Voiture électrique : Ursula von der Leyen ne veut « pas laisser la Chine s'emparer de cette industrie »
latribune.fr
« Les batteries jouent un rôle moteur pour les technologies propres. Ce sera donc au cœur de notre indépendance économique » a affirmé la présidente de la Commission européenne.
MARKO DJURICA
Voiture électrique : Ursula von der Leyen ne veut « pas laisser la Chine s'emparer de cette industrie »
La présidente de la Commission européenne a présenté ses priorités économiques ce mercredi devant le Parlement européen.
L'Europe n'abandonnera pas la course à l'électrification dans l'automobile. Voilà la conclusion du discours d'Ursula von der Leyen prononcé devant les eurodéputés ce mercredi. Alors que, la veille, le chancelier Friedrich Mertz a appelé à davantage de « flexibilité » face au projet d'interdiction des ventes de voitures thermiques après 2035, la présidente de la Commission européenne maintient son cap. « Les batteries jouent un rôle moteur pour les technologies propres. Ce sera donc au cœur de notre indépendance économique », a-t-elle affirmé. Avant d'annoncer le lancement d'un programme nommé « Batterie booster » qui disposera de 1,8 milliard d'euros pour stimuler la production de batteries en Europe.
Si Ursula von der Leyen ne s'est pas directement prononcé sur l'objectif de 2035, elle s'est montrée très en faveur d'un verdissement rapide de l'industrie automobile. « Nous devrions investir dans des véhicules abordables de petite taille. L'Europe devrait avoir sa propre voiture électrique. Construite ici en Europe. Nous ne pouvons pas laisser la Chine s'emparer de cette industrie », a encore martelé la cheffe de l'exécutif européen.
Une Europe verte... et surtout indépendante
Et la fermeté de son discours n'a pas concerné que ce secteur. Un an après la publication du rapport Draghi, faisant état des failles de l'UE, le discours d'Ursula von der Leyen a fait la part belle aux conclusions de ce rapport. « Nous investirons massivement dans le numérique et les technologies propres », a-t-elle affirmé, avant de préciser que cela passera par « notre futur fonds pour la compétitivité et par le doublement du budget alloué à nos programmes HorizonEurope et pour la recherche et l'innovation ».
Une réponse aux nombreuses critiques qui accusent l'Europe d'immobilisme. La semaine dernière, la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a notamment confié qu'elle regrettait que les réformes avancent « trop lentement », à cause d'un « carcan de traités et de règlements. »
Aider les entreprises européennes
Un problème pour la cheffe de la Commission. Cette dernière a affirmé que le futur de l'économie européenne dépendra du développement de ses entreprises. Pour les aider, la femme politique a vanté l'arrivée de l'euro numérique ou encore du règlement « omnibus » censé faire économiser huit milliards d'euros de coûts administratifs aux entreprises européennes selon l'exécutif.
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Toujours dans le but de stimuler l'activité sur le Vieux Continent, Ursula von der Leyen a annoncé la mise en place d'un futur fonds dédié aux scale up européennes en précisant qu'il sera doté de plusieurs milliards d'euros. Et ce, « car nous voulons que les meilleurs en Europe choisissent l'Europe », a-t-elle insisté. Avant d'ajouter que l'UE publiera bientôt sa feuille de route pour parvenir à un marché unique à l'horizon 2028 qui concernera les capitaux, les services, l'énergie, les télécommunications et l'innovation.
Une politique européenne logement
Au-delà de l'aide aux entreprises, l'exécutif européen souhaite se pencher sur un autre problème : la crise du logement.
Alors que la plupart des États membres peinent à loger leur population, Ursula von der Leyen a annoncé l'organisation prochaine d'un « premier sommet de l'UE sur le logement », sans préciser, toutefois, ni sa date, ni quels sujets y seront abordés. La présidente de la commission est aussi revenue sur le plan européen pour des logements abordables.
Après avoir lancé une grande consultation au printemps, la patronne de l'institution a affirmé qu'elle devrait prochainement publier ses conclusions pour résoudre la crise. Et dans ce dernier, devrait figurer un certain nombre de mesures comme l'incitation aux aides d'État pour le logement ou encore l'incitation à la construction.
Ursula von der Leyen défend l'accord avec les États-Unis
Le discours d'Ursula von der Leyen au Parlement européen a aussi été l'occasion pour elle de défendre l'accord commercial qu'elle a négocié avec les États-Unis. Après de longues discussions, l'UE a accepté que ses produits exportés Outre-Atlantique soient taxés à 15 %. Un accord très critiqué sur le Vieux Continent que la cheffe de l'exécutif a voulu défendre. « Nos relations commerciales avec les Etats-Unis sont les plus importantes pour l'UE [...] des millions d'emplois en dépendent. » « Pensez aux répercussions d'une guerre commerciale totale avec les États-Unis. Imaginez le chaos », a-t-elle lancé aux eurodéputés, très amers après cet accord sur les droits de douane. La dirigeante a aussi assuré que l'Europe resterait intransigeante sur sa législation environnementale et numérique, que Donald Trump a encore critiquée vendredi.