En attendant la nomination d'un Premier ministre, Emmanuel Macron a fait passer dès cet été le message à ses équipes: sans renier la politique économique de l'offre, il faut, à la rentrée, donner des gages sociaux aux Français. Son objectif: augmenter les salaires sans porter le smic à 1600 euros net comme le demande le Nouveau Front populaire. L'Élysée vise une « désmicardisation » rapide du travail. D'autant plus que le chantier a déjà été lancé par le prérapport d'Antoine Bozio et Étienne Wasmer, fourni avant l'été.
Les économistes travaillent actuellement avec l'administration de Bercy et le pôle économique de Matignon sur les scénarios pour revoir les allégements de charges sur les salaires entre 1 et 3,5 smics. « Il faut que l'employeur qui porte le salaire au-delà du smic notamment entre 1 et 1,6 smic perde le moins d'exonérations de cotisations possible, pointe Marc Ferracci, député Ensemble pour la République. Aujourd'hui, il est incité à garder ses effectifs à ce niveau : quand le salarié est à 1,59 smic, le patron bénéficie de 13 points d'exonération de cotisations, contre 6 points s'il le passe à 1,61 smic! » Et d'ajouter: « C'est aussi un enjeu fort pour les travailleurs, car toute hausse au-dessus du smic peut vite les amener à perdre du revenu: prime d'activité rabotée, entrée dans l'impôt... D'où l'idée de revoir ces effets de seuil. »