Le verdict est tombé jeudi dernier 12 novembre de la bouche de Jean Castex : les règles du nouveau confinement « resteront inchangées pour au moins quinze jours ». Soit jusqu'au 1er décembre. Cette décision intervient alors que les critiques sur la gestion de la crise fusent de toutes parts et s'accumulent. Et ce ne sont pas les chiffres clés de l'épidémie qui les feront taire. Avec plus d'1,8 million de cas confirmés, la France est le pays le plus touché d'Europe. Plus de 3.600 clusters sont en cours d'investigation et près de 20.000 nouvelles hospitalisations sont décomptées sur les sept derniers jours. Au total, le coronavirus a provoqué 42.500 décès en France.
Auteur d'un livre sur l'épidémie vue du terrain « La Vague » (CNRS Editions), le professeur Renaud Piarroux, épidémiologiste à l'hôpital de La Pitié Salpêtrière, observe : dés le début, « il y a d'abord eu une mauvaise appréciation de ce qui se passait en Chine. Beaucoup d'experts et de scientifiques ont pensé que cela ne serait pas grave, c'est ce qu'on appelle un biais cognitif. Ensuite, l'Italie a réveillé les experts, et les politiques ont suivi. Pour la deuxième vague, la situation est vraiment différente. Cette fois, les politiques étaient relativement bien avertis, mais ils n'ont pas eu la force d'aller contre l'opinion publique ».