LFI : Manon Aubry, histoire d’une métamorphose
Caroline Vigoureux
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Manon Aubry le 14 février à Paris, aux côtés de François Piquemal, député LFI, et Jean-Luc Mélenchon.
©Henrique Campos / Hans Lucas
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Manon Aubry le 14 février à Paris, aux côtés de François Piquemal, député LFI, et Jean-Luc Mélenchon.
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Une campagne lessive le corps, et Jean-Luc Mélenchon est bien placé pour le savoir. Il y a cinq ans, il avait donné ce conseil à Manon Aubry, alors âgée de 29 ans et candidate pour la première fois aux élections européennes: « Bienvenue dans ce monde de fou! À chaque fois que tu as le temps de boire un verre d'eau, fais-le. Avant chaque débat, fais une sieste. » Mais Manon Aubry n'a jamais fait de sieste de sa vie et elle ne compte pas suivre le conseil, quand bien même il viendrait du patriarche de la gauche. Elle participera jeudi soir au premier débat entre candidats aux élections européennes sur Public Sénat, avant d'être officiellement investie samedi lors d'un grand meeting de La France insoumise à Villepinte. Le marathon sera plus court qu'en 2019, où elle s'était épuisée dès octobre. « On a fait le choix d'attendre mars pour que Manon soit un game changer », prédit un responsable LFI.
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Mais c'est avec un sentiment d'amertume que la députée européenne repart en campagne. Les Insoumis ne sont pas parvenus à convaincre leurs alliés de gauche de la nécessité d'une candidature commune. Manon Aubry, qui était prête à céder la première place, en a parlé avec la tête de liste des Verts, Marie Toussaint, mais elle a senti un malaise. Avec celle des socialistes, Raphaël Glucksmann, elle n'a même pas eu de discussion. La Nupes sera donc segmentée en quatre listes (avec celle des communistes), toutes données sous les 10 % à ce stade. C'est pour elle « une machine à désespoir » qui s'est mise en route: « Il y a une incohérence complète à partir séparément, sauf à avoir menti aux électeurs. C'est une trahison du programme de la Nupes et un immense retour en arrière. »
Caroline Vigoureux