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ÉconomieUnion européenne

L'Allemagne évite la récession au troisième trimestre, malgré un recul de son PIB

latribune.fr

Publié le 30 octobre 2023 à 11:10 - Mis à jour le 30 octobre 2023 à 14:17

Le recul du PIB allemand pour l’ensemble de l’année 2023 est un scénario qui fait aujourd'hui pleinement consensus, y compris du côté du gouvernement allemand.

Le recul du PIB allemand pour l’ensemble de l’année 2023 est un scénario qui fait aujourd'hui pleinement consensus, y compris du côté du gouvernement allemand.

HANNIBAL HANSCHKE

Le Quotidien Numérique

16 juillet 2026

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La première puissance européenne a vu son PIB baisser de -0,1% au troisième trimestre par rapport au précédent. L’économie allemande est affaiblie par les hausses de taux d'intérêt, l'inflation et les coûts de l'énergie qui pèsent sur l'industrie. Mais grâce à une révision à la hausse de sa croissance au deuxième trimestre, le pays échappe encore à la récession.

L'économie allemande fait de la résistance. Son produit intérieur brut (PIB) a néanmoins bien baissé au troisième trimestre par rapport au précédent (-0,1%), selon une première estimation de Destatis publiée ce lundi 30 octobre. Une diminution d'ailleurs moindre que ce que prévoyait le consensus d'experts interrogés par le fournisseur d'informations financières Factset, qui tablait sur une baisse de -0,2%.

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Mais l'institut national des statistiques a dans le même temps révisé à la hausse les chiffres des trimestres précédents pour la première économie européenne. Le PIB allemand a finalement progressé de +0,1% au deuxième trimestre, après une croissance nulle au premier trimestre. Ce qui est loin d'être anodin : l'Allemagne n'est ainsi pas entrée en récession technique, qui se définit par deux trimestres de baisse consécutive du PIB.

« Toujours coincée entre des vents contraires cycliques et des défis structurels, l'économie allemande est retombée en territoire négatif au troisième trimestre, avec très peu de répit en vue »,souligne toutefois Carsten Brzeski de la banque ING.

L'inflation continue elle aussi de ralentir, après les sommets atteints en raison de la crise des prix de l'énergie accentuée par l'invasion russe de l'Ukraine. L'indice a de nouveau reculé en octobre, à 3,8% sur un an, son plus bas niveau depuis août 2021 et son quatrième mois de baisse d'affilée depuis juin où il s'était encore établi à 6,4%.

Une économie qui« fait du surplace »

Si la performance économique de l'Allemagne cette année a été « un peu meilleure que ce que nous avions craint », selon Jens-Oliver Niklasch, économiste chez LBBW, cela ne « change pas la situation globale » à ses yeux. À savoir que « l'économie allemande fait plus ou moins du surplace ».

Le PIB allemand avait subi une première contraction au quatrième trimestre 2022 avec une baisse de 0,4%, dans le sillage de la guerre en Ukraine et de ses conséquences sur les prix de l'énergie pour la puissance industrielle allemande, jusqu'alors très dépendante du gaz russe. La première économie européenne est aujourd'hui affaiblie par la crise des prix de l'énergie, les hausses des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne pour lutter contre l'inflation et l'affaiblissement d'importants partenaires économiques mondiaux, comme la Chine.

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Le recul du PIB allemand pour l'ensemble de l'année 2023 est un scénario qui fait d'ailleurs pleinement consensus. Y compris du côté du gouvernement allemand, qui a annoncé mi-octobre s'attendre à une baisse de -0,4%, sabrant ainsi ses précédentes prévisions. Et d'après le FMI (Fonds monétaire international), l'Allemagne sera le seul pays du G7 en récession cette année et pourrait voir son PIB reculer de 0,5%.

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Du mieux attendu en 2024

La situation devrait néanmoins s'améliorer dès 2024 pour l'Allemagne, sans pour autant être exceptionnelle. Le FMI prévoit un rebond de la croissance allemande à +0,9%. Le gouvernement mise sur une croissance de +1,3%. La reprise à venir sera favorisée par un recul progressif de l'inflation - attendue à 2,6% en 2024 puis 2% en 2025 après 6,1% cette année - et un marché du travail qui restera robuste.

Le gouvernement a par ailleurs donné pour la première fois mi-octobre une prévision de croissance de son PIB pour 2025. Il l'estime à +1,5%. L'avenir confirmera ou non ces pronostics.

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L'Autriche passe par la case récession

Les difficultés de l'Allemagne ont des répercussions au-delà de ses frontières. Et notamment en Autriche où le PIB a diminué de -0,6% sur la période de juillet à septembre, par rapport au trimestre précédent, selon l'institut de référence Wifo dans une première estimation sortie ce lundi. Or, il s'était déjà contracté de -0,8% entre avril et juin. Il s'agit donc d'une récession au sens technique pour le pays alpin.

C'est une première depuis la pandémie de Covid-19, qui avait plombé l'économie autrichienne en 2020. Sur un an, l'indicateur a chuté de -1,2%. La tendance est morose depuis mi-2022 dans le prospère pays de 9,1 millions d'habitants, l'économie oscillant entre stagnation et déclin.

L'Autriche est particulièrement exposée aux difficultés en Allemagne voisine, qui est son principal partenaire commercial. Du côté du commerce extérieur justement, les exportations autrichiennes ont retrouvé de la vigueur, mais Wifo attribue cette performance à un probable effet de rattrapage après le net recul des mois précédents. Surtout, l'inflation élevée a continué à peser sur la demande des ménages (-1%) cet été. Les investissements des entreprises ont aussi marqué le pas.

(Avec AFP)

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