Trump : le retour du mantra protectionniste
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Donald Trump.
© PHOTO AP-SIPA
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Donald Trump.
© PHOTO AP-SIPA
« AMERICA FIRST ! » Ce slogan de la campagne Trump 2016 devrait à nouveau servir pour celle de 2024, avec le même bréviaire : protéger l'emploi américain, réduire le déficit commercial, baisser les impôts pour les entreprises et les ménages.
Formellement, l'ex-président n'a pas encore publié son programme, même s'il a indiqué en octobre qu'il majorerait d'au moins 10 % la taxe sur toutes les importations s'il est élu. Mais sous l'égide de la très conservatrice Heritage Foundation, plusieurs cercles de réflexion ont planché sur le Projet 2025, proposant au candidat qui sera désigné par les républicains un catalogue de mesures concrètes consignées dans un document consultable en ligne : « Mandate for Leadership - The Conservative Promise » (mode d'emploi à l'usage des dirigeants - la promesse des conservateurs). Sans surprise, son volet économique prône un renforcement du protectionnisme, recommandant par exemple de s'émanciper des règles de l'Organisation mondiale du commerce ou encore « la relocalisation d'une partie importante de la production actuellement délocalisée par les sociétés multinationales américaines ». Le document cible la Chine, qui applique « une politique commerciale mercantiliste, avec ses barrières tarifaires, son dumping, ses contrefaçons, son piratage ainsi que la manipulation de sa monnaie ».
À lire également
Ce protectionnisme touche également l'énergie. En 2017, Trump, climatosceptique, s'était retiré de l'accord de Paris et avait dérégulé le secteur des hydrocarbures. Aujourd'hui, les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL). « La prochaine administration conservatrice devrait [...] garantir aux Américains une énergie abondante, abordable et fiable », suggère le document, soit une politique en faveur des énergies fossiles qui tourne le dos à la démarche de transition énergétique de Joe Biden. Fin septembre, Donald Trump était venu soutenir les ouvriers grévistes du secteur automobile à Detroit (Michigan), qui craignent que la production de voitures électriques entraîne des réductions massives d'emploi. Non sans arrière-pensée, puisque le Michigan compte parmi les États qui pourraient faire basculer l'élection présidentielle en novembre 2024.