Berlin veut distribuer des milliards d'euros d'aides tout en faisant de la rigueur budgétaire

Sans préciser le montant exact, le ministre des Finances allemand promet des milliards d'euros d'aides aux ménages les plus modestes et aux entreprises qui subissent l'inflation des prix de l'énergie, tout en assurant que l'objectif de contenir le déficit public à moins de 0,35% du PIB en 2023 sera tenu.
Le ministre des Finances allemand Christian Lindner.
Le ministre des Finances allemand Christian Lindner. (Crédits : Reuters)

Comment concilier rigueur budgétaire et aides à de millions d'Allemands qui, parmi les plus modestes, sont confrontés à une inflation élevée qui grignote leur pouvoir d'achat? Le gouvernement se veut rassurant. L'Allemagne peut se permettre de financer un nouveau paquet d'aides de plusieurs milliards d'euros face à l'inflation, sans pour autant renoncer au « frein à l'endettement", a ainsi déclaré ce vendredi le ministre des Finances Christian Lindner. L'inflation en Allemagne s'est établie à 7,5% en juillet, pratiquement le même niveau ( 7,6%) enregistré en juin.

La semaine dernière, le chancelier Olaf Scholz avait déjà promis un nouveau paquet d'aides pour les particuliers face à la flambée des prix dans les secteurs de l'énergie et alimentaire appelée à s'aggraver cet automne, tout en réaffirmant son engagement au retour de la rigueur budgétaire l'an prochain, limitant le déficit public à 0,35% du PIB.

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Interrogé par le journal Rheinische Post sur le montant de ces aides éventuelles, le ministre des Finances a juste indiqué qu'« un petit nombre à deux chiffres en milliards d'euros était faisable ». Ces nouvelles mesures de soutien s'adresseraient d'abord aux foyers à revenus faibles ou moyens, mais comprendraient également « des mesures ciblées en direction des entreprises consommant beaucoup d'énergie », a confié le ministre.

Une crise énergétique encore à venir

L'automne et l'hiver s'annoncent en effet redoutables dans la première économie européenne en raison de la crise énergétique « encore à venir pour l'économie », a averti de son côté le ministre de l'Economie, Robert Habeck. Les Allemands vont notamment voir leur facture de chauffage et d'électricité s'envoler à l'automne avec la décision du gouvernement de permettre la répercussion de la hausse des prix de l'énergie sur le consommateur final.

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Le chancelier Olaf Scholz a réaffirmé son engagement à respecter de nouveau en 2023 les règles constitutionnelles de discipline budgétaire, après trois ans d'exception en raison de la situation créée par la pandémie du Covid-19. « Nous estimons que nous serons en mesure de réaliser nos projets dans le cadre financier disponible jusqu'à présent », a assuré le chef de l'exécutif.

Néanmoins, certaines voix, notamment chez les Verts, qui font partie de la coalition qui avec le SPD et les Libéraux gouverne le pays, ont demandé une prolongation de la suspension du « frein à l'endettement » en cas de forte détérioration de l'économie allemande. Il n'est pas sûr qu'elles soient entendues.

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Commentaires 11
à écrit le 20/08/2022 à 16:16
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C'en est fini de l'Allemagne. L'économie de rente va être broyée par l'inflation, ils ont tout mise sur l'immigration non qualifiée, la mono industrie est pliée, les midlands vont avec grand peine tiré leur épingle du jeu jusqu'à ce UE le noeud coula...

le 22/08/2022 à 9:03
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On aimerait avoir les possibilités financières des allemands pour amortir le choc, budget en équilibre, commerce extérieur qui va repartir aprés le choc énergétique, entreprises florissantes,contrairement a nous qui vivons grâce à la dette depuis 20 ...

à écrit le 19/08/2022 à 15:33
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Bonjour, l'Allemagne a les moyens de dépenser sont argent pour aidée sa population... Contrairement à la France... ( Bien sûr ils ne faut pas le dire) . Surtout que dans notre pays cela est dirigé toujours vers la même population ... Sans travail,...

à écrit le 19/08/2022 à 11:49
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Pour maintenir une "politique de l'offre" à flot, l'oligarchie crée les moyens d'une demande, mais sans satisfaire les besoins de la population qu'elle veut subordonnée! Elle est pas belle la vie?

le 19/08/2022 à 15:25
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La doctrine de "création du besoin" arrive au bout de ses limites. Pour des raisons d'incertitudes, financières et écologiques, les populations deviennent frugalistes. Ce n'est pas prêt de changer quand les produits proposés ne correspondent pas aux ...

à écrit le 19/08/2022 à 11:35
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C'est étrange, mais cela me rappelle la fable de Jean de la Fontaine, "La cigale et la fourmi".

à écrit le 19/08/2022 à 9:43
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À force de fabriquer de l'argent artificiellement ,il arrivera un jour ou il fera le mettre en face de l'économie réelle ,l'évaluer à sa juste valeur ,il deviendra alors de l'argent de monopoly .

à écrit le 19/08/2022 à 9:02
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Le miracle économique néolibéral anglais ? Mort et enterré. Le miracle économique néolibéral allemand ? Ça y est il vient lui aussi de trépasser et des milliers d'articles et de reportages des médias de masse qui brusquement se transforment en m...

le 19/08/2022 à 11:01
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Il ne s'agit pas d'un miracle allemand mais juste d'un système plus efficace, plus compétitif et plus soutenable que le notre (industrie, éducation, recherche, balance commerciale, finances publiques...) moins basé sur le clientelisme et la rédistrib...

le 19/08/2022 à 12:07
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Je suis d'accord que le clientelisme fait énormément de mal à.notre pays à tel point qu'il faudrait en calculer le coût qui nous ferait peur maintenant le modèle allemand et son esclavagisme salarial encore plus prononcé que chez nous est suicidaire ...

à écrit le 19/08/2022 à 8:56
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C'est très généreux que l'Allemagne limite son déficit à 0,35% du PIB. Ça permet de contenir le déficit de la zone Euro. Sans cela, ce déficit pourrait être entre 5 et 10 % du PIB, et l'euro se déprécierait encore plus. C'est cette rigueur budgétaire...

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