Le prochain commissaire européen à la sécurité sera... britannique. Vous avez dit Brexit ?

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Un Britannique chasse-t-il l'autre? Non, en vérité, pour Jean-Claude Juncker, il s'agit d'assurer la continuité de la présence britannique au sein des institutions européennes malgré le succès du Brexit, qui consacre pour de bon la rupture avec l'Europe. Ainsi, Julian King (à gauche sur la photo) remplacerait Jonathan Hill (à droite), actuel commissaire européen à la sécurité.
Un Britannique chasse-t-il l'autre? Non, en vérité, pour Jean-Claude Juncker, il s'agit d'assurer la continuité de la présence britannique au sein des institutions européennes malgré le succès du Brexit, qui consacre pour de bon la rupture avec l'Europe. Ainsi, Julian King (à gauche sur la photo) remplacerait Jonathan Hill (à droite), actuel commissaire européen à la sécurité. (Crédits : Reuters)
Le Royaume-Uni ne sera pas puni. En tout cas, c'est ce que souhaite Jean-Claude Juncker qui a proposé Julian King pour le poste de commissaire à l'union de la sécurité, et qui entend bien impliquer le pays sécessionniste dans la stratégie de l'Union européenne jusqu'au bout. Un article de notre partenaire Euractiv.

Julian King, 51 ans, a été mis en avant par Jean-Claude Juncker pour remplacer Jonathan Hill en tant que commissaire à la sécurité. Une fois sa candidature officiellement présentée par le Conseil, elle devra être approuvée par le Parlement européen.

Même si Jean-Claude Juncker a consulté les dirigeants du Parlement avant de faire un choix, le ciel ne s'annonce pas sans nuages pour Julian King, après le référendum sur le Brexit.

La stratégie de l'union de la sécurité a été publiée en avril 2016 après les attentats inspirés par Daesh à Paris et à Bruxelles. Le document appelle à un meilleur échange des informations et à une meilleure collaboration entre pays européens, afin d'éviter de nouvelles tragédies à l'avenir. L'UE juge en outre que les États devraient mettre en place des mesures pour mieux gérer la radicalisation et les combattants étrangers revenant de Syrie.

Julian King, diplômé de la prestigieuse université d'Oxford et de l'École nationale d'administration (ENA), à Paris, a été ambassadeur britannique en France et en Irlande, avant d'être nommé commissaire européen à la démission de Jonathan Hill, suivant le référendum sur l'UE. Il a également représenté le Royaume-Uni à Bruxelles, New York, Paris, Luxembourg, La Haye et Lisbonne.

Défendre une approche commune face au terrorisme

Le portefeuille de l'union de la sécurité est tout nouveau. S'il devient commissaire, Julian King devra défendre une approche commune face au terrorisme, comme le souligne la stratégie, malgré la décision du Royaume-Uni de quitter l'UE.

La semaine dernière, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, a nommé son conseiller, Michel Barnier, à la tête de l'équipe de négociation européenne qui s'occupera du Brexit. Les marchés de capitaux, également du ressort de Jonathan Hill, ont quant à eux été transférés à Valdis Dombrovskis.

Selon les médias, Jean-Claude Juncker envisagerait de demander à certains commissaires de partager leurs portefeuilles avec Julian King.

Après le référendum pour le Brexit, certains pensaient que Londres serait punie et que son commissaire n'aurait qu'un rôle modeste, voire même un portefeuille vide.

>> Lire : Michel Barnier chargé de mener les négociations du Brexit

« Nous sommes satisfaits de la décision du président de la Commission européenne », a déclaré un porte-parole du gouvernement britannique. « La sécurité est une question cruciale pour tous les États membres et la coopération peut permettre de mieux nous protéger contre tous les types de menaces auxquelles nous sommes confrontés. »

L'article 50 activé l'an prochain

Jusqu'à sa sortie officielle et complète de l'UE, la Grande-Bretagne reste un membre à part entière du bloc, « avec tous les droits et obligations » que cela comporte. Les négociations de sortie de l'UE devront se dérouler dans les deux ans suivants l'activation de l'article 50 par Londres.

Theresa May, la nouvelle Première ministre britannique, a annoncé que l'article 50 serait activé l'an prochain, malgré l'insistance d'autres dirigeants européens qui veulent une sortie la plus rapide possible. Le mandat de Julian King expirera à la sortie du pays de l'UE.

Le 1er août, Jean-Claude Juncker a eu un entretien téléphonique avec Theresa May pour parler de la nomination de Julian King. Celui-ci a travaillé à la Commission européenne de 2008 à 2009, en tant que chef de cabinet du commissaire au commerce de l'époque, Peter Mandelson, puis de Catherine Ashton, Haute représentante aux affaires étrangères.

>> Lire : Michel Barnier chargé de mener les négociations du Brexit

Sous la houlette de Timmermans

Jean-Claude Juncker a envoyé une lettre décrivant son poste à Julian King, qui travaillera sous la houlette de Frans Timmermans, le premier vice-président de la Commission. « Vous contribuerez spécifiquement aux projets lancés et gérés par le premier vice-président », lui explique le président de la Commission. « Pour des initiatives nécessitant une décision de la part de la Commission, vous collaborerez étroitement avec le premier vice-président. »

Frans Timmermans, le commissaire néerlandais, est le bras droit de Jean-Claude Juncker et est chargé « du 'mieux légiférer', des relations interinstitutionnelles, de l'état de droit et de la Charte des droits fondamentaux ». Il a notamment eu un rôle important dans la conclusion de l'accord avec la Turquie sur l'immigration.

« L'Union européenne est dans une période de mise à l'épreuve, l'une des plus sérieuses de son histoire », poursuit Jean-Claude Juncker. « Nous devons faire face non seulement à la crise des réfugiés, mais aussi aux conséquences du Brexit et à une menace terroriste accrue. »

Le président de la Commission a ajouté que tous ses commissaires doivent travailler « de manière totalement indépendante, sans demander ou accepter les instructions de tout gouvernement, institution, organe, bureau ou entité, et en recherchant uniquement la promotion de l'intérêt général de l'Union ».

Julian King travaillera également avec Dimitris Avramopoulos, le commissaire à l'immigration. Ils bénéficiera de l'aide d'un groupe de travail comprenant des fonctionnaires des départements des affaires intérieures, du transport, de l'énergie, de la communication et des technologies. La décision de Jean-Claude Juncker intervient à l'issue de ce qu'il a décrit comme une « période de méditation » pour la Commission.

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Par James Crisp, Euractiv.com (traduit par Manon Flausch)

(Article publié le 2 août 2016)

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a écrit le 04/08/2016 à 11:24 :
@pas pour un mandat 3/8 9:28 et à certains internautes
L'argument du mandat de 5 ans de monsieur Julian King n'a aucune valeur car la Commission actuelle a été désignée le 1 novembre 2014. Son mandat se termine donc le
31 octobre 2019.
Si Brexit le 1 janvier 2017 (ce qui n'est pas certain car il faut que ce processus soit légalement approuvé par la Parlement Anglais), les négociations pourraient être terminées le 31 décembre 2019. Nous n'en sommes pas à deux mois près pour cet événement...
Le point "hyper" dur de la négociation sera la libre circulation des personnes et je crois que la nomination à ce poste d'un commissaire de nationalité britannique est un très bonne opportunité.
Je répète pour les populistes de tous bords (qui n'auront jamais le pouvoir) que la nomination de ce commissaire doit être approuvé par le Conseil Européen et par le Parlement Européen (dont les membres sont démocratiquement élus).
Cordialement
a écrit le 03/08/2016 à 9:48 :
Rien de mieux que de nommer un britannique pour jouer la taupe dans le service anglais pour le compte de l'UE!
a écrit le 03/08/2016 à 8:07 :
et après on s'étonne des scores des extrèmes et du Brexit ...
a écrit le 02/08/2016 à 22:21 :
Tout d'abord la GB n'est pas dans Schengen. La GB accueille principalement des gens de son ancien empire, refuse les réfugiés des zones de guerre actuelle ou des zones à pb économiques et laisse traiter le sujet principalement à la France. Autre point et non des moindre la GB avec son barbare M. Blair qui devrait être jugé à La Haye pour génocide en Irak est aujourd'hui avec les US un pays qui a des milliers de morts civiles sur son nom, au Moyen Orient mais également en Europe et plus particulièrement en France car oui les attentats dans notre pays sont les conséquences du mensonge de M. Blair et M. Bush avec cette couardise de nos élus qui refusent de demander des comptes à ces deux tueurs. Enfin la GB a voté le Brexit. On voit encore dans cette nomination une affaire de salons à Bruxelles avec le plus grand magouilleur fiscal d'Europe, sur le fond anti européen, le triste sire M. Juncker. J'espère que par cette nomination Mme Le Pen va lui dire merci. Pour ma part la question se pose voter FN même si ce n'est pas mes idées idéologiques et économiques mais ne serait ce pas la meilleure solution pour faire EXPLOSER le système politique européen et national. Assez assez assez de toutes ces magouilles qui donnent envi de vomir. Je ne supporte plus ces castes européennes, nationales de droites comme de gauches d'un extrême à l'autre il faut que tout cela explose.
a écrit le 02/08/2016 à 22:13 :
Mais enfin, quoi de surprenant ? Tant que la Grande Bretagne n'a pas quitté l'Union Européenne, elle en reste membre à part entière et y jouit de tous ses droits. Il n'y a que les dirigeants français qui ne l'avaient pas compris et ont dû aller à Canossa en recevant le nouveau Premier ministre anglais ! Et même quand la Grande Bretagne aura quitté l'Union Européenne, elle restera la Grande Bretagne, n'en déplaise aux nains qui nous gouvernent...
Réponse de le 03/08/2016 à 8:01 :
@Britannicus 02/08/2016 22:13
Merci pour votre réponse sensée. C'est un choix très judicieux d'autant plus que la GB n'est pas dans Schengen.... Il n'y a que le populistes qui sont contre. Dans ce cadre d'ailleurs, ils devraient améliorer leur connaissance de la langue Française.
La Commission propose et le Conseil Européen et le Parlement décident.
Je suis presque certain que Mr JP Juncker a aussi consulté les poids lourds de l'Europe avant de faire sa proposition.
Cordialement
Réponse de le 03/08/2016 à 9:28 :
Votre argument ne tient pas la durée du mandat d'un commissaire est de 5 ans, la GB dit vouloir déclencher la close de sortie début 2017 pour une période selon le traité de 2 ans donc vous acceptez à un poste clé un mandat de 2 ans et quelques mois sans oublier que la GB n'est pas dans l'espace Schengen. La GB n' a jamais été européenne, plus vite l'île quittera l'Union mieux cela sera pour les autres membres. Ce type de nomination montre s'il en était une Union politique un peu magouilleuse bien loin des citoyens sans oublier la nomination de M. Juncker personnage indigne d'une fonction dans l'Union suite à ses arrangements fiscaux au détriment des autres pays de l'Union. Tous ces gens font campagne pour les extrêmes pas pour une Union soudée et forte.
a écrit le 02/08/2016 à 18:19 :
Surement l'une des meilleures blagues de Juncker en nommant un commissaire d'un pays qui va sortir de l'Union prochainement. Cette Europe est dingue.
Réponse de le 03/08/2016 à 11:11 :
@Blague: tout dépend ce que l'on entend par "prochainement". Theresa a dit qu'elle invoquerait l'article 50 l' prochain, c'est donc dans 6 mois. Six mois + 2 ans, c'est pas demain. Le fait est qu'on ne discute pas avec les Britanniques comme avec les pays du quart monde comme la Grèce parce qu'ils représentent, économiquement et politiquement, une part importante de l'Occident :-)
a écrit le 02/08/2016 à 18:07 :
Il ne faut pas critiquer ceux qui prennent, mais ceux qui donnent.
Il me semble que ce Monsieur Junker est les stéréotypes du politicien européen... Dans la vraie vie, ce Monsieur devrait être en prison
a écrit le 02/08/2016 à 17:35 :
C'est à vomir !
Ils partent, mais quand ils veulent, comme ils veulent.
Ils garderont ce qui les intéresse et jéteront le reste.
Au final, ils ont raison et nous serons les dindons de la farce.
a écrit le 02/08/2016 à 17:32 :
Nos décideurs économiques et politiques sont décidément tous complètement à la masse.

"Chez ces gens là on ne vit pas monsieur, on ne vit pas, on triche."

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