Espagne : la croissance devrait atteindre 2,8% cette année
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L'Espagne devrait accueillir 90 millions de touristes étrangers cette année.
JON NAZCA
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L'Espagne devrait accueillir 90 millions de touristes étrangers cette année.
JON NAZCA
Bonne nouvelle pour la croissance espagnole. La Banque d'Espagne a relevé ses prévisions. Dans le détail, la croissance du pays devrait ainsi atteindre 0,6% au troisième trimestre, après 0,8% lors des deux trimestres précédents. Sur l'ensemble de 2024, la hausse du produit intérieur brut (PIB) atteindrait 2,8%, soit 0,5 point de plus que les 2,3% jusqu'alors attendus.
La prévision de la Banque d'Espagne est plus optimiste que celle du gouvernement de Pedro Sánchez, qui s'attend à une croissance de 2,4% cette année.
L'institution explique cette dynamique par « une combinaison de facteurs » allant de « l'augmentation de la population via les flux migratoires » à « la résistance de l'industrie manufacturière », en passant par la « solidité de la demande extérieure », portée par le tourisme international.
En effet, selon l'organisation patronale Exceltur, le pays d'Europe du Sud devrait accueillir 90 millions de touristes étrangers cette année, contre 85,1 millions l'an dernier. Les recettes générées par le tourisme devraient, quant à elles, dépasser pour la première fois la barre des 200 milliards d'euros. Ce « dynamisme extraordinaire » s'accompagne d'un « processus de diversification géographique et saisonnière », permettant de mieux répartir les retombées économiques du tourisme sur le territoire et dans le temps, insiste la Banque d'Espagne dans sa note économique.
L'Espagne a ainsi enregistré l'an dernier une croissance de 2,5%, bien supérieure à la moyenne de l'Union européenne (0,4%). Cette dynamique a permis à Madrid de ramener son déficit public de 4,7% à 3,7% du PIB, et son taux de chômage de 12,87% à 11,80%. Le Premier ministre socialiste Pedro Sánchez parie même sur une nouvelle réduction du nombre de demandeurs d'emplois, attendu à 11% de la population active fin 2024.
Le gouvernement s'est aussi engagé à ramener cette année le déficit public sous la barre des 3%. L'Espagne n'est d'ailleurs pas visée par la procédure pour déficit excessif, ciblant sept États membres, dont la France. Tous ont dépassé l'an dernier la limite de déficits publics fixée à 3% du produit intérieur brut (PIB) par le Pacte de stabilité, qui limite aussi la dette à 60% du PIB. Les pays concernés - la Belgique, l'Italie, la Hongrie, Malte, la Pologne et la Slovaquie - devront prendre des mesures correctrices pour respecter à l'avenir ces règles budgétaires.
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La prévision de la Banque d'Espagne est de surcroît nettement supérieure à la croissance attendue dans la zone euro. Sur le Vieux continent, la Banque centrale européenne anticipe une croissance de 0,6% en 2024, contre 0,8% prévu en décembre. Le Fonds monétaire international (FMI) a, lui, pronostiqué le 16 juillet une croissance du PIB de 0,9% dans la zone euro, contre 2,6% aux Etats-Unis et 5% en Chine.
Outre l'Espagne, le Portugal enregistre, lui aussi, de bonnes performances économiques. Son PIB a progressé de 0,1% au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent, après une hausse de 0,8% enregistrée au cours des trois premiers mois de l'année.
Pour rappel, en 2023, le Portugal avait connu une croissance économique de 2,3%, parmi les plus fortes de l'Union européenne, portée notamment par les exportations. Pour cette année, la croissance devrait s'établir à 1,5%, puis à 1,9% l'année prochaine, selon les dernières prévisions publiées à la mi-avril dans le programme de stabilité pour la période 2024-2028 remis à Bruxelles. De son côté, la Banque du Portugal table sur une croissance de 2% cette année puis 2,3% en 2025.
De fait, l'ancien bon élève de l'Europe, l'Allemagne, traverse une période difficile. Le pays a enregistré au deuxième trimestre une baisse de 0,1% de son produit intérieur brut (PIB), signe du marasme persistant que connaît la première économie européenne. La plus grande économie de la zone euro a connu des difficultés pendant la majeure partie de l'année 2023, son secteur industriel étant embourbé dans une profonde récession due à des ventes à l'exportation anémiques. La demande s'est toutefois redressée ces derniers mois, suggérant que l'économie allemande pourrait connaître un début de reprise.
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En France, la Banque de France a indiqué prévoir une croissance « aux alentours de 0,4% » au troisième trimestre. Une hausse notable par rapport au 0,2% du deuxième trimestre qui est liée aux retombées positives des Jeux olympiques et paralympiques. Pour l'ensemble de l'année, l'Insee table toujours sur une croissance du PIB de 1,1% pour 2024.
(Avec AFP)
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