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ÉconomieUnion européenne

Inflation, prix de l'énergie : après la récession en 2023, le moteur allemand ne va pas redémarrer tout de suite

latribune.fr

Publié le 30 janvier 2024 à 11:28 - Mis à jour le 30 janvier 2024 à 11:37

L'Allemagne est plombé par la crise de son puissant secteur industriel, qui représente environ 20% de la richesse produite.

L'Allemagne est plombé par la crise de son puissant secteur industriel, qui représente environ 20% de la richesse produite.

DR

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

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L'Allemagne a enregistré un recul de 0,3% de son PIB au quatrième trimestre 2023 ainsi que sur l'ensemble de l'année. Cela confirme la faiblesse de la première économie européenne dont l'industrie et les exportations tournent au ralenti depuis plusieurs mois. Le début 2024 s'annonce d'ailleurs déjà inquiétant.

C'est confirmé : la première puissance européenne a vu son produit intérieur brut (PIB) se contracter de 0,3% sur l'ensemble de 2023. L'Office national des statistiques Destatis l'a annoncé ce mardi 30 janvier, confirmant la première estimation de mi-janvier. Pour rappel, l'Allemagne avait enregistré une croissance de +1,8% en 2022.

« Après une stagnation de l'économie allemande au cours des trois premiers trimestres, la production économique a diminué au quatrième trimestre 2023 »de 0,3% également,a-t-il détaillé.

Le pays est plombé par la crise de son puissant secteur industriel, qui représente environ 20% de la richesse produite. Sa production reste inférieure de plus de 9% à son niveau d'avant la pandémie en raison d'une conjonction de facteurs. Le secteur a été d'abord plombé tout au long de l'année par une demande intérieure atone, en raison de l'inflation et des hausses de taux d'intérêt de la Banque centrale européenne (BCE). La branche a aussi été pénalisée par des exportations moins dynamiques, sur fond de tensions géopolitiques et de plus faibles demandes en produits allemands en Chine et aux États-Unis.

Mais surtout, les prix de l'énergie restent relativement élevés pour l'industrie face à ses concurrents internationaux.

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« Croissance allemande » : une contre-performance à relativiser

2024 inquiète déjà

Et après ce mauvais résultat de fin d'année, le démarrage de 2024 est également inquiétant. Le moral des entrepreneurs en Allemagne a de nouveau reculé en janvier, déjouant les attentes des analystes. « Les entreprises de presque tous les secteurs de l'économie se plaignent de la baisse de la demande. Dans l'industrie manufacturière et la construction, les importants carnets de commandes accumulés par les entreprises pendant la pandémie de coronavirus ont maintenant fondu », a déclaré Timo Wollmershäuser, responsable des prévisions à l'Ifo, dans un communiqué mardi.

Les analystes de l'Institut économiques Ifo disent tabler sur une baisse de 0,2% du PIB au premier trimestre, qui conduirait l'Allemagne en récession technique (deux trimestres d'affilée de baisse du PIB).

« Bon nombre des récents freins à la croissance seront toujours présents au moins pendant les premiers mois de 2024, et auront, dans certains cas, un impact encore plus fort qu'en 2023 »,prédit Carsten Brzeski, analyste chez ING.

S'y ajoutent de nouveaux risques pour la croissance : les grèves des conducteurs de train allemands qui ont paralysé le pays en début d'année et les perturbations de la chaîne d'approvisionnement dues au conflit militaire en mer Rouge. « L'économie allemande ne semble pas prête de quitter de sitôt la zone crépusculaire entre récession et stagnation », affirme encore l'expert.

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Les conducteurs de train entament la plus longue grève de l'histoire ferroviaire allemande

Les prévisions de croissance pour 2024 sont en tout cas très variables d'une institution à l'autre. L'Institut économique IW table sur une baisse du PIB allemand de 0,5%. A contrario, le gouvernement prévoit une reprise de la croissance à +1,3%. De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) présage un rebond de 0,9%.

En-dessous des autres puissances européennes

Il ressort par ailleurs que la croissance de la première puissance européenne en 2023 s'affiche même en dessous de la moyenne de la zone euro, qui a atteint +0,5%, selon les chiffres sortis par Eurostat ce mardi également. Parmi les pays qui s'en sont plutôt bien sortis : la France qui a vu son PIB augmenter de +0,9% sur l'ensemble de l'année. Cela reste néanmoins bien en-deçà des +2,5% de 2022.

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L'économie française en pleine stagnation

Autre pays au-dessus de la moyenne : l'Italie. Son PIB a augmenté de +0,7% en 2023, contre +0,8% attendu par le gouvernement Meloni, selon une première estimation. C'esr là aussi loin de la croissance enregistrée l'année précédente : +3,7%. Le pays a été pénalisé par les affres de l'Allemagne, son principal partenaire commercial. Mais des lueurs d'espoir pointent au bout de la botte : l'Italie peut compter sur les fonds du plan de relance européen, dont elle est la première bénéficiaire avec un montant de 194,4 milliards d'euros d'ici à 2026. Et l'inflation a fortement baissé, passant de 8,1% en 2022 à 5,7% en 2023.

Pour autant, les prévisions pour 2024 restent faibles. La Banque d'Italie s'attend à une croissance de 0,6%, en raison des « signes d'une faiblesse » de la conjoncture « plus prolongée » que prévu, bien inférieure à celle escomptée par le gouvernement, qui mise toujours sur 1,2%.

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L'Espagne a fait encore mieux avec une croissance qui a atteint +2,5%, à la faveur notamment d'un quatrième trimestre solide (+0,6%), selon une première estimation. Si c'est bien mieux que ses voisins c'est, là encore, très loin de son niveau de 2022 (+5,8%). Selon l'institut national du pays, la quatrième économie de la zone euro a bénéficié l'an dernier d'une forte consommation des ménages, le gouvernement ayant multiplié les mesures favorables au pouvoir d'achat afin de compenser la forte inflation. D'après l'exécutif, la croissance devrait se maintenir à un niveau solide en 2024 (+2%), notamment grâce au déploiement du plan de relance européen post-Covid. Une hypothèse jugée optimiste par la quasi totalité des organismes réalisant des prévisions économiques - à l'image du FMI, qui parie sur une hausse du PIB de 1,7%, et de l'OCDE, qui s'attend à 1,5%.

(Avec AFP)

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