Crise politique en Allemagne : le budget ne devrait pas être adopté tout de suite
latribune.fr

Le budget 2025 allemand ne risque pas d'être tout de suite adopté d'après le nouveau ministre des Finances allemand, Jörg Kukies.
Reuters
latribune.fr

Le budget 2025 allemand ne risque pas d'être tout de suite adopté d'après le nouveau ministre des Finances allemand, Jörg Kukies.
Reuters
Le budget 2025 allemand ne risque pas d'être adopté tout de suite, selon le nouveau ministre des Finances, Jörg Kukies. Il a jugé ce mardi « pas réaliste » son adoption avant les élections anticipées. Pour rappel, ces dernières ont été fixées au 23 février. Le budget devait à l'origine être bouclé à la mi-novembre. C'était sans compter la rupture de la coalition dirigée par le chancelier Olaf Scholz.
Résultat, l'Allemagne pourrait être contrainte de fonctionner avec un budget minimal provisoire. Le ministre a néanmoins assuré que « cela n'a rien d'exceptionnel ni de techniquement problématique », selon un cas prévu dans la Loi fondamentale allemande. « Une gestion provisoire n'est pas idéale et comporte le risque de retarder certains nouveaux projets, mais d'un autre côté, le gouvernement fédéral pourra honorer toutes les dépenses nécessaires et les engagements pris », a-t-il rassuré.
Jörg Kukies, ancien banquier d'affaire jusqu'alors conseiller du chancelier, a remplacé au pied levé le libéral Christina Lindner, limogé au terme d'une énième dispute au sein du gouvernement. Il compte sur un effet de rattrapage dans le déblocage des dépenses une fois que le budget sera adopté, de sorte qu'il n'y aura « pas d'effets négatifs sur la croissance annuelle globale ».
Pour rappel, Berlin prévoit un rebond de 1,1% du produit intérieur brut en 2025, après un rempli de 0,2% cette année, qui suit celui de 0,3% subi en 2023. Les milieux économiques, de l'automobile aux banques en passant par la chimie, estiment qu'il faut agir rapidement pour éviter à l'économie de s'enfoncer davantage.
D'autant que la première économie européenne se débat dans une grave crise industrielle et s'inquiète des répercussions pour son commerce et sa sécurité de l'élection du républicain Donald Trump à la tête des États-Unis.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Après l'éclatement de la coalition d'Olaf Scholz minée par les désaccords, l'Allemagne se dirige vers des élections législatives anticipées le 23 février prochain et une très probable alternance à la tête du pays. La date du scrutin, qui a fait l'objet de plusieurs jours de bras de fer, a été approuvée par le principal parti d'opposition, les conservateurs de la CDU/CSU et le parti social-démocrate de Scholz.
Auparavant, le 16 décembre, le chancelier se soumettra au vote de confiance des députés du Bundestag, la chambre basse du parlement où il n'a plus de majorité, a annoncé le chef du groupe SPD au parlement Rolf Mützenich Ce calendrier offre désormais un peu de visibilité au pays. La rupture brutale de la coalition tripartite au pouvoir depuis trois ans, liée à des désaccords sur la politique économique devenus insurmontables, a plongé le pays dans une situation inédite.
À lire également
Avec cette crise, le chef des conservateurs Friedrich Merz, ancien grand rival d'Angela Merkel, voit son rêve d'accéder à la chancellerie, se rapprocher. Son parti est donné largement gagnant du scrutin.
(Avec AFP)
latribune.fr