Turquie : le maire d'Istanbul incarcéré et démis de ses fonctions
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Le maire d'Istanbul devait initialement assister dimanche à son investiture en tant que candidat de son parti pour la prochaine présidentielle, prévue en 2028.
Reuters
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Le maire d'Istanbul devait initialement assister dimanche à son investiture en tant que candidat de son parti pour la prochaine présidentielle, prévue en 2028.
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La prison pour le maire d'Istanbul. Poursuivi pour « corruption » et « terrorisme », Ekrem Imamoglu, principal rival du président Recep Tayyip Erdogan, avait été amené samedi soir avec 90 de ses coaccusés au tribunal stambouliote de Çağlayan, protégé par un très important dispositif policier, avant d'y être entendu à deux reprises dans la nuit. La justice a ordonné dimanche matin sa détention pour « corruption » mais pas pour « terrorisme ». Elle a aussi ordonné incarcération d'autres coaccusés du maire, dont l'un de ses proches conseillers, selon des médias turcs. Dans le même temps, a annoncé dans un communiqué le minitère de l'Intérieur, Ekrem Imamoglu a été démis de ses fonctions.
L'ordonnance de placement en détention provisoire dont l'AFP a obtenu copie dimanche stipule que « le suspect Ekrem Imamoglu est placé en détention pour avoir établi et dirigé une organisation criminelle ; accepté des pots-de-vin; corruption; enregistrement illégal de données personnelles et trucage d'appels d'offres ». En revanche, poursuit-elle, « bien qu'il existe un fort soupçon de culpabilité pour le crime de soutien à une organisation terroriste armée (...), il n'est pas nécessaire à ce stade » d'ordonner sa détention dans ce volet « puisqu'il a déjà été décidé de l'incarcérer pour des crimes financiers ».
Le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), principale force d'opposition à laquelle appartient le maire d'Istanbul, a dénoncé « un coup d'État politique ». Jusque tard dans la soirée, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées devant l'hôtel de ville d'Istanbul pour le quatrième soir consécutif, à l'appel de l'opposition, afin de soutenir le maire, qui a dénoncé des accusations « immorales et sans fondement » à son encontre.
Des manifestants ont passé la nuit à l'intérieur de la mairie, certains tentant de trouver le sommeil sur des chaises disposées dans le hall du vaste bâtiment, en attendant d'être fixés sur le sort du maire, a constaté un photographe de l'AFP. Pour tenter de prévenir des troubles, le gouvernorat d'Istanbul a prolongé l'interdiction de rassemblements jusqu'à mercredi soir et annoncé des restrictions d'entrée dans la ville pour les personnes susceptibles de participer à des manifestations, sans préciser comment elles seraient mises en œuvre.
L'accusation de « soutien à une organisation terroriste » contre Ekrem Imamoglu, figure du CHP, fait craindre à ses soutiens son remplacement par un administrateur nommé par l'État à la tête de la plus grande ville du pays. Depuis mercredi, la vague de protestation déclenchée par son arrestation s'est répandue à travers la Turquie, atteignant une ampleur inédite depuis le grand mouvement de contestation de Gezi, en 2013, parti de la place Taksim à Istanbul.
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Des rassemblements ont eu lieu dans au moins 55 des 81 provinces turques, soit plus des deux tiers du pays, selon un décompte effectué samedi par l'AFP. Ces manifestations ont débouché sur des centaines d'arrestations dans au moins neuf villes du pays, selon les autorités. Paris et Berlin, ainsi que les maires de plusieurs grandes villes européennes, avaient également condamné dès mercredi l'arrestation du maire.
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En réponse à la contestation, le président Erdogan, qui a lui-même été maire d'Istanbul dans les années 1990, a juré de ne pas céder à la « terreur de la rue ». Ekrem Imamoglu, 53 ans, est devenu la bête noire d'Erdogan en ravissant en 2019 la capitale économique du pays au Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), qui gardait la main sur Istanbul depuis vingt-cinq ans. L'édile d'opposition, triomphalement réélu l'an passé, devait initialement assister dimanche à son investiture en tant que candidat de son parti pour la prochaine présidentielle, prévue en 2028. Le CHP a décidé de maintenir l'organisation de cette primaire, qui a démarré à 8 h (5 h GMT), et a appelé tous les Turcs, même non-inscrits au parti, à y prendre part.
(Avec AFP)
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