Trump envisage 25% de droits de douane sur les voitures étrangères
latribune.fr
« L'UE a été très injuste avec nous, nous avons un déficit commercial de 350 milliards de dollars, ils n'achètent pas nos voitures, nos produits agricoles, ils n'achètent quasiment rien, nous devons rectifier cela », a justifié Donald Trump.
Le président américain se laisse jusqu'au 2 avril pour décider de l'application de ces taxes. Ces nouveaux droits de douane seraient douloureux pour les entreprises automobiles européennes, exposées aux États-Unis.
L'étau américain se resserre sur les constructeurs automobiles européens. Mardi, le président américain a annoncé qu'il prévoyait d'appliquer des droits de douane sur les automobiles importées aux États-Unis. Interrogé sur le sujet en conférence de presse à Mar-a-Lago (Floride), Donald Trump répondu qu'ils seront « d'environ 25 % » ajoutant qu'il se donne jusqu'au 2 avril pour décider s'il les imposerait ou non. Le milliardaire veut « donner le temps » aux constructeurs automobiles « pour qu'ils aient des usines ici » et ainsi « qu'ils n'aient pas de droits de douane ».
Une telle mesure porterait un coup aux géants allemands de l'automobile qui exportent beaucoup aux États-Unis. Or, ceux-ci sont déjà affaiblis à l'image de Volkswagen, qui a récemment annoncé la suppression de 35.000 emplois en Allemagne. L'automobile européenne est déjà en difficulté en raison de la baisse de la demande mondiale, la hausse des prix de l'énergie et de la concurrence chinoise. Face à la crise, la Commission promet d'accompagner le secteur automobile qui emploie 13 millions de personnes au sein de l'UE et représente environ 7 % de son PIB.
L'Union européenne dans le viseur de Trump
Par cette annonce, le président américain veut donc mettre la pression à l'Europe. Il s'est d'ailleurs dit satisfait d'avoir vu l'Union européenne (UE) « réduire leurs droits de douane sur les voitures au niveau que nous avons ». « L'UE avait 10 % de taxes sur les voitures et ils sont désormais à 2,5 %, ce qui est exactement le même niveau que nous. Si tout le monde fait cela alors nous jouerons avec les mêmes règles du jeu », a-t-il assuré.
Reste qu'il en attend plus des Européens. « Je prends note de ce qui a été fait. Mais l'UE a été très injuste avec nous, nous avons un déficit commercial de 350 milliards de dollars, ils n'achètent pas nos voitures, nos produits agricoles, ils n'achètent quasiment rien, nous devons rectifier cela », a-t-il néanmoins insisté.
Selon les données du département du Commerce, le déficit commercial des États-Unis en biens vis-à-vis de l'UE était de 235 milliards de dollars en 2024. En revanche, les États-Unis ont une balance commerciale excédentaire à hauteur de 109 milliards de dollars vis-à-vis de l'UE en ce qui concerne les services en 2023, dernière année aux données consolidées, selon les données de la Commission européenne.
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L'UE entre négociations et ripostes
Face à la menace Trump, le commissaire européen en charge du Commerce et de la Sécurité économique, Maros Sefcovic, est arrivé mardi à Washington pour une visite de deux jours et rencontrera notamment Howard Lutnick, le secrétaire au Commerce désigné par Donald Trump. Il discutera aussi avec Jamieson Greer, le représentant de la Maison Blanche en charge des relations commerciales (USTR). Tous deux doivent encore être confirmés par le Sénat.
Les Européens sont de plus en plus conscients qu'un bras de fer aura lieu avec Washington. Le 4 février, la présidente de la Commission européenne avait affirmé :« nous devons nous engager, et nous devrons sans doute nous engager dans des négociations difficiles, y compris avec des partenaires de longue date ». « Nous serons prêts pour des difficiles négociations si nécessaire », avait poursuivi Ursula von der Leyen. Et l'Europe doit faire passer ce message à ses partenaires : « Si des bénéfices mutuels existent, nous sommes prêts à nous engager avec vous », avait-elle ajouté.
De son côté, Emmanuel Macron, qui s'exprimait la veille à son arrivée à une réunion informelle des chefs d'État de gouvernement de l'Union européenne, consacrée à la défense, a estimé que « si nous étions attaqués sur les sujets commerciaux, l'Europe, comme une puissance qui se tient, devra se faire respecter et donc réagir », a déclaré le chef de l'État.
La Chine a dénoncé mardi, à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève, les « chocs de droits de douane » érigés en politique par Donald Trump, qui risquent d'entraîner « une récession mondiale ». « Le monde est confronté à une série de chocs de droits de douane », a déclaré Li Chenggang, l'ambassadeur de Chine auprès de l'OMC, lors de la première réunion de l'année du Conseil général de l'organisation.
« Les États-Unis ont imposé ou menacé d'imposer des droits de douane à leurs partenaires commerciaux, dont la Chine, de manière unilatérale et arbitraire, en violation flagrante des règles de l'OMC. La Chine s'oppose fermement à ces mesures », a-t-il ajouté. « Ces chocs de droits de douane accentuent l'incertitude économique, perturbent le commerce mondial et risquent d'entraîner une inflation intérieure, une distorsion du marché, voire une récession mondiale », a insisté Li Chenggang.