Soutien à l'Ukraine : Olaf Scholz lance un appel à l'unité au sein de l'UE
latribune.fr

Le chancelier allemand olaf scholz rencontre les ministres-presidents des lander a berlin
LIESA JOHANNSSEN
latribune.fr

Le chancelier allemand olaf scholz rencontre les ministres-presidents des lander a berlin
LIESA JOHANNSSEN
C'est un appel à l'unité européenne qu'a lancé ce lundi 11 décembre le chancelier allemand. Une déclaration au moment où les ministres des Affaires étrangères de l'UE se retrouvent à Bruxelles pour décider de la poursuite de leur soutien militaire et financier à l'Ukraine, et de l'ouverture ou non de négociations d'adhésion à l'UE avec ce pays en guerre avec la Russie.
Pour Olaf Scholz, le soutien militaire à l'Ukraine « nécessite vraiment un effort commun », a-t-il déclaré, lors d'une conférence de presse aux côtés du Premier ministre néerlandais Mark Rutte.
Si Olaf Scholz a pris la parole à ce sujet, c'est parce que l'unité des Vingt-Sept est justement compromise par la position de la Hongrie à ce sujet. Cette dernière refuse toujours que l'UE ouvre des négociations en vue d'une adhésion de l'Ukraine, jugeant que ce pays en guerre contre la Russie n'est pas prêt. Son Premier ministre Viktor Orban a menacé de tout bloquer, jugeant qu'il fallait d'abord que l'UE ait un « débat stratégique » sur l'avenir de ses relations avec l'Ukraine avant tout nouveau rapprochement. Or, la majorité des pays européens et la Commission européenne estiment qu'il a déjà eu lieu.
L'Ukraine attend aussi que l'UE poursuive son soutien à son effort de guerre, et espère le déblocage d'une aide de 50 milliards d'euros sous forme de dons et de prêts, ainsi que celui d'une aide militaire de 5 milliards d'euros. Mais là encore, la Hongrie s'obstine dans son refus, en dépit d'une très forte pression de ses partenaires.
L'opposition affichée par la Hongrie inquiète et laisse perplexes plusieurs pays européens qui s'interrogent sur ses motivations profondes. Plusieurs hauts responsables - Charles Michel, le président du Conseil européen, institution qui regroupe les États membres de l'UE, le président français Emmanuel Macron, le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez, dont le pays assure la présidence semestrielle de l'UE - ont ainsi essayé de convaincre Viktor Orban de la nécessité de soutenir l'Ukraine et empêcher que le président russe Vladimir Poutine ne gagne sa « guerre d'agression ». En vain pour l'instant.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Outre la Hongrie, l'Ukraine doit par ailleurs faire face à des tensions avec certains pays. Notamment avec la Pologne, pourtant soutien de la première heure. Varsovie accuse Kiev de concurrence déloyale dans les secteurs céréaliers et routiers. Si bien qu'elle n'assure plus que les livraisons d'armes « convenues antérieurement ». Mais le prochain gouvernement pro-européen, qui devrait prendre le pouvoir la semaine prochaine, pourrait changer la donne.
A contrario en Slovaquie, c'est l'arrivée au pouvoir d'une nouvelle majorité qui a dégradé la relation avec l'Ukraine. Le nouveau Premier ministre Robert Fico a bloqué début novembre, comme promis lors de sa campagne, une importante livraison d'armes programmée par l'exécutif précédent. Idem du côté des Pays-Bas où des craintes émergent depuis que le parti du Premier ministre a été battu par la formation d'extrême droite de Geert Wilders lors des élections législatives fin novembre. Parmi les mesures prévu dans le programme de ce dernier : l'interruption des livraisons d'armes à l'Ukraine.
Bien que l'aide des membres de l'Union européenne ait été conséquente depuis le début de l'offensive russe en Ukraine, ce sont les États-Unis qui ont fournit jusqu'à présent le plus important soutien militaire à Kiev. Mais la promesse du président américaine de continuer à appuyer l'Ukraine financièrement est mise en péril par le Congrès. Celui-ci a bloqué la semaine dernière une grande enveloppe de plus de 106 milliards de dollars réclamée avec insistance par Joe Biden, comprenant des fonds pour l'Ukraine et Israël.
À lire également
Certains républicains refusent de « signer un chèque en blanc » à l'Ukraine, comme ils le disent. Ils conditionnent leur vote « pour » contre des concessions significatives sur la politique migratoire des États-Unis. Se dessine ainsi un scénario catastrophe pour Kiev, dont la contre-offensive à l'été n'a pas apporté les gains territoriaux espérés. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky est justement attendu ce mardi outre-Atlantique pour discuter avec Joe Biden « des besoins urgents de l'Ukraine ».
(Avec AFP)
latribune.fr