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Entreprises & FinanceBanques / Finance

Pourquoi la Société Générale continue de croire à la Russie

Photo de Christine Lejoux

Christine Lejoux

Publié le 16 février 2015 à 11:00 - Mis à jour le 28 mai 2015 à 17:12

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Crise économique et financière en Russie oblige, la banque accusera sans doute une nouvelle perte dans ce pays en 2015. Mais la Société générale demeure convaincue du potentiel à long terme de la Russie.

L'accord de Minsk conclu jeudi 12 février entre Vladimir Poutine et Petro Porochenko, sous la houlette de François Hollande et Angela Merkel, ne constitue qu'un premier et tout petit pas vers la paix en Ukraine, selon la chancelière allemande. Au-delà du drame humain que représente le conflit entre la Russie et l'Ukraine, pas de quoi, donc, calmer les inquiétudes du monde des affaires quant à la situation des entreprises françaises très présentes en Russie, comme Renault, Total ou la Société générale.

En effet, la banque, qui présentait ses résultats annuels ce même jeudi 12 février (lire encadré ci-dessous), n'a cessé de se développer en Russie depuis une quinzaine années, un pays où elle est notamment présente au travers de sa filiale Rosbank. L'objectif de la Société générale, également présente en Afrique et en Europe de l'Est, étant de maintenir à 25% la part des pays émergents dans son produit net bancaire (PNB, équivalent du chiffre d'affaires). Une stratégie à rebrousse-poil de celle de nombre de concurrentes telles que BNP Paribas, Santander ou Barclays, qui ont préféré faire machine arrière en Russie.

Un doublement du coût du risque en Russie, en 2015

Mais la Russie n'est pas exactement un relais de croissance, à l'heure actuelle. Dans ce pays, la Société générale a accusé une perte nette part du groupe de 538 millions d'euros, l'an dernier, contre un bénéfice de 128 millions en 2013. Une contreperformance qui résulte en grande partie des 525 millions d'euros de dépréciations d'écarts d'acquisition passés par la banque sur ses activités en Russie, afin de tenir compte de la dégradation de l'économie du pays. Une économie qui s'était essoufflée dès l'été 2013, et dont le ralentissement avait été aggravé par la crise ukrainienne et les sanctions internationales prises contre la Russie. A quoi se sont ajoutés la chute de plus de moitié du prix du pétrole, l'an dernier, et l'effondrement du rouble, qui a dévissé de 50% par rapport au dollar et de 40% face à l'euro, en 20104. Sans oublier la décision de la banque centrale russe de porter son taux directeur à 17% en fin d'année dernière, ce qui a encore accru les difficultés économiques du pays.

Celui-ci devrait basculer dans la récession cette année, la Société générale tablant sur un plongeon de 4% du Produit intérieur brut (PIB), après la légère hausse de 0,6% en 2014. D'où la perspective d'une nouvelle dégradation du pouvoir d'achat en Russie, d'une hausse du nombre de chômeurs, toutes choses qui ne sont pas de nature à rassurer une banque sur la solvabilité de ses clients. De fait, la Société générale s'est résolue à voir son coût du risque (provisions pour risque d'impayés) doubler en Russie, en 2015. Aussi la banque sera-t-elle "sans doute" de nouveau en perte dans ce pays, cette année, pronostique Bernardo Sanchez-Incera, directeur général délégué de la Société générale.

La Russie représente 2% des expositions de la Société générale au risque de défaut

"Le sujet russe sera plus difficile en 2015 mais il est sous contrôle", nuance Frédéric Oudéa, PDG de la Société Générale. En effet, la banque va poursuivre son programme de réduction des coûts en Russie, lequel s'est déjà traduit par une forte baisse des effectifs. Parallèlement, le groupe accordera de nouveaux crédits avec parcimonie, qu'il s'agisse de prêts aux entreprises ou de crédits à la consommation. L'an dernier déjà, les encours de crédit de la Société générale en Russie ont fléchi de 1,7%, à 9,4 milliards d'euros. Et le plan de réduction des risques mis en place en 2014 a permis de ramener le taux de créances douteuses de 12% en 2013 à 8,5% l'an dernier. Au total, la Russie ne représente plus que 2% des expositions totales de la Société générale au risque de déf

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aut, soit 16,7 milliards d'euros, contre 21,4 milliards à la fin de l'année 2013.

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"C'est très petit, nous savons gérer cela", insiste Frédéric Oudéa. Qui continue à croire dans le potentiel du marché bancaire russe, à long terme. D'abord parce que la moitié seulement de la population russe est bancarisée ; ensuite, parce que ce marché est très fragmenté. Pour autant, plus question de donner des objectifs au-delà de 2015, en Russie :

"Nous avons fait le choix d'avoir un pilotage à court terme. La situation est beaucoup trop mouvante, trop fragile, les hypothèses sont trop vastes pour qu'on se fige sur un scénario au-delà de quelques mois", prévient Bernardo Sanchez-Incera.

Plus que jamais, la Russie est un vrai pari pour la Société générale.

Christine Lejoux

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