Une entreprise européenne sur quatre risque une crise de trésorerie en 2021, selon Euler Hermes

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Photo d'illustration. La marge bénéficiaire des entreprises non-financières a reculé au premier semestre 2020 de 7 points en France, alors qu'elle a progressé de 1,1 point de pourcentage en Allemagne et même de 5 points en Italie, d'après l'étude.
Photo d'illustration. "La marge bénéficiaire des entreprises non-financières a reculé au premier semestre 2020 de 7 points en France", alors qu'elle a progressé de 1,1 point de pourcentage en Allemagne et même de 5 points en Italie, d'après l'étude. (Crédits : Reuters)
La deuxième vague épidémique et les mesures de reconfinement pourraient avoir de graves conséquences sur la trésorerie des entreprises des secteurs les plus touchés dans plusieurs pays européens, précise la note de l'assureur-crédit publiée mardi.

Une entreprise sur quatre pourrait se trouver en crise de trésorerie en 2021 alors que leur rentabilité a reculé, particulièrement en France, selon une note publiée mardi par l'assureur-crédit Euler Hermes.

"La marge bénéficiaire des entreprises non-financières a reculé au premier semestre 2020 de 7 points en France", alors qu'elle a progressé de 1,1 point de pourcentage en Allemagne et même de 5 points en Italie, d'après l'étude.

Euler Hermes précise qu'en France, deux tiers de cette contraction est imputable au paiement par les entreprises des impôts de production, qui doivent être réduits de 10 milliards d'euros à partir de l'an prochain avec un impact positif sur les marges des entreprises françaises de 0,7 point de pourcentage.

Des secteurs inégalement touchés

La deuxième vague épidémique et les mesures de reconfinement pourraient avoir de graves conséquences sur la trésorerie des entreprises des secteurs les plus touchés dans plusieurs pays européens, en dépit de tous les dispositifs de soutien mis en place jusqu'ici par les gouvernements, d'après la note.

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Les secteurs concernés sont notamment le textile-habillement, les commerce "non-essentiels", les services de transports, les concessionnaires automobiles, l'hôtellerie-restauration, et les activités de loisir, qui pourraient subir en 2020 des pertes d'exploitation "de 15% à 20% en moyenne en zone euro" par rapport aux niveaux d'avant-crise.

"Face à ces pertes, si les soutiens étatiques ne sont pas prolongés au-delà du premier semestre 2021 ou que les entreprises se montrent peu enclines à emprunter à nouveau, le manque de liquidités pourrait rapidement se faire ressentir", selon l'étude.

Ainsi, une entreprise sur quatre en zone euro pourrait se retrouver l'an prochain en crise de trésorerie, "c'est-à-dire en manque de liquidités pour garantir le bon fonctionnement de l'activité", explique Ana Boata, directrice des recherches macroéconomiques d'Euler Hermes, citée dans un communiqué.

Risques de licenciements et faillites

Le chiffre d'affaires cumulé des entreprises non financières exposées à ce risque de trésorerie s'élève à 20% du total du chiffre d'affaires dans la zone euro. En France, ce pourcentage s'élève à 22%, ce qui représente près de 860 milliards d'euros de chiffre d'affaires exposé, d'après l'assureur crédit.

Selon ses prévisions, la reprise au premier semestre 2021 devrait être moins forte que celle du printemps 2020, à cause d'un allègement plus prudent des mesures de confinement pour éviter une troisième vague épidémique.

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En conséquence, Euler Hermes estime qu'en France, "la politique budgétaire devra faire davantage pour éviter une vague de licenciements et de faillites".

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