Concurrence : l'UE inflige 798 millions d'euros d'amende à Meta
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Facebook a lancé Marketplace en 2016 et s'est étendu à plusieurs pays européens un an plus tard.
Yves Herman
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Facebook a lancé Marketplace en 2016 et s'est étendu à plusieurs pays européens un an plus tard.
Yves Herman
[Article publié le jeudi 14 novembre 2024 à 15H05, mis à jour à 15H19] Coup dur pour Meta. Ce jeudi, la Commission européenne a annoncé avoir infligé une amende de 798 millions d'euros à l'entreprise derrière Facebook pour avoir enfreint les règles de concurrence. L'amende annoncée jeudi est la septième plus grosse jamais prononcée par l'UE pour pratiques anticoncurrentielles (hors cas de cartels), dans un classement dominé par Google, Apple et Intel.
Elle lui reproche notamment d'avoir lié son service d'annonces publicitaires en ligne, Facebook Marketplace, à son réseau social. Bruxelles estime que le géant a imposé des « conditions commerciales déloyales » à d'autres fournisseurs de services d'annonces publicitaires en ligne.
Meta a aussitôt réagi en annonçant qu'il ferait appel de cette décision qui « ignore les réalités du marché européen ». Le californien toutefois précisé qu'en attendant, il se conformerait et travaillerait rapidement et de manière constructive pour lancer une solution qui réponde aux points soulevés.
La décision de la Commission européenne intervient deux ans après avoir accusé le géant américain de la technologie d'avoir donné à son service de petites annonces Facebook Marketplace un avantage déloyal en regroupant les deux services.
Pour rappel, Facebook a lancé Marketplace en 2016 et s'est étendu à plusieurs pays européens un an plus tard. Et l'Union européenne a ouvert une procédure formelle sur une éventuelle conduite anticoncurrentielle de Facebook en juin 2021 et, en décembre 2022, a fait part de ses inquiétudes quant au fait que Meta lie son réseau social dominant Facebook à ses services de petites annonces en ligne.
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Cette sanction de l'Union européenne contre Meta n'est pas la première. En septembre, la maison mère de Facebook, Instagram et WhatsApp a été condamnée à payer 91 millions d'euros par le régulateur irlandais. Le motif : avoir enfreint le règlement européen sur les données (RGPD) en manquant de transparence, après une faille de sécurité affectant les mots de passe des utilisateurs. Dans cette nouvelle décision, la Commission irlandaise pour la protection des données (DPC), qui agit pour le compte de l'Union européenne, reproche à Meta de n'avoir pas mis en place des mesures de sécurité appropriées en amont, mais aussi d'avoir mis trop de temps à l'informer du problème.
Et la liste des sanctions est en réalité longue. En septembre 2021, le groupe écope de 225 millions d'amendes pour son manque de transparence dans « le traitement des informations entre WhatsApp et d'autres compagnies de Facebook ». En mars 2022, il reçoit une amende de 17 millions pour avoir échoué à mettre en place des mesures de protection des données. Rebelote six mois plus tard, en septembre 2022, avec une amende record de 405 millions d'euros pour des manquements dans le traitement des données des mineurs, puis en novembre 2022, avec 265 millions d'euros pour n'avoir pas protégé suffisamment les données des utilisateurs de Facebook. En janvier 2023, il reçoit deux nouvelles amendes totalisant 390 millions d'euros pour avoir violé « ses obligations en matière de transparence » et pour son traitement des données personnelles « à des fins de publicité » ciblée. Puis l'Europe lui inflige demande à nouveau 5,5 millions d'euros quelques jours plus tard pour un manque de transparence concernant WhatsApp.
Mais le géant numérique ne reste pas immobilier. Fin 2023, il a instauré un abonnement sans publicité dans l'UE « afin de se conformer à l'évolution des exigences réglementaires » du règlement général sur la protection des données (RGPD) et celui sur les marchés numériques (DMA).
En dehors de cet abonnement, le groupe a annoncé mardi qu'il allait permettre d'opter pour des publicités « moins personnalisées », et donc moins gourmandes en données personnelles, à ses utilisateurs dans l'Union européenne. Les internautes européens accédant gratuitement à ses réseaux sociaux auront désormais la possibilité de choisir entre des publicités personnalisées, basées sur leurs données personnelles, ou « des publicités moins personnalisées », a-t-il expliqué dans un communiqué.
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Celles-ci seront « basées uniquement sur le contexte - ce qu'une personne voit lors d'une session particulière sur Facebook et Instagram - et sur un ensemble minimal de data, notamment l'âge, la localisation et le genre d'une personne », promet Meta. Mais s'il fait ce choix, l'utilisateur ne pourra pas passer certaines publicités, qui resteront affichées pendant quelques secondes.
(Avec Agences)
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