Baisse historique de la fraude au paiement électronique
Gabrielle Thin

Evolution fraudes moyens de paiement 2016 2017 en millions
Banque de France
Gabrielle Thin

Evolution fraudes moyens de paiement 2016 2017 en millions
Banque de France
Encore une bonne nouvelle pour la sécurité des moyens de paiement émis en France, dans la continuité de 2016 : la fraude poursuit sa tendance à la baisse. Le rapport annuel de l'observatoire de la sécurité des moyens de paiement présenté ce mardi 10 juillet par le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau a mis en avant des progrès importants en matière de lutte contre la fraude sur l'ensemble des moyens de paiement scripturaux, à l'exception du chèque. Elle a baissé de 6,8% en général, de 798 à 744 millions d'euros en 2017.
Tout en précisant que le paiement en espèces restait majoritaire en France, le gouverneur de la Banque de France a brossé le panorama des nouvelles pratiques des Français ainsi que des évolutions de la fraude. Il a souligné le recul substantiel du montant annuel de la fraude sur les moyens de paiement émis en France. Ceci dit, le nombre de cas a augmenté (5,1 millions d'opérations frauduleuses en 2017 contre 4,8 millions en 2016).
Tous les moyens de paiement électroniques ou dématérialisés ont bénéficié de cette baisse. La carte bancaire, le moyen préféré des Français (52% des paiements scripturaux c'est-à-dire hors espèces), concentre près de la moitié de la fraude en montant, à 361 millions d'euros, mais cette somme globale est en recul de 4,7%, pour la deuxième année consécutive. Le taux de fraude par carte diminue à environ 1 euro de fraude pour 1.850 euros de transactions (soit 0,054% et seulement 0,032% pour les paiements effectués en France). C'est toujours en ligne que le paiement par carte enregistre le plus fort taux de fraude, même s'il est là aussi en baisse (à 0,161% contre 0,210% un an plus tôt, soit un euro de fraude pour 620 euros de paiement).
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[Après une première inflexion en 2016, le taux de fraude sur les cartes bancaires continue à se poursuivre. Crédit : Banque de France]
Du côté des prélèvements et des virements, les taux de fraude sont proches de zéro (0,0003% pour les virements et 0,0006% pour les prélèvements), et toujours en baisse par rapport à l'année dernière.
Des résultats très encourageants donc, permis par le déploiement de moyens perfectionnés pour sécuriser les paiements dématérialisés. François Villeroy de Galhau a ainsi constaté l'adoption quasi généralisée du système 3D-Secure (pour les paiements en ligne) et le développement de dispositifs de scoring, algorithmes capables d'évaluer le niveau de risque d'une transaction sur la base de certaines caractéristiques (habitudes du client, localisation, matériel utilisé).
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Le gouverneur de la Banque de France a également salué un « écosystème français et une mobilisation collective pour la sécurité des paiements qui n'existe pas chez nos voisins », en particulier dans le cadre de la transposition de la deuxième directive européenne sur les services de paiement (DSP2) entrée en application en janvier 2018.
Il a ainsi présenté la composition plurielle de l'observatoire, au sein duquel collaborent pouvoirs publics, établissements bancaires, associations de consommateurs et de commerçants.
Par ailleurs, il a rappelé que depuis l'ordonnance de janvier 2009, en cas de fraude de paiement, la banque doit rembourser immédiatement et en totalité le client.
Dans ce contexte d'amélioration générale de la sécurité des paiements électroniques, le chèque détonne parmi les paiements scripturaux. En effet, la part du chèque dans les montants fraudés augmente (40% des fraudes en 2017 contre 34% en 2016) alors que celui-ci est de moins en moins utilisé : sa part dans les moyens de paiement est passée de 9 à 8%.
Cette fraude croissante atteint 296 millions d'euros en 2017, soit 25 millions de plus qu'en 2016, en raison d'une hausse du montant moyen de la fraude, passé de 2.300 euros à 2.580 euros en 2017. Les cas les plus fréquents de fraude restent le vol de chéquier pendant leur acheminement ou la falsification des chèques.
De nombreux acteurs travaillent d'ailleurs à des alternatives au chèque, innovantes et sécurisées.
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Interrogé sur l'évolution à venir des comportements et des moyens de paiement en France, le gouverneur de la Banque de France ne s'est pas aventuré à faire des pronostics sur l'adoption du paiement instantané par les particuliers. Il a davantage insisté sur la nécessité de continuer à proposer tous les moyens de paiements aux particuliers et aux entreprises.
Gabrielle Thin