Il n'y a pas de mystère « Grégory ». N'en déplaise à ceux qui entretiennent fantasmes et rumeurs. En quatre décennies, magistrats de haute volée et enquêteurs acharnés ont répondu à la plupart des questions que pose l'affaire la plus célèbre du XXe siècle français. L'essentiel de ces faits, étayés par les juges et les experts criminels de la gendarmerie dès 1993, puis de nouveau en 2017, révèle que le crime a été commis et revendiqué en moins d'une heure, en plein jour, selon un scénario à la fois précipité et méthodique, par un homme et, peut-être, d'éventuels complices. Des risques fous ont été pris, avec une volonté irrépressible et irrationnelle de faire savoir que l'impensable avait été commis ce 16 octobre 1984 dans cette si jolie vallée des Vosges.
Le portrait de Grégory Villemin qui a ému la France. (Crédit : LTD/Netflix)
Le petit garçon est enlevé vers 17 heures, alors qu'il joue devant la maison de ses parents, à Lépanges-sur-Vologne. Une lettre est postée avant 17h30, dans ce même village, adressée à son père : « J'espère que tu mourras de chagrin le chef. Ce n'est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance. Pauvre con. » À 17h32, le téléphone sonne chez l'un de ses oncles, Michel Villemin. Une voix rauque murmure : « Je me suis vengé du chef et j'ai kidnappé son fils. Je l'ai étranglé et je l'ai jeté à la Vologne. Sa mère est en train de le rechercher mais elle ne le trouvera pas. Ma vengeance est faite ».