Une avancée "historique" sur la défense européenne

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Comme la Commission l'a répété à l'envi, ensemble, les pays européens représentent la deuxième entité mondiale en termes de dépenses militaires. Ils sont cependant bien loin de former la deuxième puissance militaire - conséquence de l'inefficacité des dépenses et du manque d'interopérabilité. Mais aujourd'hui, on avance, a affirmé Emmanuel Macron lors de son premier sommet européen à Bruxelles, vendredi 23 juin 2017.
Comme la Commission l'a répété à l'envi, ensemble, les pays européens représentent la deuxième entité mondiale en termes de dépenses militaires. Ils sont cependant bien loin de former la deuxième puissance militaire - conséquence de l'inefficacité des dépenses et du manque d'interopérabilité. Mais "aujourd'hui, on avance", a affirmé Emmanuel Macron lors de son premier sommet européen à Bruxelles, vendredi 23 juin 2017. (Crédits : Reuters)
La mise en place d’une coopération permanente en matière de défense représente un pas en avant inédit. Emmanuel Macron, qui assistait à son premier sommet européen, a souligné le rôle de Jean-Claude Juncker en tant qu’architecte du projet.

Les dirigeants européens réunis à Bruxelles ont validé les conclusions sur la sécurité et la défense, dont la première partie est dédiée à de nouvelles mesures de lutte antiterroriste et la deuxième à la sécurité externe et à la défense.

La décision la plus importante est sans doute le lancement d'une coopération structurée permanente (PESCO). Cette « Belle au bois dormant» du traité de Lisbonne devrait changer la donne de la sécurité européenne.

[ Traduction du tweet de Natasha Bertaud, porte-parole de la Commission) : Juncker [a dit]: « Pendant la campagne électorale de 2014, j'avais dit que nous devrions réveiller la Belle au bois dormant qu'est la coopération renforcée sur la défense. Aujourd'hui, c'est ce que nous faisons. » ]

Les chefs d'État et de gouvernement ont également vanté la communication de la Commission sur un Fonds européen de la défense, qui comportera un organe de recherche et un organe de capacité militaire.

Une "étape historique" selon Tusk

Donald Tusk, le président du Conseil, a qualifié cette décision d'« étape historique », estimant que cette coopération permettra à l'UE de s'approcher d'une meilleure intégration en matière de défense. Tous les États membres sont invités à se joindre à cette initiative.

Dans les trois mois à venir, les États devront se mettre d'accord sur une liste de critères et d'engagements, ainsi que de projets capacitaires, afin de lancer concrètement la coopération.

Défense : Macron félicite Juncker pour sa proposition forte

Emmanuel Macron, qui participait à son premier sommet européen, a félicité Jean-Claude Juncker, président de la Commission, d'avoir présenté une proposition « forte » sur la défense le 7 juin dernier. Proposition qui a immédiatement obtenu le soutien de Paris et Berlin et a permis l'adoption d'un texte représentant un « vrai progrès » en termes de politique de défense lors du sommet.

Le président français a espéré que la rencontre gouvernementale franco-allemande du 13 juillet permettra encore d'avancer dans cette direction. Le Fonds européen de la défense, préparé en seulement cinq mois, a une ampleur inédite, s'est-il félicité, à la fois en ce qui concerne les financements prévus et le périmètre des activités. Pour lui, toute la phase de recherche et de développement pourrait bénéficier de financements européens, ce qui mènerait à une amélioration de l'harmonisation et de l'équipement dans l'UE.

Comme la Commission l'a répété à l'envi, ensemble, les pays européens représentent la deuxième entité mondiale en termes de dépenses militaires. Ils sont cependant bien loin de former la deuxième puissance militaire - conséquence de l'inefficacité des dépenses et du manque d'interopérabilité.

Leçons du passé

Quand un journaliste a fait remarquer que l'UE était encore bien loin de constituer une Union de la défense, Emmanuel Macron l'a repris, assurant que les actions actuelles n'étaient pas une simple reprise du scénario de 1954, quand la France a saboté son propre projet d'armée européenne.

En 1950, le Premier ministre français René Pleven avait proposé un projet d'intégration ambitieux pour la défense. Il prévoyait notamment l'instauration d'une armée européenne et la nomination d'un ministre européen de la Défense. Après deux ans de négociations, les six membres de la Communauté du charbon et de l'acier signaient un traité créant une communauté européenne de la défense, qui aurait permis une armée européenne comptant 40 divisions de 13.000 soldats portant un uniforme commun, dotée d'un budget et d'institutions propres.

Sortie de l'impasse ?

En 1954, après la ratification du traité par le Benelux et l'Allemagne, le projet s'est cependant retrouvé dans une impasse politique en France, mettant un terme aux espoirs d'une défense commune.

Dans ses fonctions précédentes, et notamment en tant que ministre de l'Économie, Emmanuel Macron dit avoir observé une Europe qui « recule et bégaie ». Ce n'est aujourd'hui plus le cas pour la défense, a-t-il assuré.

« Pendant des années, il n'y a eu aucune avancée sur la défense. Aujourd'hui, on avance. Est-ce un substitut aux efforts nationaux ? Non. Est-ce un progrès? Oui », a-t-il jugé.

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Par Georgi Gotev, Euractiv.com (traduit par Manon Flausch)

(Article publié le vendredi 23 juin 2017 à 10:57)

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EURACTIV

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Commentaires
a écrit le 24/06/2017 à 13:23 :
C'est autant (ou OTAN) une question de bons sens, que de problème financier.
Qui serait assez stupide pour essayer de concurrencer seul les grandes puissances militaires ? sauf à sacrifier d'autres secteurs et dépenses.
Mais lesquelles ? certainement pas économiques et industrielles (on a déjà du retard), pas les infrastructures (déjà à crédit), reste les services publics et la protection sociale, avec un risque de désorganiser la société ?

Il faut mutualiser une partie de nos défenses et arrêter de se croire les plus forts.
Comme disait je ne sais plus qui, on a les meilleurs ingénieurs au monde,.. tout comme tous les autres pays, qui ont les meilleurs ingénieurs au monde.
La meilleure guerre étant celle que l'on n'a pas besoin de mener, autant miser sur la prévention et la dissuasion et pour cela, mieux vaut être les plus nombreux possible et gonfler les muscles.
a écrit le 24/06/2017 à 9:00 :
Et bien sûr l'ennemi commun sera la Russie, comme nous l'ont désigné les Etats-Unis d'Amérique ...
a écrit le 24/06/2017 à 7:37 :
politique et amnésie des médias inquiete !! pas bon pour la démocratie
a écrit le 23/06/2017 à 19:25 :
Tout cela n'est qu'artificiel, on se crée des ennemies virtuels pour approuver une conception des choses! C'est du marketing!
a écrit le 23/06/2017 à 16:03 :
BEn pendant que tout ces dirigeants se félicitent d'être aussi extraordinaires, nous autres allons attendre de voir ce que ça va faire hein, parce qu'en général l'UE c'est beaucoup de proclamations de bonnes intentions et pas d'acte derrière, au mieux.

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