Quatre choses à savoir sur l'élection du nouveau président de l'Eurogroupe
Clément Zampa, AFP

L'espagne propose sa ministre de l'economie pour presider l'eurogroupe
Johanna Geron
Clément Zampa, AFP

L'espagne propose sa ministre de l'economie pour presider l'eurogroupe
Johanna Geron
Le président de l'Eurogroupe préside les réunions mensuelles des ministres des Finances de la zone euro, qui ont pour objectif de coordonner les politiques économiques nationales.
Cette tâche requiert une grande diplomatie puisqu'il s'agit de forger des compromis entre les grands argentiers du Nord, adeptes de la discipline budgétaire, et ceux du Sud, considérés comme plus laxistes.
Critiqué pour son opacité, l'Eurogroupe a été au centre de toutes les attentions au moment de la crise grecque, quand il était présidé par le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, puis le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem. Mais il a perdu de sa superbe sous la présidence de Mario Centeno.
La mission qui attend son futur président s'annonce cruciale au moment où les Européens tentent de s'entendre sur un plan de relance massif de l'économie de l'UE, mise à l'arrêt par la pandémie de coronavirus.
La ministre espagnole de l'Économie, Nadia Calvino, 51 ans, est présentée comme la favorite.
Ancienne haute fonctionnaire dans son pays, elle a ensuite rejoint l'administration de la Commission européenne, avant d'être nommée ministre en 2018.
Cette modérée aux accents libéraux, au profil très technique, fait figure d'élément modérateur au sein du gouvernement de coalition de gauche.
Elle est aujourd'hui la seule femme au sein de l'Eurogroupe. Et en cas d'élection, elle deviendrait la première à le présider.
Elle a récemment reçu un soutien précieux, celui de la chancelière allemande Angela Merkel, "toujours heureuse que des femmes occupent des postes de direction politique".
Mais certains pays - notamment les plus libéraux - s'opposent vigoureusement à sa candidature, doutant qu'elle ait les qualités requises pour un poste qui réclame un sens aigu du compromis.
Deux hommes ont présenté leur candidature face à l'Espagnole: le conservateur-libéral irlandais Paschal Donohoe, 45 ans, et le libéral luxembourgeois Pierre Gramegna, 62 ans.
M. Donohoe espère apparaître comme un candidat de compromis en dehors du traditionnel clivage Nord-Sud.
Il ne manque pas de rappeler que son pays a bénéficié d'un plan d'aide pendant la crise de la zone euro, au même titre que la Grèce, Chypre et le Portugal.
Il a aussi reçu le "soutien total" du PPE, qui regroupe les partis de droite européens.
Pierre Gramegna possède de son côté une certaine expérience de la bataille: il y a deux ans et demi, il était déjà candidat face à Mario Centeno.
Le Luxembourgeois appartient à un petit pays profondément européen qui a l'habitude d'obtenir des postes importants au sein des institutions.
Cet ex-diplomate est aussi l'un des plus anciens membres de l'Eurogroupe, qu'il fréquente depuis 2013.
Le nouveau président de l'Eurogroupe sera élu par un vote à la majorité simple, ce qui signifie qu'il lui faudra obtenir 10 voix sur 19 pour l'emporter.
Il est possible que plusieurs tours soient nécessaires. Dans ce cas, le candidat qui a obtenu le moins de voix au premier tour a pour coutume d'abandonner.
Lors de la dernière élection, en décembre 2017, deux des quatre candidats avaient renoncé après le premier tour, laissant Pierre Gramegna et Mario Centeno face-à-face.
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De nombreux paramètres sont à prendre en compte au moment du vote à bulletin secret: l'étiquette politique ou le caractère du candidat, mais aussi la division entre le Nord et le Sud, entre l'Est et l'Ouest ou encore la taille des pays.
La proximité géographique joue également un rôle: probable, par exemple, que les Pays-Bas et la Belgique votent pour le Luxembourg, tandis que le Portugal se prononcera en faveur de l'Espagne.
Clément Zampa, AFP
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