nucléaire énergétique, maîtrisée et en excellent état, qui finalement ne contribue qu’à une baisse de 10% de la combustion de l’hexagone. Ce gain de GES est déjà beaucoup par rapport aux Allemands. Et une réduction de 30Md€ de facture pétrolière.
En effet il faut le rappeler : énergie source unique de croissance ;le monde dépend à prés de 85% de la combustion pour son énergie, et principalement le charbon. Grace au nucléaire 75% pour notre pays.
Le gaz « vert de gris » et oui ce sont des GES, et beaucoup, même avec la chaudière à condensation, représente en France l’équivalent de 80% de la production d’électricité, le transport (essence, gas- oil) de l’ordre de 50%.
Alors la question posée est : pourquoi le nucléaire en France fait peur alors qu’il est responsable de 1000 fois moins de morts que la combustion (25000 morts par jour pour la planète). Le problème des déchets est bien mieux traité par l’ANDRA que n’importe quel rejet issu de la combustion ou de l’industrie chimique.
C’est le matraquage médiatique encouragé et muselé par nos politiques, qui fait l’opinion.
Pourquoi le Gaz n’a jamais été cité par notre président alors qu’il rentre à minima pour 30% dans notre consommation d’énergie, dans la production de CO² et GES Français et qu’il est en progression constante, en substitution de l’électricité. Bravo aux lobbyistes Allemands des Eoliennes (dont Greenpeace), et pétrolières, un point noir pour nos réseaux d’informations.
Le problème majeur de l’intermittence ENRi (Energie Renouvelable intermittentes) a bien été évoqué pour justifier le maintien impératif du nucléaire, mais pendant toute la journée du 17/12 et la durée de l’entretien du Président, le Gaz et le charbon on produit plus de 15% de l’électricité Française. Plus que l’hydraulique à la peine qui compense à premier niveau l’intermittence.
Le point de blocage inéluctable, qui n’est pas évoqué est l’absence technologique de stockage massif de l’électricité qui permettrait de lisser les productions des ENRi.Sans lui et ce n’est pas demain, il est illusoire et dangereux tant sur le plan technique que la ruine financière annoncée d’aller plus avant dans l’équipement massif d’ENRi. La contre partie ce sont les installations gaz de fortes puissances pour contrebalancer leur développement.
Tout faux pour l’électricité. C’est le cas des Allemands : ils ont consacré 400Mds€ dans une puissance installée ENRi 150% plus grande que notre parc nucléaire et sont restés à 50% de production carbonée, le prix de l’électricité à triplé. C’est aussi le cas envisagé par les Chinois 50% de carbonné à terme (puissances énormes), hors la France était à moins de 20% .
Grâce à leur influence Européenne les Allemands qui ont les moyens du caprice, sont arrivés à nous transmettre une partie de l’addition, ce qui est très fort, avec l’obligation d’achat et en transférant les contraintes de stabilité aux centrales classiques si bien que la France est systématiquement importatrice avec eux. Les ENri faussent complètement le marché, au point pour les opérateurs institutionnels de vendre en négatif ce qui fait le profit des boursicoteurs non productifs de l’électricité. Les usines type STEP (pompage hydraulique), ne sont pas non plus rémunérées au bon niveau ce qui ampute les projets de stockage.
Ce n’est pas moins c’est plus de nucléaire, dans un pays exsangue et démuni de ressources, qu’il faut pour sauver des millions de vies humaines dés à présent. Sans compter nos pollutions délocalisées à l’extrême que l’on ferait bien de rapatrier dans des lieux plus respectueux. Pour garantir notre indépendance, nos savoirs faire, nos emplois.
Ce qui est grave se sont les institutionnels, ADEME et maintenant RTE sous la pression politique, qui proposent et engagent des solutions irréalistes, et maintes fois mises en défaut par des professionnels du secteur dont les effets à terme dégradent l’objectif climat. Ces alertes sont ignorées.
(Scénario de l’ADEME réécrit plusieurs fois, consulter les sites : one Shift project site de JM JANCOVICI, association Sauvons le Climat, le site UARGA du CEA, iFRAP société civile LE Géant(EDF) Entravé num 184 nov 17)).
Et tout simplement les faits : l’examen des productions de décembre 2017 est sans appel, avec en plus la perte de nos exportations dans le secteur.
Alors que la température était clémente l’absence du nucléaire s’est fait sentir, même en augmentant considérablement les ENRi le risque de « black out » est présent.
Le réseau RTE ne peut plus intégrer ce type de production à ce niveau de puissance dans un contexte pénalisant de diminution climatique de l’hydraulique et l’obligation d’achat des ENRi. Il convient de faire une pause attendre la solution stockage.
Récemment le Sénat à remis une note de synthèse suite à enquête parlementaire demandant le maintien des centrales nucléaires.
Le 18 janvier le comité Central EDF s’est prononcé à l’unanimité contre la fermeture de FES.
Il faut choisir ou les 30 morts par jours du nucléaire ou les 25 000 morts « propres » par jour dus à la combustion plus ceux du climat à venir avec une sécurité du réseau amoindrie.
L’hypocrisie atteint son paroxysme dans la contribution financière pour alimenter les subventions aux ENRi. La CSPE à été prélevée sur l’électricité alors que c’est la moins polluante, 30Md€ ont été investis en ENRi, pour corollaire une augmentation du parc gaz et 50% de taxe sur le prix HT de l’électricité avec en plus 6Md€ de dette régalienne de l’Etat envers EDF (qui grèvent la dette nationale) car la CSPE n’a pas suffit d’où les taxes en plus sur le gaz et le pétrole. La Facture est de 7Md€/an avec un résultat défaillant et incompatible.
Pourquoi : les ENRi sont mortes sans subventions, qui finalement profitent aux Chinois, Espagnols, Portugais, Allemands. Seules restent les locations des terrains qui s’apparentent à une répartition biaisée des dotations Françaises, et des contraintes sur le réseau à régler.
Le passage de 40 à 60 ans des centrales est normalement prévu, c’est l’équivalent de mettre 2000€ dans une voiture de 100000km pour aller à 200000km, avec un prix de vente HT toujours autour de 42€ du Mwh pour le parc existant.
Se priver de Fessenheim est une faute majeure et du vol public, son chiffre d’affaire est de 500M€ par an elle est capable de fournir encore 20Md€ et employer 3000 temps plein en propre comme induits avec des compétences élevées. L’indemnisation d’EDF n’est même pas égale à une année de fonctionnement.
Il est temps de faire urgemment une pose intelligente ENRi et dans l’attente se doter de compétences et de ressources en matières premières pour le stockage et les ENRi du futur
a écrit le 21/01/2018 à 22:18 :
Avoir trop d'électricité temporairement n'est pas un gros problème car on fait de l'hydrogène et de la méthanation ce qui évité d'importer du gaz et du pétrole dont nous dépendons encore à 50% et on ferme au fur et à mesure les centrales les moins sûres et les moins rentables. Il ne faut pas non plus oublier de développer le solaire thermique et le solaire hybride de même que le stockage de chaleur dans des matériaux à changement de phase notamment, thèmes très en retard en France et qui évitent trop d'éoliennes.
Réponse de le 22/01/2018 à 15:21 :
Non, on ne fait pas d'hydrogène ou de méthanation (ou du moins pas à échelle industrielle pour stocker de l'énergie) parce que ça coûte beaucoup trop cher, avec des rendements bien trop mauvais.

Ensuite, on ne dépend pas du pétrole et gaz à 50% mais plutôt aux deux tiers.
a écrit le 21/01/2018 à 21:31 :
Ces scenarios ont en commun d'etre rapidement contredits par la realité. personne n'imaginait que les Allemands puissent monter à 36% d'EnR, ni que les batteries à Li, puis bientot au Na puissent se developper a ce point.
Mon experience de terrain me convainc qu'EDF sera contraint à fermer des centrales par baisse de la demande dueà l'auto-consommation et ce malgré le déploiement tout aussi certain des vehicules électriques.
Réponse de le 22/01/2018 à 20:22 :
Personne n'imaginait que les allemands dépenseraient plusieurs centaines de milliards d'euros pour au final de pas baisser leurs émissions de CO2.
a écrit le 21/01/2018 à 21:25 :
le gisement d'économies sous estimé? RTE table pourtant sur une rénovation de 700 000 logements par an alors qu'on a jamais dépassé la moitié malgré un objectif de 500 000, objectif qui vient d'être repris....
a écrit le 21/01/2018 à 20:53 :
Dans cette histoire personne n'envisage le devellopement de la géothermie dans notre pays, une energie propre qui est inépuisable... Maintenant ils faut une vrais transition énergétique , que se soit sur électricité ou les hydrocarbures.....
Dans les transports, ils y a l'essence synthétique, les carburants dériver exploitation agricole, voir le devellopement de l'hydrogène comme carburant dû future....
a écrit le 21/01/2018 à 17:41 :
Comment peut-on expliquer que l'énergie nucléaire en France et nettement moins cher que dans les pays voisins européens?
Réponse de le 21/01/2018 à 21:18 :
Parce que le nuke n'integre pas ses couts cachés : un assurance RC ridicule (700 millions € couvert par accident, soit les 4 premieres heures), demantelement ridicule (400 millions € / reacteur quand nos voisins budgetent 3 milliards) et cout de stockage des dechets minimisés et non intégré : 35 milliards € budgeté pour 2 milliards provisionné alors que nos centrale fonctionnent depuis 40 ans pour les premieres.
Réponse de le 22/01/2018 à 14:08 :
Parce que les pays voisins exploitent des micro-parcs sans aucune économie d’échelle possible. Sur l’ingénierie, les achats, les personnels spécialisés (très nombreux dans le nucléaire avec des tonnes de sujets d’expertise différents), etc.

Après, il faut bien voir que ce qui coûte cher dans le nucléaire, c’est la sûreté :

Sur un EPR à 10 milliards d’euros par exemple, le process en lui-même coûte quelques centaines de millions d’euros, et tout le reste c’est de la redondance, des coques avions, etc.

Ce qui veut dire que le coût du nucléaire est directement lié au niveau de sûreté qu’on exige, et qui est assez arbitraire, et non du process en lui-même.

Or il se trouve qu’à peu près partout dans le monde en ce moment, on exige du nucléaire un niveau de sûreté ridiculement élevé :

Sous l’influence d’associations et de médias qui diffusent une peur hystérique du nucléaire, on en est à dépenser des dizaines de milliards d’euros pour qu’un réacteur n’ait pas plus d’un accident par dix-millions d’années d’exploitation, accident qui provoquerait au pire quelques milliers de morts, alors qu’à côté on tolère la cigarette ou le charbon qui provoquent un à trois ordres de grandeurs au dessus en nombre de morts, et ce tous les ans.
Réponse de le 22/01/2018 à 14:11 :
@ Steph :
Vous savez pertinemment (parce que je vous l’ai déjà prouvé 100 fois) que tous les éléments que vous citez sont soit faux, soit d’un coût trop minime pour remettre en cause la pertinence économique du nucléaire.
a écrit le 21/01/2018 à 17:15 :
Les arguments évoqués dans l’article sont fallacieux pour ce qu’il concerne le nucléaire. Les fortes exportations évoquées par l’article ne sont pas dues au nucléaire, mais aux renouvelables. La raison est simple: plus on veut couvrir la consommation par du renouvelable plus il faut développer la puissance installée au delà de la puissance consommée du fait de l’intermittence
Pour 100 consommé, avec une intermittence de 30%, il faut une capacité de puissañce de 300, donc quand elle produit à 100%, on produit trop fois trop donc on doit exporter. Et quand il n’y a pas de vent , il faut brûler du carbone. L’allemagne Est déjà dans ce cas, quand le vent souffle en Allemagne, l’allemagne Exporte à plein. Alors oser prétendre que c’est un inconvénient du nucléaire est un mensonge éhonté.
Réponse de le 22/01/2018 à 13:57 :
Eh oui! quand on doit doubler ou tripler les puissances installées du fait de l'intermittence et en même temps mettre des puissances pilotables pour suppléer à l'absence de vent et/ou de soleil, cela ne peut conduire qu'à une explosion des prix qu'il est déjà facile de constater sur sa facture EDF via en particulier les taxes qui permettent de financer les énergies renouvelables.
a écrit le 21/01/2018 à 17:12 :
La production d'énergie vaste sujet....qui suscite moultes débats...en 2050, les mêmes débats agiteront encore notre société....et les mêmes experts seront à l'oeuvre....😁
Réponse de le 21/01/2018 à 21:23 :
Ma foi, en 2000 on nous disait que le solaire serait jamais qu'anecdotique et tres cher, que l'eolien rendait epileptique et tuait les oiseaux par milliers, en 2010, que ca ne pourrait jamais concurrencer le cout du nuke (EPR : 10 c€ / kWh, Solaire PV : 5,5 c€), aujourd'hui on nous sort le probleme de l'intermittence, dernier argument des nucléaristes qui évitent de regarder le developpement lui aussi exponentiel des batteries residentielle et industrielles.
En 2050, on ne parlera plus des EnR, ca sera acquis pour tous et on regardera les arguments nucléaristes comme ceux de dinausores.
Réponse de le 22/01/2018 à 15:26 :
@ Steph :

Le solaire est toujours anecdotique en Allemagne en 2017 (7% du mix électrique) malgré une puissance installée et des investissements monstrueux (de l'ordre de plusieurs centaines de milliards d'euros).

Les allemands se sont perdus dans ce genre d'âneries inefficaces, qui font que les émissions de CO2 sont aujourd'hui en hausse dans ce pays, et qu'il s'apprête à abandonner ses objectifs dans ce domaine.
a écrit le 21/01/2018 à 16:50 :
Le temps actuel montre le résultat de l’écologisme :
-Pas de soleil, exit le solaire
-Pas ou trop de vent, exit l’éolien
Exit les énergies alternatives/aléatoires.
Les Allemands passent au charbon et à ses rejets de toxiques (As, Pb, Sb, Hg etc.)
On ne peut pas tromper tout le monde tout le temps.
Réponse de le 21/01/2018 à 21:25 :
Repeter 1000 fois le meme mensonge n'en fait pas une verité. Les émission de GES dues à la production d'electricité sont en baisse, que ceux qui recherchent des infos fiable sur ce theme google 'Allemagne+electricite+ges'.
a écrit le 21/01/2018 à 16:49 :
Il est curieux et contraire au droit européen que tous ces plans ne s'accompagnent d'aucune étude environnementale.
Peut-on croire que l'implantation de 30 à 50 000 éoliennes, de milliers de Km2 de panneaux solaires dans les zones naturelles et agricoles, que l'exploitation massive de la biomasse soient sans conséquences dramatiques pour l'environnement ?
a écrit le 21/01/2018 à 16:04 :
Le bilan de la transition énergétique allemande dans le secteur electricité et production de chaleur est peu glorieux.

- L'Allemagne a dépensé des centaines de milliards d'euros dans le solaire photovoltaïque et l'éolien.

- L'Allemagne a aussi massivement augmenté le rendement de ses centrales thermiques depuis 1990.

Selon le rapport Ecofys 2017, en Allemagne, le rendement moyen des centrales au charbon est passé de 34,4% en 1990 à 39,6% en 2015. Le rendement moyen des centrales au gaz est passé de 32,6% en 1990 à 47,1% en 2015.

Ce qui signifie qu'à pleine puissance, par rapport à 1990, les centrales au charbon allemandes émettent 13% de CO2 en moins et celles au gaz 30% de CO2 en moins.

- L'Allemagne a aussi gardé une production nucléaire importante (80 TWh en 2016) soit l'équivalent la production de 6 à 7 EPR.

Malgré tout cela, les émissions de gaz à effet de serre du secteur electricité et production de chaleur en Allemagne, ont à peine baissé depuis 1990.

Elles sont passées de 341 millions de tonnes d'équivalent CO2 en 1990 à 307 millions de tonnes d'équivalent CO2 en 2015.

En France, elles sont passées de 50 millions de tonnes d'équivalent CO2 en 1990 à 31 millions de tonnes d'équivalent CO2 en 2015.
a écrit le 21/01/2018 à 15:43 :
Quand on ne connait et ne comprend pas un problème (ce qui arrive à tout le monde en fonction des sujets), il fait savoir déléguer sa résolution tout en fixant des objectifs clairs et partagés à celui à qui on confie la tâche.

Avec la transition énergétique, on a des dirigeants politiques qui veulent décider au % près de la solution à un problème dont ils ne comprennent pas le fonctionnement (le mix énergétique), dont ils ne maitrisent pas les tenants et les aboutissants, et sans être au clair sur les vrais objectifs auxquels ils veulent parvenir.

Stop ! Laissons les économistes d’EDF faire leur boulot d’analyse en leur fixant une commandite claire, comme on l’a fait dans les (maintenant lointaines) décennies passées avec succès.
a écrit le 21/01/2018 à 14:46 :
Pourquoi les écolos ont-ils toujours droit de cité?
Jusqu'ici tous leurs chiffres sans exceptions se sont révéler être des mensonges.
Interidsons à ces gens de parler et le pays ne s'en portera que mieux.
Si la France peut exporter du courant ca nous fera au moins une industrie d'exportation. On ne peu pas dire que l'on en manque.
Si il y a des économies d'énergie à faire alors faisons les et exportons plus.
Vivement que ce pays soit géré sérieusement et que les journaux fassent leur travail. (Consistant à vérifier les faits avant de reprendre les propos des menteurs)
a écrit le 21/01/2018 à 11:18 :
Quand on voit le mal qu'ils ont a fermer fessenheim pourtant à l'agonie, ça fait bien rigoler leur plan de fermeture de rien que 6 sites d'ici 2035, vu qu'il faut 20 ans pour fermer une centrale moribonde.
Réponse de le 21/01/2018 à 19:10 :
C'est justement parce qu'elle n'est pas à l'agonie que son opérateur rechigne à fermer Fessenheim. Un générateur de vapeur, ça se remplace.
Réponse de le 22/01/2018 à 9:06 :
Comment le savez vous ?

Vu que c'est le secret défense qui régit cette énergie en france et que tous les papiers produits par le domaine nucléaire sont détruits systématiquement. Je le connais de près le milieu hein.

Allez y expliquez nous svp, et sans bavarder pour changer, merci.
Réponse de le 22/01/2018 à 21:02 :
https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/alsace/asn-somme-edf-apporter-clarifications-avenir-fessenheim-1341641.html
C'est pour ses génés de vapeur que Fessenheim 2avait été arrêtée. Et des génés de vapeur, ça a été déjà remplacé sur des centrales, dont Cruas.
La vérité, c'est que c'est une centrale en parfait état qu'on veut fermer.
Réponse de le 25/01/2018 à 15:30 :
Non mais c'est quoi ce lien ? Vous vous moquez de moi ?

Vous êtes épuisant...

Le bilan avec un lien clair svp, des chiffre,s des tableaux, c'est pas compliqué, si ce que vous dites est vrai il y a 90% de chances qu'internet puisse le recouper.

Allez au boulot, c'est bien beau de toujours demander aux autres de bosser mais à un moment faut se retrousser les manches, merci.
a écrit le 21/01/2018 à 10:21 :
Quelques remarques :

1) le nucléaire est un moyen, tout comme les renouvelables. Vouloir supprimer le nucléaire et le remplacer par du solaire et de l’éolien, comme ça, sans analyse technico-économique qui prouve que c’est une bonne chose, est irrationnel.

2) L’électricité française est déjà globalement décarbonée. Et tous les plans de RTE dont vous parlez sont à moins de 100 millions de tonnes de CO2 par an émises par le secteur électrique.

Ne serait-il pas plus malin, au lieu de continuer à gâcher des centaines de milliards d’euros à changer le système électrique pour des gains insignifiants, de nous attaquer à notre consommation pétrolière et gazière ?

Ce pour qu’on on a déjà toutes les technologies en main (ce qui n’est pas le cas du stockage électrique), et qui nous permettrait au passage de supprimer notre déficit commercial ?
Réponse de le 21/01/2018 à 12:24 :
Je suis toujours assez horrifié de voir combien le débat peut être déformé par ce genre d’articles purement idéologiques, écrits par des journalistes censés éclairer les français mais qui visiblement le connaissent pas leur sujet, et qui poussent nos concitoyens mal informés vers des plans totalement inefficaces et ruineux.

Combien de temps va-t-on rester sur cette voie sans issue ??
a écrit le 21/01/2018 à 9:48 :
Les producteurs espèrent produire et vendre plus, on essaie de consommer moins, d'isoler les passoires thermiques chauffées à l'électricité, pour déjà modérer la hausse des factures. C'est contradictoire.
EDF fait quoi de sa production si personne ne lui achète le surplus, même à prix négatif ?
En analysant les consommations de tous mes appareils, j'ai, en quelques années, divisé par deux ma consommation, fini les calculs Folding at home la nuit, surtout ma VMC économique qui a contribué à ôter 20% de ma facture (amortie en 3 ans, donc dans 18 mois).
Réponse de le 21/01/2018 à 11:57 :
C EST VRAIS QUE D APRENDRE AUX USAGER DE CONSOME MONS ET UNE TRES BONNE IDEE? PAR CONTRE LES METHODE S DE STOKAGE PEUVENT PROGRESSEZ? SI CHACUN Y MET DU SIEN ON PEUT ARRIVE A ETRE MOINS DEPENDANT DU NUCLEAIRE?j ai vue des videos sur des maisons en bois montable en quelque jour avec un toit solaire etre completement independant et meme vendre de l electricite a ces voisins , et cela me fais dire que l on y arriveras avec de la bonne volonte???

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :