Zone euro : pour Dombrovskis "aucun élargissement n'est à attendre"

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L'ancien Premier ministre letton et vice-président de la Commission européenne pense que la crise grecque a contribué à dissuader encore davantage les pays membres de l'UE à adopter la monnaie unique.
L'ancien Premier ministre letton et vice-président de la Commission européenne pense que la crise grecque a contribué à dissuader encore davantage les pays membres de l'UE à adopter la monnaie unique. (Crédits : Francois Lenoir/Reuters)
Le vice-président de la Commission européenne a affirmé qu'aucun nouveau pays n'adopterait l'euro prochainement, sous l'effet de la perte d'attractivité de la monnaie unique et, pour partie, de la crise grecque.

Alors que la menace d'un Grexit - une sortie de la Grèce de la zone euro - s'est fait de plus en plus forte cet été, la question de l'adoption de la monnaie unique se fait quant à elle de plus en plus lointaine pour l'ensemble des pays membres.  En effet, à en croire le vice-président de la Commission européenne Valdis Dombroskis:

"Dans les prochaines années, aucun élargissement de la zone euro n'est à attendre", a déclaré, dans un entretien au quotidien allemand Die Welt, Valdis Dombrovskis, également commissaire européen chargé de l'euro.

Et ce, alors même que les pays membres s'engagent, à terme, dès leur adhésion à l'UE à adopter la monnaie unique.

Une "salle d'attente" quasiment vide

"Avant qu'un pays n'adopte (l'euro), il faut au préalable qu'un taux de change fixe soit établi par rapport à l'euro. Ce mécanisme est la salle d'attente de la zone euro. Or, à l'heure qu'il est, aucun membre de l'UE ne s'y trouve, à l'exception du Danemark qui est un cas spécial", le pays ayant négocié une clause d'exemption, a poursuivi Valdis Dombrovski.

Le responsable européen indique toutefois que la Bulgarie et la Roumanie ont exprimé leur intérêt à entrer dans cette "salle d'attente" de l'euro. En revanche, le nouveau gouvernement conservateur polonais devrait se montrer "plus réservé" sur la question. Et si en définitive la taille de la zone euro semble devoir rester la même dans les années à venir, la question la plus pressante la concernant se situe plutôt sur ses mécanismes d'intégration et de solidarité.

Lire Pourquoi le projet de réforme français de la zone euro va échouer

L'impact de la crise grecque sur les mentalités

"L'adhésion à la zone euro était auparavant très attirante pour les nouveaux Etats membres de l'Union européenne. Cela a changé avec la crise de l'euro et la crise de la Grèce a sûrement encore renforcé cette évolution", estime le commissaire européen.

Pour autant, selon l'ancien Premier ministre letton, cette crise grecque "n'a pas été une crise européenne" et n'a jamais mis en doute "la stabilité européenne".  Les derniers pays à avoir adopté la monnaie unique sont la Lettonie en 2014 et la Lituanie en 2015. Parmi les neuf pays de l'UE hors zone euro figurent entre autres le Royaume-Uni (qui envisage de voter par référendum, en 2016, son maintien ou non dans l'UE) et la Suède, qui n'ont jamais manifesté aucun appétit pour la monnaie unique.

(Avec AFP)

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a écrit le 29/12/2015 à 16:37 :
En effet, ni l'Eurozone ni l'UE ne devraient accueillir de nouveaux membres d'ici 2020.

Cela résulte à la fois de l'état d'impréparation de candidats potentiels et de la décision politique de pause dans le processus d'élargissement décidé par la Commission Juncker.

Cette pause est la bienvenue : après une période de dix années dominées par l'extension géographique des deux zones (le traité de Lisbonne n'étant qu'un exercice de "rattrapage"), l'UE doit entrer dans une phase de renforcement politique et institutionnel afin de faire face aux nouvelles crises qu'elle traverse.

C'est seulement à la suite de ce renforcement que la processus d'élargissement pourrait reprendre - avec toutefois plus de précaution et de discernement que dans le passé. JGG
a écrit le 29/12/2015 à 9:45 :
L EUROPE NE SURVIVRAS QU AVEC UN EUROS A DEUX TAUX DIFFERANTSUN FORT POUR LES PAYS SOLIDE ECONOMIQUEMENT? ET UN EUROS PLUS FAIBLE POUR LES PAYS PLUS FAIBLES ECONOMIQUEMENT? L AVENIR DE L EUROPES DOIT PASSEZ PAR LA???
a écrit le 28/12/2015 à 21:03 :
Dans 10 ans l'Europe actuelle aura disparu et c'est tant mieux. On pourra en reconstruire une, plus démocratique, avec de vrais européens ( sans les baltes, et surtout sans les turcs, futurs "europeens".)et nous proposant un avenir sans guerre et sans pauvreté. Vive la future Europe ! Honte à l Europe actuelle !
a écrit le 28/12/2015 à 16:49 :
Il serait temps que l'europe soit l'euroland : on y adhère ou pas ! on se fout de qui là
? ...pendant ce temps des soi disants pays européens se dévellopent et ceux de l'euroland morflent !
a écrit le 28/12/2015 à 16:40 :
Heureusement encore qu'il y eu la crise grecque pour enfin dévoiler le vrai risque de cette monnaie commune telle qu'elle a été conçue!
Quelqu’un y voit un avantage? Moi que des inconvénients: augmentation des prix, monnaie surévaluée donc diminution d'exportation, ne peut pas faire tourner la planche à billets en cas de nécessité d'où austérité et appauvrissement, d'où conséquence politique et ce quel que soit le parti au pouvoir, vu que c'est la BCE qui dirige le pays, d'où perte de souveraineté! Mais qui serait assez fou que pour adhérer à l'€?
Réponse de le 28/12/2015 à 17:55 :
Si à 1,50$ l'€ était surévalué et gênait des entreprises comme Airbus, à moins de 1,10$ ce n'est plus le cas, et la France ne peut plus en tirer aucune excuse pour ses contre-performances en termes de commerce extérieur (d'autant plus que la plus grosse part de celui-ci se faisant DANS la zone €, le niveau de clui-ci par rapport au $ n'a que peu d'importance). Quant à l'usage abusif de la création monétaire, c'est lui qui provoque l'appauvrissement et qui porte en germe l'austérité à venir. Et de la création monétaire, avec le QE, la BCE en fait déjà beaucoup et même probablement trop.
Réponse de le 28/12/2015 à 20:10 :
Bruno_db, ah parce que tu n'a toujours pas compris que même à moins 1,1$, cette monnaie de singe qu'est l'€ est toujours surévaluée!!
a écrit le 28/12/2015 à 14:52 :
Et pourtant... si on regarde de près, la Slovaquie, largement distancée économiquement par rapport à la république Tchèque à l'indépendance, a largement, grâce à l'€, refait son retard.
a écrit le 28/12/2015 à 14:39 :
Tiens ils ont compris ...que l' on était à l' antichambre de l' explosion, dommage cela aurait permis de repartir sur une nouvelle base. A six par exemple.....
Réponse de le 28/12/2015 à 17:49 :
Ce n'est pas les adhésions les plus récentes (celles des 13 pays de l'est) qui mettent en cause le fonctionnement de l'UE. Inutile de jouer à "c'était mieux avant". D'autant plus que même avec une UE réduite aux 6 pays d'origine il y en aurait quand même 2 bien mal en point... et il n'est pas sûr qu'avec une telle divergence économique, avec, notamment, un pays vraiment en décrochage économique, ça irait foncièrement mieux.

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