Marcel & Fils, l'enseigne bio qui tisse sa toile
Maëva Gardet-Pizzo
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Après des années de croissance soutenue par une forte demande, de nombreux magasins bio ont dû fermer leurs portes après 2020, lorsque les ventes de produits alimentaires bio (tous circuits confondus) ont atteint un pic, à 12,8 milliards d'euros, selon l'Agence Bio. Deux cents enseignes ont ainsi fermé en 2022 et 298 en 2023. Un resserrement de l'offre qu'a rapidement pressenti l'enseigne bio Marcel & Fils, présente essentiellement dans le quart sud-est de la France.
Né à Venelles (13) en 2009, le réseau Marcel & Fils a opté pour un développement par de la croissance externe. Fin 2021 déjà, l'entreprise rachète Onalavie qui compte trois magasins en Haute-Savoie. S'ensuit quelques achats, ci et là, puis une opération considérable : l'acquisition de quinze magasins du réseau La Vie Saine, né à Dijon. « Cela nous permet de nous développer sans ajouter de l'offre sur un marché saturé », explique Emmanuel Dufour, fondateur de l'enseigne.
« Ce rachat nous a donné un coup d'accélérateur. Il nous a permis de passer de 45 à 60 magasins et de gagner 25 millions d'euros de chiffres d'affaires », portant ce dernier à 135 millions d'euros en 2024, avec un total de 800 salariés. La zone de rayonnement s'étend un peu au-delà de son quart sud puisque La Vie Saine est présente jusqu'en Franche-Comté et en Nouvelle-Aquitaine. Et tandis que Marcel & Fils a pour spécificité de s'installer dans des zones périphériques, les trois magasins urbains de La Vie Saine à Dijon, Montpellier et Bordeaux lui donnent accès à une clientèle nouvelle. « Nous n'avons pas encore passé ces trois magasins sous notre nom, ce que nous ferons bientôt, le temps de trouver les bons réglages », annonce Emmanuel Dufour.
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Si la croissance externe a permis à Marcel & Fils de croître plus vite que son marché (+ 8 à 9 % en 2024, soit un peu plus que l'ensemble du réseau spécialisé bio), l'enseigne soigne aussi évidemment sa croissance organique, misant notamment sur le ralentissement de l'inflation qui a fait gonfler le panier moyen et permis le retour de certains clients. Le recul de l'offre bio dans les rayons de la grande distribution (jusqu'à -24,9 % pour certaines enseignes d'après le cabinet d'études Circana) est aussi propice au retour de certains clients dans les enseignes spécialisées.
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