Jean-Michel Blanquer, son inventaire amer dans « La Citadelle »
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Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer, en octobre 2021.
© LTD / DENIS ALLARD/LEEXTRA VIA OPALE.PHOTO
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Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer, en octobre 2021.
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Jean-Michel Blanquer n'est pas le premier à raconter ses années Macron dans un livre. Avant lui, Françoise Nyssen, éphémère titulaire du portefeuille de la Culture, et Agnès Buzyn, chargée trois années de celui de la Santé, se sont prêtés à l'exercice. Mais avec La Citadelle (Albin Michel), l'ancien ministre de l'Éducation va un cran plus loin. Il décrit de l'intérieur un président, son système de pouvoir et leurs errements. Ses 416 pages sont un inventaire sévère qui ne passera pas inaperçu.
Battu dès le premier tour des législatives de juin 2022, laissant les clés de la Rue de Grenelle à un successeur à la ligne aux antipodes de la sienne (Pap Ndiaye), Jean-Michel Blanquer, qui cinq ans plus tôt était un emblème de la société civile, est sorti très meurtri de son expérience politique. Son ouvrage est pour lui l'occasion de réhabiliter son action, de sa réforme de l'école primaire à celle du bac en passant par sa gestion du Covid (la France n'a fermé ses établissements scolaires que douze semaines, contre trente-huit semaines pour l'Allemagne).
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Dans La Citadelle, il y a clairement deux parties : d'abord, celle de l'alchimie avec un chef de l'État qui le bluffe par « son agilité, sa résistance physique, son pragmatisme, sa compétence, sa détermination » et lui fait miroiter une promotion à Matignon ; puis celle du conflit avec un chef de clan qui, petit à petit, le met au ban. Jean-Michel Blanquer raconte comment son refus d'être candidat aux élections régionales de 2021 face à Valérie Pécresse en Île-de-France aura été un tournant. Lorsqu'un de ses conseillers élyséens en fit part à Emmanuel Macron, celui-ci « entra dans une colère gigantesque », écrit-il : « Il ressortait de son humeur que j'étais au fond un ingrat, qu'il était inouï que je me permette de refuser sa demande, qu'il faudrait que je comprenne bientôt qui m'avait fait ministre et que ce qui m'avait fait pouvait me défaire. » Pour autant, le président ne lui exprimera jamais son courroux en face. Il « préférait les sermons violents collectifs dont le destinataire n'est pas directement désigné à une explication franche bilatérale », décrit l'ex-locataire de la Rue de Grenelle.