Brexit : Theresa May joue la carte de l'optimisme au congrès des Tories

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La Première ministre Theresa May doit faire face à l'hostilité d'une partie de son camp défavorable au plan de Chequers.
La Première ministre Theresa May doit faire face à l'hostilité d'une partie de son camp défavorable au "plan de Chequers". (Crédits : POOL New)
Fragilisée et menacée par les siens, la Première ministre britannique Theresa May a promis aux délégués du congrès du Parti conservateur, réunis à Birmingham (Royaume-Uni) ce mercredi 3 octobre, des lendemains heureux après le Brexit. La dirigeante a également appelé à l'unité de sa famille politique, divisée sur la question de la sortie du pays de l'Union européenne, alors que certains parlementaires réclament sa tête.

Theresa May a tenté de rassurer les délégués du congrès du Parti conservateur réunis, ce mercredi 3 octobre, à Birmingham (Royaume-Uni). Dans un discours d'un peu plus d'une heure, ponctué d'applaudissements, elle a appelé le parti à se rassembler derrière le plan de Chequers, fortement contesté dans son camp par les partisans d'un Brexit dur. Cette feuille de route sera profitable au Royaume-Uni a-t-elle indiqué alors que l'Union européenne l'a en partie rejeté.

"Je crois passionnément que le meilleur est à venir et que l'avenir est plein de promesses. Mais si nous allons tous dans des directions différentes à la poursuite de ce que nous jugeons être le Brexit parfait, nous risquons de ne pas avoir de Brexit du tout", a-t-elle ajouté à l'adresse des "Brexiters" purs et durs qui lui reprochent une trop grande complaisance envers Bruxelles.

"C'est pourquoi nous devons nous rassembler. Nous abordons la partie la plus difficile des négociations (...) Ce que nous proposons, c'est un grand défi pour l'UE. Mais si nous restons unis et si nous gardons notre sang-froid, je sais que nous aurons un accord profitable pour la Grande-Bretagne", a-t-elle assuré.

Les partisans du Brexit dur réclament sa démission

Ce discours a apparemment été bien accueilli par le parti conservateur. Le ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt a salué "un remarquable discours prononcé avec humour et passion, ferme dans son propos clair et plein de conviction". Pour le ministre du Brexit, Dominic Raab, c'est clair : Theresa May sera encore présente l'an prochain au congrès du parti, et toujours à sa tête.

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Une euphorie qui tranche avec les critiques, parfois virulentes, émises par une partie des parlementaires conservateurs hostiles au "plan du Chequers". Pour cause, moins d'une heure avant la prise de parole de Theresa May, le député conservateur James Duddridge a annoncé avoir saisi le groupe parlementaire tory pour obtenir la démission de la Première ministre.

Les critiques acerbes de Boris Johnson

"J'ai demandé à May de partir, nous avons besoin d'un dirigeant fort et capable de concrétiser le Brexit", a déclaré l'élu, ajoutant qu'il avait saisi le Comité 1922 qui regroupe les députés tories à la Chambre des communes. Si quarante-sept parlementaires conservateurs imitent Duddridge, un vote devra être organisé au sein du groupe pour confirmer ou démettre Theresa May.

"Theresa May n'est pas la bonne personne, Boris Johnson hier était stimulant", a estimé James Duddridge pour évoquer la prise de parole de l'ancien ministre des Affaires Etrangères britannique, du mardi 2 octobre. Ce dernier avait littéralement pilonné le "plan de Chequers" mis au point en juillet sur le Brexit, le qualifiant de scandale constitutionnel dont l'application aboutirait à humilier le Royaume-Uni.

Pour beaucoup d'observateurs et bien qu'il ait appelé officiellement à soutenir May, Boris Johnson a clairement dévoilé, par la virulence de ses propos, son ambition de la remplacer à la tête des tories.

(Avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 03/10/2018 à 21:48 :
"Mais si nous allons tous dans des directions différentes à la poursuite de ce que nous jugeons être le Brexit parfait, nous risquons de ne pas avoir de Brexit du tout"
C'est vrai ...
Sinon il y a un autre risque: celui d'avoir un Brexit qui ne plait qu'à une minorité.
Risque d'ailleurs quasiment inévitable, si 49% des britanniques voulaient rester dans l'UE il y aura au minimum 49 % de mécontents. Et comme il y aura des mécontents chez les brexiters ....
a écrit le 03/10/2018 à 21:13 :
Theresa May danse au bord du précipice. Comme si le Brexit se déroulait au mieux. L'Italie joue avec sa dette et danse sur la musique de "La vie est belle". L'Allemagne qui dispose de larges excédents budgétaires craint que la Deutsche Bank ne face faillite à cause de l'Italie. La France qui risque de voir les intérêts de sa dette passer de 48 milliards/an carrément doubler voire tripler, chipote quelques postes de son budget encore une fois déficitaire sans se prémunir pour la chute de ses grandes banques. Si c'était un scénario de film, personne ne croirait à cette fiction. Et bien c'est la réalité.

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