Brexit : les Européens ne disposeront plus de passe-droit pour travailler au Royaume-Uni

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La Premiere ministre Theresa May souhaite se servir de cette disposition pour faire pression sur les négociations sur le Brexit.
La Premiere ministre Theresa May souhaite se servir de cette disposition pour faire pression sur les négociations sur le Brexit. (Crédits : Lisi Niesner)
Londres prévoit de suivre une recommandation du Comité consultatif sur les migrations (CAM) qui, dans un rapport, suggère qu'à l'issue de la transition post-Brexit, les citoyens de l'Union européenne soient soumis aux mêmes règles que les immigrés du reste du monde pour travailler au Royaume-Uni, rapportent les médias britanniques ce mardi 25 septembre.

C'est une annonce qui risque de faire du bruit alors que les négociations sur le Brexit patinent. Selon plusieurs médias anglais, le Bureau du Cabinet (Cabinet Office), l'organe de décision collective du gouvernement britannique composé d'un cercle restreint de principaux ministres, s'est mis d'accord sur un projet de politique migratoire post-Brexit, à l'occasion d'une réunion organisée lundi 24 septembre.

Lire aussi : Brexit : statu quo entre l'UE et Londres sur le déblocage des négociations

La BBC rapporte, ce mardi 25 septembre, la teneur de cette mesure. Ce nouveau paradigme entend favoriser à l'avenir « un système [migratoire] basé sur les compétences plutôt que sur la nationalité » des migrants et souhaite faire table rase du privilège accordé aux citoyens issus de l'Union européenne de pouvoir séjourner et travailler outre-Manche sans avoir à fournir de visa ni de permis de travail. Une décision qui ferait de ces derniers des immigrés soumis aux mêmes règles que les autres.

Un moyen de peser sur les négociations

Actuellement, en vertu du principe de libre circulation des travailleurs au sein des pays de l'Union européenne, les ressortissants de l'Union européenne sont exemptés de présenter ce types de documents pour vivre et travailler au Royaume-Uni. Or, cette situation doit prendre fin en décembre 2020, à l'issue de la période de transition post-Brexit, en cas d'accord entre Londres et Bruxelles sur les conditions de la sortie britannique de l'UE. L'abrogation de cette préférence suit une recommandation formulée par le Comité consultatif sur les migrations (CAM) dans un rapport adressé au gouvernement et publié le 18 septembre.

Dans cette étude, le CAM, dont le directeur Alan Manning a pris part lundi 24 septembre à la réunion du cabinet pour exposer ses conclusions, suggère d'élaborer un système d'immigration qui ne favorise pas les citoyens européens issus de l'Espace économique européen si la question de l'immigration n'est pas intégrée aux négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Cependant, cette mesure pourrait être modifiée si le Royaume-Uni parvient à conclure un accord commercial avec l'UE.

Les citoyens de l'UE déjà installés seront épargnés

« Le cabinet s'est mis d'accord sur le fait qu'après la fin de la libre circulation au Royaume-Uni, il sera en mesure de mettre en place un nouveau système fonctionnant dans le meilleur intérêt du pays, notamment pour accroître la productivité », a argumenté, à l'issue de la réunion, une porte-parole de Downing Street.

La Première ministre Theresa May devrait faire part de ses plans en matière d'immigration lors de la conférence de son Parti conservateur, qui s'ouvre ce dimanche à Birmingham (centre de l'Angleterre) pour quatre jours. Elle a rappelé, vendredi 21 septembre, que les droits des citoyens européens déjà installés outre-Manche seraient protégés après le Brexit.

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 02/10/2018 à 9:35 :
En parlant d'immigration :

Cet appel à projets figurait déjà dans le Plan d'investissement compétences annoncé par le gouvernement en novembre 2017, qui vise à intensifier et accélérer l'effort de formation professionnelle des plus vulnérables. «Certains réfugiés ont une qualification, mais ils viennent de pays où il n'y a pas de reconnaissance de diplôme, ou qui s'exercent dans un cadre rendant nécessaire une formation complémentaire», a précisé la ministre lors de sa visite de Singa. «39% des réfugiés arrivant en France n'ont pas pu avoir de qualification professionnelle», a-t-elle toutefois nuancé. De potentiels futurs employés qui ont «vécu la guerre, la persécution» et ont «le courage, l'envie d'apprendre». Et d'ajouter: «On a des métiers en tension où on cherche du monde, donc l'offre et la demande peuvent se retrouver dans une démarche gagnant-gagnant».Cet appel à projets, qui vise à «aller plus loin que les cours de français sur l'accès à la formation et à l'emploi», se distingue du programme «Hope» mêlant formation linguistique et apprentissage dans des secteurs en tension comme le BTP, et qui a bénéficié à un millier de réfugiés, a précisé Muriel Pénicaud.En 2017, la France a accordé l'asile à 43.000 personnes. «Peu de gens savent que les réfugiés ont le droit de travailler» en France, a souligné lundi Judith Aquien, directrice générale d'Action emploi réfugiés, une association dont l'objectif est de favoriser l'intégration des réfugiés par l'emploi.
a écrit le 26/09/2018 à 15:25 :
la commission s'honorerait de ne pas céder au chantage et sacrifier les intérêts de 500 millions d' européens pour quelques centaines de milliers d' expat....dont certains profitent et grassement payés
Réponse de le 26/09/2018 à 17:38 :
LA commission n'est pas décideur, ce sont les autres membres de l'UE. Et après, oui, UK en sortant de l'UE se coupe d'un réservoir de talents et de mains d'œuvre qualifié.
UK ne siffonera plus les européens qualifiés et volontaristes, tant mieux pour ceux qui restent.
a écrit le 26/09/2018 à 9:02 :
. Elle a rappelé, vendredi 21 septembre, que les droits des citoyens européens déjà installés outre-Manche seraient protégés après le Brexit. Mais pour combien de temps ?
Réponse de le 27/09/2018 à 14:08 :
Oui oui ! vite, renvoyons les anglais installés en France depuis longtemps.
Les maisons du Périgord sont trop chères depuis qu'ils sont là en nombre, et je m'en paierais bien une avec ristourne pour ma retraite :-)
a écrit le 26/09/2018 à 8:51 :
En Europe c'est pareil avec le travail détaché !

Les citoyens européens ont les mêmes droits que ceux qui en ont le moins... -_-

Vite un frexit.
Réponse de le 26/09/2018 à 11:39 :
Votre commentaire est à côté de la plaque au R.U la majorité des expats ne sont pas travailleurs détachés mais des citoyens qui ont décidé de tenter leur chance au R.U. Pour ce qui est vite un frexit amusant lorsque l'on voit les pb de Londres avec en prime un pays divisé en deux entre pour et contre. Autre point qui ne favorise pas un Frexit le désordre international autant économique que politico-militaire actuel. bonne journée.
Réponse de le 27/09/2018 à 10:29 :
@ multipseudos:

Vous ne voyez pas que cette mesure n'est ni plus ni moins qu'une protection contre le travail détaché européen anéantisseur de pouvoir d'achat ?

Vous pourriez réfléchir avant de me répondre pour changer svp ? Merci.
a écrit le 26/09/2018 à 8:32 :
hahaha!
bon, si tous les polonais partent, on se demande qui va faire tourner les hotels londoniens!
bon, si par retour les services financiers britanniques sont soumis aux memes regles que tout autre etablissement pour vendre des services en europe, ca va hurler aussi!
bon, ca veut dire qu'il n'y aura pas d'accord, donc que le uk ne va pas demander sa sortie( ' le temps de trouver une solution qui n'existe pas', comme on dit)
a écrit le 26/09/2018 à 7:43 :
Je suis pour un Brexit dur le R.U ne peut avoir accès au marché européen. Par conséquent je trouve le refus d’ octroyer un passe droit aux citoyens de l’Union tout à fait normal et bien sur réciproquement ce qui signifie, même si l‘accord du Touquet est bilatéral et non européen, la fin de cet accord et donc la frontière du R.U à Douvres et non à Calais. Tout comme je suis pour une frontière entre les deux Irlande.
a écrit le 25/09/2018 à 19:51 :
Il semblerait que Mme May fasse tout pou qu'il n'y ait pas d'accord : elle va s'en mordre les doigts, car je ne pense pas que Michel Barnier ou Emmanuel Macron ne cède au chantage !!!
Je pense au contraire qu'en échange, la frontière britannique va se déplacer de quleques kilomètre, de Calais...à Douvres ... bientôt une jungle à Douvres, ce sont les britanniques qui vont être heureux !!!
Réponse de le 26/09/2018 à 8:04 :
"Je pense au contraire qu'en échange, la frontière britannique va se déplacer de quleques kilomètre, de Calais...à Douvres ... " Hélas, non, car les autorités britanniques, bénéficiant de leur position insulaire et plus contraints par les règles européennes, auront toujours la possibilité d'empêcher les clandestins de débarquer et de les refouler vers le continent.
a écrit le 25/09/2018 à 18:42 :
Et un visa de Schengen a 100 Livres pour les Britanniques partant en vacances. Vive les plages de Cornouaille.
a écrit le 25/09/2018 à 17:41 :
Je connais des français qui vont être malheureux, n'oublions pas l'histoire et ce merveilleux peuple ..
a écrit le 25/09/2018 à 17:39 :
Génial, après le Brexit, la France va récupérer une bonne partie des flux d'investissements qui se dirigeait vers la GB.
La France est déja la principale destination des relocalisations des sociétés financières devant l'Allemagne et l'Irlande.
Avec un peu de chance, nous devrions aussi récupérer une bonne partie de la construction des ailes d'Airbus.
Merci les bexiters.
a écrit le 25/09/2018 à 16:37 :
Sur les 4 libertés associées au concept d'UE (libre circulation des hommes, des services, des capitaux et des marchandises), en voila une bien mal traitée !

Ben … ça exclut l'UK de toute formule à la norvégienne ou à la suisse.

Pauvres britanniques.
a écrit le 25/09/2018 à 16:17 :
Sauf que Le RU ne faisant pas partie de l'espace Schengen elle avait déjà toute liberté pour contrôler l'immigration y compris des européens, on s'en est bien rendu-compte du coté de Calais.

Si Londres croit peser en sa faveur avec ce genre de menace j'ai bien peur qu'il ne se trompe et renforce la fuite des cerveaux vers l'Europe qui a déjà bien commencé.

Si jamais vous aviez en Angleterre une entreprise High tech qui ne peut fonctionner qu'avec un recrutement de spécialistes formés un peu partout dans le monde et que vous vous posiez encore la question d'une délocalisation, vous ne vous la posez plus après ce genre de propos, vous faites les cartons.
Réponse de le 26/09/2018 à 8:09 :
... et pas besoin d'aller très loin : l'Irlande fait parfaitement l'affaire, tout comme les Hauts de France ou la Normandie pourraient aussi tirer les marrons du feu si la fiscalité française était moins repoussante.
a écrit le 25/09/2018 à 16:02 :
Budget de l'UE: la Commission prend de nouvelles mesures pour faire en sorte que le Royaume-Uni mette à disposition les droits de douane dus en faveur du budget de l'UE
http://europa.eu/rapid/press-release_IP-18-5807_fr.htm
Brexit: Selon un rapport des Lords britanniques, «aucun accord» coûtera X milliards de dollars par an aux négociants britanniques
https://fr.eureporter.co/frontpage/2018/09/20/brexit-lords-report-estimates-no-deal-will-cost-18-billion-per-year-to-uk-traders/
https://publications.parliament.uk/pa/ld201719/ldselect/ldeucom/187/187.pdf

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