Climat : l'UE devrait atteindre deux de ses trois objectifs pour 2020

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Définis en 2007 et adoptés en 2009, ces trois objectifs sont connus sous le surnom de 3 fois 20.
Définis en 2007 et adoptés en 2009, ces trois objectifs sont connus sous le surnom de "3 fois 20". (Crédits : Pascal Rossignol/Reuters)
Aidée par la crise du Covid-19, l'Union européenne devrait, d'ici la fin de cette année, parvenir à une baisse des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 20% par rapport à 1990 et passer la barre des 20% de renouvelables dans l'énergie consommée, selon un rapport européen officiel publié ce lundi. Elle devrait en revanche échouer à améliorer l'efficacité énergétique de 20%.

Après une baisse de 4% des émissions de gaz à effet de serre en 2019 et avec l'effet attendu du Covid-19, l'Union européenne devrait atteindre voire dépasser deux de ses trois grands objectifs climatiques fixés pour 2020, selon un rapport européen officiel publié ce lundi.

Définis en 2007 et adoptés en 2009, ces trois objectifs sont connus sous le surnom de "3 fois 20": une baisse des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 20% par rapport à 1990, passer la barre des 20% de renouvelables dans l'énergie consommée, et améliorer l'efficacité énergétique de 20%.

Lire aussi : "En 2025, les renouvelables devraient devenir la principale source de production électrique dans le monde", estime l'AIE

Selon le dernier rapport d'étape de l'Agence européenne de l'environnement (EEA), les deux premiers objectifs seront atteints comme prévu pour 2020, tandis que celui de l'efficacité énergétique devrait être manqué.

Les émissions de GES en baisse de 24% depuis 30 ans

En 2019, les émissions dans l'UE (Royaume-Uni exclu) ont diminué de 4%. Soit leur deuxième plus fort recul annuel, derrière 2009 marquée par une forte crise économique, selon l'EEA. Cette baisse porte à -24% la diminution des émissions européennes depuis 1990.

Dans le même temps, selon des données préliminaires de l'agence, la région avait atteint l'an passé une part totale d'énergie consommée à partir de sources renouvelables de 19,4%, proche de la barre des 20%.

Lire aussi : L'Europe veut se muscler à toute vitesse dans l'éolien offshore

Or "tout porte à croire que le ralentissement économique en 2020 a fortement réduit la consommation globale d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre, en particulier dans le secteur des transports, où la part de l'énergie consommée à partir de sources renouvelables a probablement augmenté", note l'agence, même si ces effets pourraient n'être que provisoires.

La France en tard en matière de renouvelables

Si l'objectif devrait être atteint globalement pour les renouvelables, selon l'EEA, 14 États membres, dont la France, la Belgique et l'Allemagne, sont encore en retard pour atteindre leur objectif national.

Le sous-objectif d'atteindre 10% de renouvelable dans les transports reste lui "fragile", tempère l'agence. En 2018, il n'était que de 8,3%, selon ses dernières données officielles.

Quant au troisième objectif - l'efficacité énergétique, c'est-à-dire la consommation d'énergie rapportée à la richesse produite - l'agence estime que les efforts pour l'atteindre n'ont pas été "suffisants" pour une majorité de pays.

Après 2020, la Commission vise une réduction d'au moins 55% des émissions européennes en 2030 par rapport au niveau de 1990, contre un objectif de 40% actuellement, afin d'atteindre la "neutralité carbone" en 2050.

Lire aussi : Comment l'Union européenne veut atteindre la neutralité carbone en 2050

Les résultats annoncés lundi montrent qu'il est "clairement possible d'atteindre des objectifs plus ambitieux", selon l'EEA, même si les objectifs pour 2030 et 2050 exigeront des "efforts soutenus et à long terme".

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a écrit le 01/12/2020 à 4:29 :
L'économie française étouffe pour que les oligarques chinois puissent respirer... merci l'UERSS!
a écrit le 30/11/2020 à 19:15 :
Sauf que les importations de gaz sont en hausse. Et, évidemment, importer du gaz naturel, non seulement cela coûte cher (75 milliards d'euros pour l'Europe en 2019) mais en plus, en amont, cela émet beaucoup de gaz à effet de serre, à cause des fuites de méthane. Surtout quand le gaz vient de Russie. Comme l'explique une étude de 2019, si on prend en compte les émissions en amont, cela augmente de les émissions de gaz à effet de serre de 144% sur 20 ans et de 70% sur 100 ans d'une centrale fonctionnant au gaz russe.
a écrit le 30/11/2020 à 15:05 :
La France est en dessous de 1% pour la production de GES, cependant si nous rajoutons toutes les importations cela ferait combien, y compris sur les systèmes ENRI.
Réponse de le 30/11/2020 à 15:49 :
tu veux dire que les émissions françaises ont baissé de 1% en 2019 (après une baisse de 4% en 2018), non ?
la France est parmi les pays riches ayant les plus faibles émissions de GES par habitant, avec Suisse et Suède.
les émissions hexagonales doivent être à 6,5 (voire 6,4) tonnes par habitant en 2019 (voir Indicateurs de richesse nationale - Empreinte carbone, INSEE, 23/12/2019, et les données 2019 publiées par La Tribune le 24 juin dernier).
le UK est à 7 tonnes et l'Allemagne à 10,5.
les émissions françaises seraient encore plus basses si la construction (logements/infrastructures) était aussi basse que chez UK/Allemagne.
Réponse de le 30/11/2020 à 16:12 :
si les pays à qui on achète font également des efforts pour baisser leurs émissions, c'est tout bon (globalement). La Norvège vend du pétrole mais roule en électrique (et surtaxe l'essence, l'idéal étant gazole ou électricité), le CO2 qu'elle génère (indirectement) avec le pétrole n'est pas compté chez elle.
Quand on achète des avocats il devrait y avoir les grammes CO2 générés par la culture et les transports.

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