Ultra riches : le fisc américain récupère plus d'un milliard de dollars
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Au début de son mandat en 2020, Joe Biden avait assuré plusieurs fois qu'il souhaitait augmenter les impôts pour les Américains les plus riches.
Craig Hudson
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Au début de son mandat en 2020, Joe Biden avait assuré plusieurs fois qu'il souhaitait augmenter les impôts pour les Américains les plus riches.
Craig Hudson
Dans le pays numéro un du capitalisme financiarisé, cette nouvelle a de quoi interpeller. L'administration Biden a en effet annoncé ce vendredi avoir encaissé depuis fin 2023 près de 1,3 milliard de dollars d'impôts dus par des Américains aisés, dont des millionnaires. Une annonce qui intervient au moment, où Kamala Harris comme Donald Trump, tentent de séduire les classes moyennes.
Lancée à l'automne 2023, cette opération de recouvrement a visé des ménages aux revenus supérieurs à un million de dollars, et avec une dette de plus de 250.000 dollars envers les impôts. Elle avait déjà permis de collecter une première enveloppe de 38 millions de dollars auprès de 175 personnes.
Une deuxième opération, lancée en février dernier, cible, elle, 125.000 contribuables à revenus élevés et fortunés qui n'ont pas déclaré leurs impôts depuis 2017. Elle a « permis de récupérer 172 millions de dollars », via « 21.000 de ces contribuables qui ont déjà déposé une déclaration », doit encore annoncer la ministre de l'Economie et des Finances de Joe Biden.
Cette détermination à récupérer ces recettes fiscales n'a rien d'un hasard. Au début de son mandat en 2020, Joe Biden avait assuré plusieurs fois qu'il souhaitait augmenter les impôts pour les Américains les plus fortunés. Le président américain avait réinsisté sur cette perspective à l'occasion de son discours sur l'état de l'Union, en mars dernier.
Alors encore en campagne pour un second mandat, Joe Biden avait accusé, sans le nommer, Donald Trump d'être le candidat des plus riches et de la baisse de leurs impôts, a contrario de lui, initiateur de davantage de taxes pour les milliardaires et les entreprises.
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Si une telle mesure n'a pour le le moment pas vu le jour, son esprit a été repris dans les promesses de l'actuelle vice-présidente Kamala Harris, désormais candidate à la prochaine élection présidentielle.
Mais un équilibre reste à tenir sur ce sujet, devenu un enjeu électoral autant pour Harris que pour Trump : ne pas effrayer les classes moyennes américaines, qui redoutent que la taxation des plus riches les impacte, eux aussi, dans les années à venir. D'autant qu'ils ont, dans les faits, bénéficié de la dernière grosse réduction d'impôt de 2.000 milliards de dollars, accordée par l'administration Trump avant son départ du pouvoir. Et ce, même si celle-ci a très largement profité aux plus grosses fortunes et entreprises américaines.
Par ailleurs, le prochain locataire de la Maison Blanche devra décider avec le Congrès s'il prolonge tout ou partie de cette mesure. « Si le Congrès n'agit pas, les impôts augmenteront pour la grande majorité des ménages américains, avait affirmé à la chaîne CNBC Howard Gleckman, chercheur à l'Urban-Brookings Tax Policy Center, cité par le journal Le Monde. Aucun responsable politique ne souhaite que cela se produise. »
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Et Donald Trump l'a bien compris, et en fait même un argument de pression sur son adversaire Kamala Harris. Jeudi, il l'a une nouvelle fois accusé de vouloir « la plus forte augmentation d'impôts jamais imposée », tandis que lui promet de « rendre permanentes » ses baisses d'impôts adoptées en 2017, et de « réduire encore plus les impôts ».
(Avec AFP)
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