Michael O'Leary (Ryanair) : "Le Brexit pourrait détruire l'Europe ! "

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(Crédits : Laurent Lequien/La Tribune)
Intervenu hier au Paris Air Forum organisé à la Maison de la Chimie par La Tribune, le bouillant patron de Ryan Air n'a pas mâché ses mots. L'Union européenne serait condamnée en cas de Brexit, mais il espère que les britanniques choisiront de rester. Selon Michael O'Leary, le low cost reste "révolutionnaire" et il se prépare une vaste consolidation du transport aérien. Les tentatives d'Air France et des compagnies traditionnelles dans le low cost sont selon lui, vouées à l'échec.

Très attendu, pour cette troisième édition du Paris Air Forum, l'événement annuel sur l'aéronautique et la défense organisé par La Tribune, Mihael O'Leary, le très atypique patron de la compagnie de low cost Ryan Air n'a pas failli à sa réputation. Actualité oblige, une question de la salle a évoqué l'éventualité d'un Brexit lors du référendum britannique du 23 juin prochain. Le patron irlandais n'y croit pas, restant convaincu que le remain (rester dans l'Europe) l'emportera ce  jeudi, même si selon lui « les partisans du Brexit sont les plus déterminés ». Le salut pourrait venir des jeunes générations, plus europhiles. Mais si le Brexit gagne, « l'Union Européenne est condamnée et ça pourrait être très difficile pour le Royaume-Uni à court terme ». Le scénario d'une sortie du Royaume-Uni de l'UE causerait "de très grands dommages" à l'économie britannique et européenne selon lui avec une possible récession de deux à trois ans. Mais, même en cas de remain, si le peuple britannique choisi de rester dans l'Europe, il faudra que cela change à Bruxelles, qui devra tenir compte de ce "wake-up call" pour se réveiller et se réformer.

La consolidation du marché aérien approche

S'agissant du secteur aérien et de la compétition entre les compagnies aériennes traditionnelles et les low cost, Michael O'Leary a estimé que les deux acteurs sont "comme chiens et chats" depuis l'arrivée des Easyjet ou Ryanair dans les années 90. Cette nouvelle concurrence a forcé les transporteurs nationaux à créer leurs propres filiales à bas coût. Mais pour le trublion irlandais, celles-ci sont condamnées à l'échec, tout comme leurs maisons mères.

En anglais, to be doomed veut dire être condamné, ou maudit. Et doomed  est un terme qui est revenu sans cesse dans la bouche de Michael O'Leary, le controversé patron de Ryan Air, lors du Paris Air Forum. Les compagnies nationales (legacy airlines en anglais) ? Doomed. Leurs filiales low cost ? Doomed. Easyjet, le concurrent taxé de « faux low cost »  par O'Leary ? Doomed. Les alliances type Star Alliance, Oneworld ou Skyteam ? Doomed. Bref, d'après le patron irlandais, seul deux ou trois compagnies nationales survivront d'ici dix ans, sans oublier bien sur Ryan Air.

Ryan Air veut doubler le nombre de ses passagers

Car l'ambitieux entrepreneur compte bien doubler rapidement le nombre de passagers transportés (de 90 millions, soit un peu plus qu'Air France KLM, à 180 millions) grâce à l'achat de nouveaux Boeing 737 MAX, qui offrent plus de sièges pour un coût inférieur car moins gourmands en carburant. Pour Michael O'Leary, Ryan Air et les autres low cost vont devenir les prestataires des compagnies nationales en transportant les passagers sur les courts trajets vers les hubs comme Charles de Gaulle, Heathrow ou Francfort pour alimenter les vols long courriers d' Air France, British Airways et Lufthansa. Pour le DG de Ryan Air, « les legacy (les compagnies traditionnelles) gagnent de l'argent sur les longs courriers mais en perdent sur les courts et moyens courriers. De plus en plus, elles vont demander aux low cost comme nous d'acheminer leurs clients depuis les provinces européennes vers les grands hubs ». Il estime que Ryan Air et Easyjet pourraient acheminer jusqu'à 65 % des passagers courts courriers des compagnies nationales .Un nouveau marché qui ne deviendra pas le « core busines » de Ryan Air selon son directeur général, mais va prendre de plus en plus d'importance.

"Tous les aéroports devraient être privatisés"

Si l'on en croit Michael O'Leary, le paysage aérien commercial aura bien bougé dans dix ans. Pour lui, les "fausses low cost" que sont les Germanwings, Transavia, Vueling ou Air Berlin ne sont pas viables. Pourtant, le patron de Ryan Air n'a aucune intention de racheter ces futurs canards boiteux : « nous venons de commander beaucoup de nouveaux appareils et réalisons beaucoup de profit. Nous n'avons aucune intention d'acquérir ces compagnies ». La stratégie de Michael O'Leary est plutôt simple : continuer à baisser ses prix pendant qu'Air France ou British Airways les augmentent sur leurs vols long courriers.

Pour conclure sa prestation très suivie, le patron atypique estime que « tous les aéroports français devraient être privatisés » et lance un avertissement : « le vrai danger, c'est le contrôle aérien. Les contrôleurs français en sont à leur 55ème grève en moins de dix ans ». Pour l'Irlandais volant, c'est clair, la France aussi est doomed.

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Commentaires
a écrit le 27/06/2016 à 18:04 :
Rappelons que le contribuable finance chaque billet aérien de ces compagnies "bas de gamme"et que la plupart de nos innombrables aéroports régionaux sont des gouffres financiers sans fondai. Ryanair et consorts une fois éliminés, l'argent public pourra être enfin consacré au bien public.
a écrit le 24/06/2016 à 9:20 :
" L'union européenne serait condamnée " ...mais ...c'est tout le contraire ! Ce mr , qui n'a fait que proffiter des avantages concedés aux britaniques par L'U.E. , pour se batir un empire sue le dos notamment des européens , agite un spectre d'une destruction de l'Europe alors que , c'est plustot lui ou du moins sa cie ( Ryanair ) qui risque sinon la destruction , au moins de grosses dificultées .
a écrit le 23/06/2016 à 13:08 :
Il voit juste ces intérêts propres ce monsieur alors oui l'Europe qui partirait à volo et plus d'argent pour sa compagnie et moins de voyages de ce personnel de l'Europe qui va et vient sans cesse au frais de la princesse trop triste non?
a écrit le 23/06/2016 à 6:04 :
Les Britanniques qui disposent encore de leur souveraineté nationale, diront ce qu'ils voudront en toute indépendance et en toute liberté. S'ils choisissent de sortir de l'Europe et que celle-ci s'écroule : TANT MIEUX ! Ce sera l'occasion pour les Nations européennes soient de constituer un Nouvelle Europe avec des Européens disposant des mêmes droits et des mêmes obligations partout tant en matière financière qu'en matière sociale, soit de passer des accords bilatéraux ou multilatéraux entre eux dans des domaines qu'elles souhaitent, chaque Nation conservant par ailleurs sa souveraineté et son indépendance. Il ne doit plus eister de "prison" comme celle de l'Europe actuelle.
a écrit le 22/06/2016 à 23:06 :
Des nouvelles très ..encourageantes, à suivre avec intérêt ..

http://www.dhnet.be/dernieres-depeches/belga/le-brexit-en-tete-dans-deux-sondages-la-veille-du-referendum-576acba035705701fd8c7573
a écrit le 22/06/2016 à 19:55 :
Que de cris et d'agitation pour rien! Mais oui ils resteront quitte a piper les resultats... Le parlement Européen a tous les pouvoirs car c'est une dictature
a écrit le 22/06/2016 à 18:43 :
Que ce monsieur, apprécie beaucoup l'Union Européenne, cela peut se comprendre, il fait parti de ceux qui bénéficient de cette course à la paupérisation de la population travailleuse.
La façon dont cette personne traite son personnel est ignoble, il est évident que si l'UE disparait, il ne pourra plus jouer sur la concurrence aberrante entre salariés de pays différents et un peu plus de justice sociale existera à nouveau.
L'Angleterre n'est entrée dans l'UE, que pour empêcher son fonctionnement harmonieux. Précédemment, l'UE s'appelait la ''Communauté Européenne'', et nous n'étions que 6, recherchant une harmonisation des lois fiscales, sociales et autres, et lorsque l'Angleterre est entrée dans l'Europe elle a refusé cette situation, et a demandé dans une belle envolée d'ultra-libéralisme, l'application de la concurrence à tout prix entre états sur les impôts, les taxes, la TVA etc..., et c'est ce qu'ont acceptés tous les hommes politiques de tout poil, et ont signés des deux mains tous les traités. Nous avons aujourd'hui les traités TFUE et TUE, qui gèrent le fonctionnement de l'UE qui permet la délocalisation des usines, les ouvriers déplacés (véritable esclavage moderne), le transfert des capitaux, même dans des petites valises en billets bien rangés, vers les paradis fiscaux, même au sein de cette Ste Europe, au Luxembourg et qui pratique le secret bancaire. Tout est merveilleux, le vrai paradis, je comprends que tte cette construction économique est vraiment très intéressante pour ce Monsieur, il y trouve un vivier de millions de chômeurs taillables et corvéables à merci, le bonheur total.
Réponse de le 24/06/2016 à 9:25 :
Merci de ce rappel sur la Communauté Européenne , et sur le role de " cheval de Troie joué par la Grande Bretagne ( pour les US ) .
a écrit le 22/06/2016 à 17:06 :
He is right ! Il a raison, si les anglais restent dans l'UE, il faudra bien que Bruxelles cesse sa politique de style autoritaire nèo libéral, sinon la sortie française, pourrait bien se produire en cas de référendum.
a écrit le 22/06/2016 à 16:02 :
Faire un titre accrocheur pour un article décousue qui en profite pour nous revendre le modèle de RyanAir...
Bravo !!! Ca c'est du Journalisme !!!
a écrit le 22/06/2016 à 14:56 :
"...une possible récession de deux à trois ans..." c'est tout ?, alors moi je suis signe tout de suite ! pour repenser l'Europe et mettre au pas les fonctionnaires de Bruxelles, il y aura de toute facon des dégats ! alors 3 ans de recession....
a écrit le 22/06/2016 à 14:53 :
Brexit ou Bremain, la désintégration de l'Union européenne est inévitable. Où allons-nous maintenant ? La Bible dit : « Et [le roi du Nord = la Russie depuis la seconde moitié du XIXe siècle. (Daniel 11:27)] retournera dans son pays avec de grandes richesses [1945], et son coeur sera contre la sainte alliance [l'hostilité envers les chrétiens], et il agira [cela signifie l'activité dans l'arène internationale], et retournera dans son pays [1991-1993. La désintégration de l'Union soviétique et du Pacte de Varsovie. Les troupes russes retournent à leur terre]. Au temps fixé retournera » (Daniel 11:28, 29a). Le retour de la Russie dans ce contexte signifie aussi la désintégration de l'Union européenne et l'OTAN. Puis de nombreux pays de l'ancien bloc de l'Est sera de retour à la sphère d'influence russe. Ce sera le dernier signe avant la guerre nucléaire mondiale. (Daniel 11:29b, 30a; Matthieu 24:7; Révélation 6:4)
a écrit le 22/06/2016 à 14:35 :
Est-ce que l'Europe avec l'arrivée des Anglois a éxisté, non!, le peu de fait a été perdu.
Le Brexit serait une bonne chose à long terme, et j'imagine les bourgeois de Calais tout contents de voir la jungle se vider intantanément.
On n'a pas besoin d'eux, ils n'ont pas besoin de nous, basta!
a écrit le 22/06/2016 à 13:50 :
Toutes les pseudos élites sont pour le maintien et c'est pour cette raison que le brexit va l'emporter.
a écrit le 22/06/2016 à 12:02 :
Ryanair souhaiterait elle un peu de régulation ?
Ce qui est sur, c'est que RyanAir perdrait tous les droits de trafic et que cela détruirait quasi instantanément l'entreprise et/ou ses plans de développements sauf en se réinstallant dans un pays de l'UE et ce qui, alors, détruirait son plan d'aménagement fiscal...
Donc détruire l'Europe...je ne sais pas, une certaine forme d'Europe et les abus qui en ont découlé, pour Ryanair....Oui.
a écrit le 22/06/2016 à 10:22 :
si on reflechit 5min Ryan air ne pourrait plus trop operer comme avant surrtout lol
a écrit le 22/06/2016 à 9:57 :
O'Leary est aveugle, en ce sens il est doomed. Il ne voit pas que le Monde dont il rêve est fini. Le capitalisme tel qu'il le pratique, c'est du passé, les idées néo libérales sont dommed. Trop sûr de lui, il ne voit rien venir et pense que tout va continuer vers plus de privatisations, de dérégulations, favorisant l'exploitation des salariés, globalisant la précarité. Erreur, le balancier finit toujours par repartir dans l'autre sens et nous sommes arrivés à ce moment là... Et s'il y a Brexit, ce serait pour lui la catastrophe immédiate.
a écrit le 22/06/2016 à 9:08 :
cette sortie envisagée satisferait elle les USA ? la puissance europe stopée
a écrit le 22/06/2016 à 9:01 :
S'agissant de détruire il sait de quoi il parle (salaires, conditions de travail, chantage aux aides publiques pour sélectionner les aéroports, salariés détachés pour payer le minimum de charges...)
Réponse de le 22/06/2016 à 11:31 :
Il a raison de faire chanter pour recevoir les aides publiques. Tout argent qui sort des caisses de l'état voleur me remplit le cœur de joie.
Et aussi le détachement des salariés, ainsi moins de pognon pour ces états voleurs qui ne comprennent rien à rien et cherchent à engranger le max de fric.
a écrit le 22/06/2016 à 8:44 :
Quelle aubaine, brexitons, frexitons tous ensemble, dans un mouvement spontané pour échapper à la dictature de l' union que rien ne sait arrêter ...!
a écrit le 22/06/2016 à 8:38 :
C'est sur que Ryanair a beaucoup a perdre. Ils sont les rois du pompage de subventions de toutes les régions d'Europe pour financer la compagnie. Si Brexit, alors c'est fini pour Ryanair... En même temps, quand on voit comment ils traitent leur personnel... bon débarras...
Réponse de le 22/06/2016 à 9:02 :
+1 tout à fait
a écrit le 22/06/2016 à 8:27 :
"il faudra que cela change à Bruxelles, qui devra tenir compte de ce "wake-up call" pour se réveiller et se réformer."il n' a pas tort !!!!!!!!!!
a écrit le 22/06/2016 à 6:21 :
Vous avez tout à fait raison
a écrit le 22/06/2016 à 5:10 :
C'est très amusant de voir comment la finance est fébrile , le monde de la finance que dénonçait le candidat Hollande vacille .Je souhaite que les anglais auront le courage de dire non . Cette Europe sous les bottes de la mondialisation , n'est pas notre Europe .
a écrit le 22/06/2016 à 3:53 :
Wake up call, you're dreaming.
En cas de "remain" on continuera de dormir a Bruxelles.
They don't give a damned !.
a écrit le 22/06/2016 à 0:31 :
Détruire l'Europe ? Mais quelle Europe ? L'Europe des SDF ?
a écrit le 21/06/2016 à 23:15 :
Et nous pourrions lui répondre qu'en France nous n'avons pas attendu l'Europe pour nous détruire, nos politiciens par leur lâcheté s'en sont déjà chargé, en ne faisant rien et en mettant tout sur son dos. Alors un peu plus, un peu moins...nous sommes blasés, et au bord de la guerre civile, avec le tremblement auto satisfait de nos édiles qui ne savent plus quoi inventer pour sauvegarder leur carrière.
a écrit le 21/06/2016 à 21:00 :
Un Brexit , finalement , cela pourrait -être une bonne nouvelle . En finir avec cette technostructure non démocratique peuplée de fonctionnaires qui se gavent. Une UE qui empêche les États de se développer. Que demande cette technostructure mondialisée,
que les européens acceptent de perdre leur identité, qu'ils acceptent une immigration massive , qu'ils s'écrasent devant les exigences des marchés. Avec un brexit généralisé,
on pourrait repenser une UE dont les bases seraient démocratiques et les technocrates
ou politiciens de métiers ne seraient plus aux commandes.
Réponse de le 21/06/2016 à 21:30 :
"Une UE qui empêche les Etats de se développer"....j'en ai lu des trucs sur l UE mais là chapeau bas...J'imagine que vous ne parlez pas de l'annexion de nos voisins? on sait jamais avec les nationalistes...
Réponse de le 22/06/2016 à 5:26 :
Tout à fait d'accord ,cet Europe n'est pas ou n'est plus il faut la reconsidérer , et de toute façon Brexit ou pas les choses ne seront plus pareilles .
Je vois mal comment, le 24 au soir si l'Angleterre reste dans l'UE ,.Mr Cameron pourra dire ok ouf tout va bien alors que près de 50% des anglais auront voté non . L'UE dans son ensemble va devoir s'adapter à cette nouvelle situation , alors oui je suis convaincu que ce n'est pas la fin de l'Europe , mais c'est la fin de cette Europe quelque soit le résultat demain soir en Angleterre.
a écrit le 21/06/2016 à 20:47 :
L 'Europe non mais l' Union européenne asservie aux us, oui et tant mieux mon michel !!!
a écrit le 21/06/2016 à 20:05 :
Quand on entend toutes les vociférations, cela confirme à qui profite l'Europe!!
a écrit le 21/06/2016 à 19:49 :
Continuez à nous faire rêver !
a écrit le 21/06/2016 à 19:44 :
Oh oui, on espère bien que ce soit le début de la fin pour l'UE, ce truc supranational anti-démocratique, et non pas pour l'Europe qui est un continent.
a écrit le 21/06/2016 à 19:42 :
Ce n'est pas l'Europe que l'on détruit mais simplement cet U.E. de Bruxelles au service d'une élite financière!
Réponse de le 22/06/2016 à 5:13 :
Bravo , c'est clair et précis et tellement vrai .
a écrit le 21/06/2016 à 19:35 :
Il n'y a rien a craindre d'un Brexit, business as usual will keep going !
a écrit le 21/06/2016 à 19:33 :
Quelle aubaine, brexitons, frexitons tous ensemble, dans un mouvement spontané pour échapper à la dictature de l' union que rien ne sait arrêter ...!

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