L’actuel patron de la filiale Natixis a été désigné ce vendredi comme le successeur de Laurent Mignon à la présidence du directoire du groupe bancaire BPCE. Il hérite d’un groupe solide mais qui devra faire face à de nouvelles menaces, comme la hausse du coût du risque dans le tissu des petites et moyennes entreprises (PME), où BPCE est historiquement très implanté.
La force d'un groupe peut souvent se mesurer par l'absence de surprise sur la gouvernance. Et c'est sans réelle surprise que le conseil de surveillance du groupe bancaire coopératif BPCE, réuni ce vendredi sous la présidence de Thierry Cahn, a nommé à la présidence du directoire Nicolas Namias, actuel patron de la filiale Natixis. Il succèdera donc à Laurent Mignon à partir du 3 décembre prochain. Ce dernier avait annoncé sa démission - à la surprise générale cette fois-ci - en septembre pour prendre les rênes de la société d'investissement Wendel.
Ce changement à la tête exécutive du groupe a donc été mené tambour battant, selon un scénario déjà bien rodé, même si plusieurs candidatures internes, issues des Banques Populaires ou des Caisses d'Épargne, s'étaient manifestées.
En effet, Laurent Mignon était également directeur général de Natixis quand il est arrivé au pouvoir pour remplacer en 2018 François Pérol, parti dans la banque d'affaires. Énarque, inspecteur des finances, Nicolas Namias, 46 ans, a passé l'essentiel de sa carrière dans le groupe BPCE, après le passage obligé à la direction du Trésor. Il a été successivement directeur de la stratégie du groupe, puis directeur financier de Natixis puis du groupe, avant de prendre la direction générale de Natixis en 2018.
A ce titre, il a été la cheville ouvrière de la restructuration de Natixis, de sa sortie de la côte au recentrage de cette filiale sur la gestion d'actifs et les solutions pour les grandes entreprises. Aujourd'hui, la feuille de route de Nicolas Namias semble déjà bien balisée. Le groupe affiche une solide santé financière et le plan stratégique 2024, présenté l'an dernier, est sur les rails, avec de fortes ambitions de conquête (croissance des revenus de 3,5% par an).
Certes, le contexte économique s'est singulièrement dégradé, même si les banques profitent de la hausse des taux d'intérêt pour reconstituer leurs marges d'intérêt. Laurent Mignon, avait déjà prévenu, lors de la présentation des résultats du premier semestre, que « les prochains mois seront plus difficiles ».
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