L'Europe rend hommage à Helmut Kohl

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(Crédits : Reuters)
L'UE a organisé pour la première fois une cérémonie pour honorer la mémoire de l'un des fondateurs du projet européen. Des dirigeants et anciens dirigeants du monde entier y ont participé à Strasbourg.

Des dirigeants et anciens dirigeants du monde entier réunis au Parlement européen à Strasbourg ont rendu un dernier hommage, samedi 1er juillet, à l'ancien chancelier Helmut Kohl, artisan de la réunification allemande et de l'unité européenne qui est décédé le 16 juin, à 87 ans. C'est la première fois que l'Union européenne organisait une telle cérémonie pour honorer la mémoire d'un homme qui figure parmi les trois personnalités, avec Jean Monnet, un des fondateurs du projet européen, et Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, à avoir reçu le titre de "citoyen d'honneur de l'Europe".

"Ce qui nous semble aujourd'hui une évidence, c'est à lui que nous le devons", a affirmé la chancelière allemande, Angela Merkel, en évoquant la réunification est-ouest, la fin des frontières et la monnaie unique, avancées décisives du projet européen qu'il a rendues possibles s'il n'en a pas été le seul artisan.

"Un géant politique capable d'écouter les citoyens"

Plusieurs orateurs ont invoqué la "vision" d'Helmut Kohl pour mieux appeler les actuels dirigeants européens à raviver une flamme peu affaiblie par le Brexit, les crises économiques ou migratoires et le retour des égoïsmes nationaux. "Nous rendons hommage à un grand européen, un grand homme d'Etat, un géant politique capable d'écouter les citoyens et de regarder au-delà de l'horizon", a souligné le président du Parlement européen, l'Italien Antonio Tajani, premier à prendre la parole.

"Il appartenait à la dernière génération qui avait vécu l'enfer de la guerre" et pour laquelle "l'unité européenne, le dépassement des nationalismes, représentaient le rêve d'une société de paix qu'ils laisseraient à leurs enfants", a-t-il ajouté.

"Helmut Kohl fut, pour la France un ami"

Emmanuel Macron a salué "l'homme qui a à plusieurs reprises a su prendre des décisions courageuses, parfois contre sa propre opinion publique".

"Helmut Kohl fut, pour la France, un interlocuteur privilégié, un allié essentiel, mais il fut plus que cela, il fut un ami", a ajouté le président français.

En l'absence, pour raisons de santé, de Mikhail Gorbatchev, ancien président russe et alter ego d'Helmut Kohl de l'autre côté du rideau de fer, l'actuel Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a évoqué la "maison commune" européenne dont rêvait l'ancien chancelier. "Il rêvait non seulement d'une Allemagne réunifiée mais aussi d'une Europe unie dans laquelle la Russie était partie intégrante", a-t-il affirmé en invitant l'assistance à poursuivre sur cette voie, dans un contexte de net refroidissement des relations entre la Russie et l'UE sur fond de guerre larvée entre la Russie et l'Ukraine.

"Merci pour les chances que vous m'avez données"

La cérémonie a débuté par l'entrée du cercueil recouvert du drapeau européen dans l'hémicycle, où était dressé un portrait photographique de l'ancien chancelier. Parmi les chefs d'Etats et de gouvernement, anciens et nouveaux, on pouvait remarquer la Première ministre britannique, Theresa May, le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou ou l'ancien président américain Bill Clinton. Dernière à s'exprimer, Angela Merkel, qui est née en Allemagne de l'Est et doit sa carrière politique à Helmut Kohl, a terminé son discours par une touche plus personnelle.

"Sans Helmut Kohl, la vie de millions de personnes qui, jusqu'en 1989, étaient derrière le mur, ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui, notamment la mienne. Si je suis debout ici aujourd'hui, je le dois également en partie à vous. Merci pour les chances que vous m'avez données", a-t-elle dit.

Helmut Kohl était resté brouillé avec elle, jusqu'à la fin de sa vie, après qu'elle l'eut lâché lorsqu'il fut impliqué, à la fin des années 90, dans une affaire de financement illicite de son parti, l'Union chrétienne démocrate (CDU).

A l'issue de la cérémonie, le corps de l'ancien chancelier devait être transporté par hélicoptère jusqu'à Ludwigshaffen, sa ville natale, dans le Palatinat, puis effectuer un court trajet sur le Rhin jusqu'à Spire où il devait être inhumé à l'issue d'un requiem pontifical dans la cathédrale.

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Commentaires
a écrit le 04/07/2017 à 10:38 :
Khol étant surtout adulé parce qu'il a privatisé son pays et pour ça l'oligarchie le remercie par l'éloge via ses médias. Intéressant article en plein contexte:

"Les inquiétants arguments du néopatriotisme germanique" https://www.monde-diplomatique.fr/1990/04/GISSELBRECHT/42475
a écrit le 02/07/2017 à 11:25 :
Le peuple français se fait manipuler par cette zone administrative qu'est l'UE de Bruxelles! L'organisation qui a mis a notre tête Mr Macron en est issue! On nous y soumettra, que l'on veuille ou pas!
a écrit le 01/07/2017 à 19:32 :
Satisfait totale
a écrit le 01/07/2017 à 18:47 :
😍😍

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