Dans le Grand-Est, les élus se sont mobilisés pour attirer de nouveaux investissements sur des sites industriels existants. Ils doivent aussi imaginer la reconversion des sites emblématiques disparus."Accélérer des projets de transformation des entreprises en lien avec les trois moteurs du changement que sont les transitions écologiques, numériques et industrielles!" Telles ont été les priorités énoncées par Jean Rottner, président (LR) sortant du Conseil régional du Grand-Est, lors de la présentation en décembre 2020 du budget de la collectivité.
Des priorités dans l'air du temps, conformes au Green Deal de la Commission européenne. Quelle peut être la stratégie de différenciation de cette région dont des piliers économiques, tel que la sidérurgie et la métallurgie, se sont effondrés dès les années 1980 ? "Nous sommes toujours capables de gagner des projets d'investissement sur des sites industriels internationaux établis sur notre territoire", assure Lilla Merabet, vice-présidente (Modem) du conseil régional en charge de la compétitivité, de l'innovation et du numérique. "Merck a investi à deux reprises dans son unité de bioproduction à Molsheim. Le groupe américain O-I Manufacturing a réinvesti 60 millions d'euros à Gironcourt, dans les Vosges, pour déployer de nouvelles activités dans son usine de bouteilles de bière en verre", détaille la vice-présidente.
Investissements étrangers
Le groupe américain Mars s'apprête aussi à réinvestir sur son site à Haguenau (Bas-Rhin), où il est présent depuis 1974. Le Coréen Hanon Systems, l'un des principaux employeurs (450 salariés) dans la sous-traitance automobile à Charleville-Mézières et dans les Ardennes, investit 36 millions d'euros pour produire des systèmes de refroidissement destinés aux moteurs électriques. Le brasseur danois Carlsberg a lancé un projet de modernisation pour 100 millions d'euros chez Kronenbourg à Obernai. L'industriel agroalimentaire américain Schreiber Foods a repris le site fromager Bel à Cléry-le-Petit, dans la Meuse, et investi 85 millions d'euros pour produire des yaourts et fromages frais sous la marque Super U.
Mais d'autres sites majeurs dans Grand-Est n'ont pas connu le même succès. Au cours de six années passées, des mutations ont affecté des unités emblématiques implantées entre les années 1970 et 1990. EDF a dû se plier aux injonctions de fermeture de sa centrale nucléaire à Fessenheim (750 emplois directs), en Alsace, dont la production a cessé en juin 2020. Daimler a annoncé en décembre 2020 la vente de son usine Smart à Hambach au groupe britannique Ineos, qui entend y faire ses débuts dans l'automobile. Ineos assemblera en Moselle, avec une partie des salariés du constructeur allemand, son nouveau 4x4 Grenadier. 1.600 salariés sont concernés, avec les co-traitants locaux. Mais le projet, qui pourrait être réorienté vers une motorisation à hydrogène, affiche déjà près d'un an de retard.
Olivier Mirguet, à Strasbourg