Crise migratoire : le bras de fer se durcit entre Bruxelles et l'Italie

Le vice-président du Conseil italien et leader du mouvement Cinq étoiles, Luigi di Maio, et le ministre de l'Intérieur et chef de file de la Ligue (extrême-droite) Matteo Salvini, ont menacé vendredi de réduire la contribution italienne au budget européen tant que la question migratoire ne serait pas résolue .
Les tensions entre l'Italie et ses partenaires européens se sont accrues depuis l'arrivée au pouvoir début juin à Rome de la coalition formée par la Ligue et les contestataires du Mouvement 5 Etoiles. Matteo Salvini a affirmé à plusieurs reprises que l'Italie, où plus de 650.000 migrants ont débarqué depuis 2014, ne serait plus le camp de réfugiés de l'Europe
Les tensions entre l'Italie et ses partenaires européens se sont accrues depuis l'arrivée au pouvoir début juin à Rome de la coalition formée par la Ligue et les contestataires du Mouvement 5 Etoiles. Matteo Salvini a affirmé à plusieurs reprises que l'Italie, où plus de 650.000 migrants ont débarqué depuis 2014, "ne serait plus le camp de réfugiés de l'Europe" (Crédits : Antonio Parrinello)

Le Commissaire européen à la Migration Dimitris Avramopoulos a estimé que les attaques de l'Italie contre l'Union européenne, accusée d'absence de solidarité dans la gestion des migrants, revenaient à "se tirer une balle dans le pied".

"Je pense que les hommes politiques de votre pays devraient comprendre que vous n'êtes pas seuls en ce moment, que l'Europe cherche à vous aider. Au contraire, qui attaque l'UE se tire une balle dans le pied", a-t-il estimé dans une interview publiée dimanche par le quotidien La Repubblica (gauche).

Menaces de représailles

Les hommes forts du gouvernement italien, Matteo Salvini, chef de la Ligue (extrême droite) et Luigi Di Maio, chef du Mouvement 5 Etoiles (antisystème), menacent depuis plusieurs jours l'UE de représailles, essentiellement sur le plan de la participation italienne au budget communautaire en raison de l'affaire des migrants sur le Diciotti.

Environ 150 migrants sont restés bloqués pendant des jours sur le navire des gardes-côtes italiens Diciotti dans le port sicilien de Catane, aucun pays européen n'ayant accepté d'en accueillir une partie.

Les migrants ont finalement débarqué dans la nuit de samedi à dimanche à la suite de l'accord de l'Eglise italienne, de l'Albanie et de l'Irlande de se répartir ces personnes.

"La Commission dit clairement non aux menaces, elles sont inacceptables. Tous les gouvernements sont tenus de respecter les obligations qui découlent de l'appartenance à l'UE", a poursuivi M. Avramopoulos. "Nous ne pouvons pas aller de l'avant avec des solutions ad hoc pour chaque navire. Le phénomène migratoire ne s'arrêtera pas rapidement donc nous devons le gérer tous ensemble comme une unique famille européenne", a ajouté le commissaire européen.

Dimanche à Bruxelles, M. Avramopoulos a salué le débarquement des migrants qui se trouvaient à bord du Diciotti, rappelant encore une fois que l'UE "a besoin de mesures structurelles" pour gérer les questions liées à l'immigration.

M. Di Maio, également vice-Premier ministre, comme Matteo Salvini, est cependant monté au créneau une nouvelle fois dimanche, réitérant ses menaces à l'UE.

"Dans la programmation européenne (des fonds communautaires, ndlr) l'Italie a le droit de mettre son veto car elle a le droit d'être écoutée. Si leur système de solidarité fonctionne comme ça (comme dans le cas du Diciotti, ndlr) nous ne donnerons plus un euro à l'UE", a-t-il dit dans une interview télévisée.

Les élections européennes en vue

"Les bureaucrates européens doivent prendre conscience qu'ils ont les heures comptées, aux prochaines élections européennes (en mai 2019, ndlr) ils seront balayées. Ce sera un séisme encore plus fort que les élections italiennes du 4 mars" qui ont vu la victoire des antisystème, a ajouté M. Di Maio.

Il a cependant estimé que lors de la prochaine arrivée de migrants, "les autres pays devront donner un coup de main". "Nous ne faisons pas de la politique sur la peau des migrants. Quand un autre navire arrivera, nous les aiderons, comme toujours, mais d'autres pays devront nous donner un coup de main", a-t-il dit, sans préciser s'il pensait à des Etats-membres de l'UE.

L'Albanie a offert samedi d'accueillir 20 personnes parmi celles présentes sur le Diciotti, tandis que la presse fait état de contacts du gouvernement italien dans ce domaine avec la Serbie et le Monténégro également.

(Avec AFP)

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 30
à écrit le 28/08/2018 à 17:56
Signaler
Et nos restaurateurs qui votent généralement à droite quelqu'un y pense ? Et si l’une des solutions à cette pénurie de main-d’œuvre était d’embaucher des migrants ? C’est l’idée présentée par les professionnels du secteur au gouvernement, le 19 ju...

à écrit le 27/08/2018 à 20:10
Signaler
Là, c'était un bateau des gardes cotes italiennes. Il suffirait pour les Italiens d'interdire l'entrée dans leurs eaux territoriales à tout navire étranger dont on ne pourrait contrôler l'absence de risque sanitaire des occupants pour continuer à ex...

à écrit le 27/08/2018 à 15:55
Signaler
1) l'immigration doit être contrôlée comme aux USA Canada Australie personne n' entre dans le pays sans autorisation (éliminer le droit au regroupement) 2) les illégaux (les immigrants économiques Egyptiens, Tunisiens, Marocains ...) doivent être re...

le 28/08/2018 à 15:15
Signaler
Tout a fait raison. Il faut faire le "tri" à l'arrivé et renvoyer les "migrants" dans leur pays ou en Lybie, s'ils ne savent pas d'où ils viennent, et distribuer les vrais "réfugiers" dans les pays de l'UE. Mème le Pérou arrive a organiser des avions...

à écrit le 27/08/2018 à 15:48
Signaler
De qui se moque-t-on? Luigi di Maio ne cesse de critiquer l'UE mais maintenant il réclame de l'aide . On dirait un ado ingrat qui réclame de l'argent de poche à ses parents. Drôle d'attitude pour quelqu'un qui cherche à émanciper l'Italie du joug de...

à écrit le 27/08/2018 à 15:39
Signaler
Quelques questions simples pour toutes les bonnes âmes,dont j'aimerais avoir une réponse. -comment tous ces gens misérables peuvent avoir des milliers de dollars pour payer des passeurs? -comment sont financées les ONG dont les bateaux font la nave...

le 28/08/2018 à 18:50
Signaler
Pas de financement " occulte " mais celui du milliardaire Georges Soros et sa fondation Open Society, dont curieusement, aucun média ne parle. Pourtant 1/3 environ des membres du parlement européen sont liés à cette fondation.

à écrit le 27/08/2018 à 10:44
Signaler
L'europe de Bruxelles est néfaste aux peuples de l'Europe. L'Italie, le Portugal, l'Espagne et la France doivent organiser leur sortie. c'est la seule solution.

le 27/08/2018 à 11:01
Signaler
Imaginons un instant que l'Italie soit aujourd'hui en dehors de l'Europe, et bien une chose serait certaine, c'est qu'elle se débrouillerait SEULE face à cette crise migratoire. Les pays frontaliers du Nord fermeraient encore plus drastiquement leurs...

le 27/08/2018 à 11:55
Signaler
c est sur que si on veut se ruiner, il faut sortir de l UE et reintroduire la pesetas, la lire, la drachme et le franc francais. On peut aussi demander a Maduro de nous donner un coup de main, Melanchon risque d etre un peu mou du genou

à écrit le 27/08/2018 à 10:16
Signaler
Il suffit que l EU rénumére l Albanie et le Kosovo pour l accueil de tous les nouveaux réfugiés et lorsque ces derniers se rendront compte à quoi ressemble l Europe , ils n auront plus envie de partir de leur pays ..

le 27/08/2018 à 11:56
Signaler
parce que vous croyez qu il vont rester au Kosovo ?

à écrit le 27/08/2018 à 9:59
Signaler
Y a t il quelqu un pour expliquer au nostalgique des années 40 et a celui de 1917 que les décisions Européenne sur l immigration sont issues des chefs de gouvenement, donc d eux, et non de la commission ou d une chose obscure et informelle qui serai...

le 27/08/2018 à 16:03
Signaler
Si un pays sort de l'U E le pays peut et a le droit d' interdire l'arrivée de migrants économiques comme aux USA Canada Australie dans ces pays les douaniers ont le droit de vous refouler sans autres explications. L'Union Européenne doit avoir une ...

à écrit le 27/08/2018 à 9:13
Signaler
l'Italie est dans son bon droit ! , l'UE ne fait que confirmer l'insondable hypocritie dont elle fait preuve depuis le début de cette crise migratoire !

le 27/08/2018 à 15:52
Signaler
Pourquoi dans son bon droit? L'Italie ne demande pas à bénéficier d'un droit, elle demande de l'aide nuance.

à écrit le 27/08/2018 à 8:53
Signaler
GRÈCE : Yanis Varoufakis dit aux Grecs de se préparer à abandonner l’euro et à revenir à la drachme (article du TIMES de Londres) Le dernier plan d’aide international à la Grèce a pris officiellement fin lundi 20 août 2018. À cette occasion, le gr...

à écrit le 27/08/2018 à 8:52
Signaler
Mince, l'UE repus à la compromission, à l'inaction et à l'incompétence est sommée de travailler ! "Quoi ? Travailler !? Non mais ça va pas ?! Alors là ça va pas se passer comme ça hein !?" Vite un frexit.

à écrit le 27/08/2018 à 8:14
Signaler
Salvani president de l Europe 🇮🇪

à écrit le 26/08/2018 à 23:38
Signaler
Tiens bon Matteo salvani vive l Italie 🇮🇹

à écrit le 26/08/2018 à 23:16
Signaler
Il se coucha... Le problème majeur de l'extrême droite c'est la médiocrité crasse de son personnel. Salvini a pété les plombs après sa nomination. Il se croit tout permis et la justice vient de lui rappeler ce qu'est un état de droit, sous la f...

le 27/08/2018 à 16:25
Signaler
Le parquet fait son travaille, face aux 177 immigrants (qui en réalité représente les 800 000 et + immigrants qui ont débarqués depuis plusieurs années) il faut un blocus total voir comme aux USA Canada Australie et renvoyer les immigrants économ...

le 28/08/2018 à 5:13
Signaler
En 2022, sera elue une certaine Marion. Vous constaterez alors un brusque virage dans la politique de votre pays. Les populismes se nourricent de la haine de l'autre. Notion tres a la mode dans votre pays. Bonne chance.

à écrit le 26/08/2018 à 21:54
Signaler
ce que bruxelles n'a pas compris, c'est que l'europe a ete construite pour qu'il y ait des flux inter pays europeens......... pas des flux d'accueil de la misere de la terre qu'ils continuent comme ca, et c'est pas salvini qu'ils vont recolter, ca ...

à écrit le 26/08/2018 à 21:21
Signaler
Nous ne pouvons que féliciter les Italiens d'avoir mis au pouvoir un gouvernement qui lutte massivement et efficacement contre l'immigration illégale et qui défend l'identité italienne. Le message italien est limpide : pas d'immigrés illégaux sur l...

à écrit le 26/08/2018 à 16:39
Signaler
A 1 milliard près, l'Italie reçoit presque autant que ce qu'elle donne à l'Europe. Ce qui se cache derrière toutes ces fanfaronnades italiennes, c'est la Mafia. Et ceux qui vont payer les pots cassés, ce sont les italiens modestes, les classes moyen...

le 27/08/2018 à 16:24
Signaler
cela n'est pas exact voici les chiffres de 2016 (en 2017 cela a été encore plus important): https://www.touteleurope.eu/actualite/budget-europeen-pays-contributeurs-et-pays-beneficiaires.html L' Allemagne, la France et l'Italie sont des contrib...

à écrit le 26/08/2018 à 16:33
Signaler
Salvini président de l'Europe.

à écrit le 26/08/2018 à 16:30
Signaler
Que les gogos au gouvernement en Italie continuent, cela coûte:10 ans Italien 3.16 % Cordialement

le 27/08/2018 à 19:07
Signaler
Le profil des détenteurs de créances publiques italiennes a beaucoup changé ces dernières années, relevait récemment Erik Nielsen, l'économiste en chef de la banque italienne Unicredit. La moitié est désormais détenue par des Italiens, dont un tiers ...

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.