L'État allemand est prêt à voler au secours du géant Thyssenkrupp
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Le chancelier allemand Olaf Scholz.
Lisi Niesner
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Le chancelier allemand Olaf Scholz.
Lisi Niesner
Alors que le secteur industriel est au plus mal, l'exécutif allemand a décidé de réagir. Parmi les fleurons de l'industrie outre-Rhin, le géant de l'acier Thyssenkrupp qui souffre depuis plusieurs mois de coûts trop importants, d'un recul de la demande mondiale et d'une concurrence chinoise tenace. Fin novembre, le fleuron avait annoncé que 11.000 emplois allaient être supprimés ou externalisés dans sa branche acier.
Le chancelier allemand Olaf Scholz, candidat à sa réélection, a évoqué vendredi un plan pour sauver le premier sidérurgiste allemand en péril, sans exclure une participation de l'État dans le groupe fondé en 1999 à Essen en Rhénanie du Nord-Westphalie.
Pour rappel, l'industrie représente 20 % du PIB allemand, un pilier essentiel alors que la première économie européenne fait face à la menace d'une seconde année consécutive de récession.
Interrogé par le groupe de médias Funke Mediengruppe sur la possibilité pour l'État allemand de renforcer le capital de la branche acier du groupe Thyssenkrupp en difficulté, Olaf Scholz a répondu : « je n'écarte aucune option à ce stade.» Bien que la nationalisation reste une hypothèse encore improbable, elle symbolise une rupture nette avec la tradition allemande de gestion familiale privée du groupe.
M. Scholz dirigera un sommet lundi sur l'acier prévu à la Chancellerie en présence de responsables de cette industrie et de représentants issus de syndicats et de comités d'entreprises.
Le contexte est pesant, avec la branche acier de Thyssenkrupp qui a annoncé réduire la production de ses hauts fourneaux, en raison des résultats annuels en berne. En mai, le milliardaire Daniel Ketinsky est également entré dans son capital à hauteur de 20%. Le fabricant d'acier doit dans le même temps financer sa coûteuse décarbonation, un projet à 3 milliards d'euros mais la facture finale pourrait être plus élevée.
L'État allemand a récemment volé au secours d'autres acteurs clés tels le chantier naval Meyer-Werft à Papenburg (nord), l'entreprise énergétique Uniper et le transporteur aérien Lufthansa, a souligné le dirigeant politique.
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Si l'État doit s'engager financièrement, cela restera « limité dans le temps » et visera à « aider les entreprises à surmonter les périodes difficiles, afin d'éviter que des investissements échouent à cause d'un manque de fonds propres », a-t-il expliqué.
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Olaf Scholz évoque dans cette interview trois points clés pour l'avenir de la sidérurgie : un prix de l'électricité stable pour la production d'acier écologique, le soutien « avec des milliards d'euros » aux investissements dans des solutions alternatives au haut fourneau alimenté au charbon, et la nécessité de protéger les entreprises européennes contre l'acier bon marché en provenance de l'étranger.
Il a à cet égard appelé la Commission européenne « à agir » car il y a un besoin de « renforcer la protection pour l'Europe ».
(Avec AFP)
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