Les fondations, nouveaux abris fiscaux made in Suisse
Dorian Perron
Dorian Perron
La fondation Louis Vuitton, ouvrage monumental signé par l'architecte Frank Gehry, a été inaugurée ce jeudi 2 octobre après six ans de travaux. Aujourd'hui, les fondations prolifèrent. De toutes formes et à vocations diverses, vitrines d'entreprises ou bras armés de causes universelles - écologie, défense des animaux etc. - elles forment un marché en pleine croissance. En Suisse, elles sont cependant souvent vouées à rester inactives, servant de simples forteresses aux capitaux. C'est en tout cas le constat réalisé par le think tank Avenir Suisse dans son étude Le monde des fondations en mouvement.
Si Inaki Urdangarin avait été suisse, l'opération Nóos n'aurait sans doute jamais éclaté, et
Le phénomène a fait des émules, en Suisse notamment, où l'absence de contrôle permet une absence de poursuites certifiée. Les fraudeurs y créent des fondations à but non lucratif pour cacher leurs capitaux aux yeux du monde, et leur assurer de n'être pas amoindris par l'impôt, tout cela dans la plus grande sécurité.
Non soumises à l'impôt (car « seuls les bénéfices dépassant 20.000 francs - 16.000 euros - doivent être imposés chez les personnes morales poursuivant des buts idéaux ») à "transparence limitée", toujours selon le rapport d'Avenir Suisse, ces organisations à but non lucratif et pour la plupart inactives sont le refuge idéal des fraudeurs, cherchant à éviter la ponction de leurs richesses capitalistiques. Pour preuve, Avenir Suisse précise dans son étude que "80% n'emploient pas du tout de personnel salarié". Selon les statistiques, ces près de 13.000 fondations, dont un grand nombre ont leur siège à Zurich, Lausanne, Berne et Genève, détiendraient plus de 70 milliards de francs suisses (58 milliards d'euros). Une manne considérable.
Se revendiquant pourtant libéral, Avenir Suisse recommande à la Confédération Helvétique d'encadrer le phénomène, d'abord en le surveillant davantage, mais plus concrètement en obligeant ces fondations à consacrer annuellement au minimum 5% de leur capital à la réalisation de leur but originel, ce qui supprimerait du même coup leur apparence de « coffre-fort », figeant les capitaux sans échéance.
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Les fraudeurs devront peut-être changer de procédé ... ou de destination, au risque de passer pour des « malfaiteurs » de l'humanité.
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Pour aller plus loin : Le monde des fondations en mouvement - étude du think-tank Avenir Suisse
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