Crédits immobiliers : les banques réduisent drastiquement la voilure
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La production de crédit a accusé une baisse de 32 % en septembre 2022.
DR
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

La production de crédit a accusé une baisse de 32 % en septembre 2022.
DR
Coup de torchon sur le crédit immobilier au cours de l'été : selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, le marché du crédit immobilier s'est littéralement effondré au troisième trimestre, avec un recul de 26,8 % de la production et de 27,7 % du nombre de prêts accordés. Du jamais vu depuis la crise financière de 2008 !
Ce constat diffère donc sensiblement de celui de la Banque de France, qui fait état d'un recul modéré de l'activité en août et d'une simple normalisation du marché. Une différence qui s'explique par un périmètre de collecte des données différent, Crédit Logement, organisme interbancaire de caution, ne prenant en compte que les crédits immobiliers accordés aux particuliers, hors rachats et renégociations.
« Nous assistons à une modification importante de régime en passant d'un régime dominé par la demande à un régime d'offre », résume Michel Mouillart, professeur des Universités et directeur de l'Observatoire. Autrement dit, les banques ont singulièrement appuyé sur le frein de la production de crédits immobiliers.
Face à une remontée du coût du refinancement, les banques voient en effet la profitabilité de l'activité se dégrader fortement, à un niveau le plus faible depuis 2001, d'autant que le taux d'usure (taux maximal auquel une banque peut prêter) les empêche d'ajuster leurs barèmes de crédit immobilier aussi vite que les conditions de marché.
À lire également
Après avoir fait le plein de la hausse des taux en juillet (18 points de base en moyenne), le soufflé est ainsi retombé en août et surtout en septembre. Au total, le taux moyen des crédits (hors assurances et frais) s'établit ainsi au troisième trimestre à 1,78% (1,88% fin septembre). Il grimpe à nouveau depuis le relèvement du taux d'usure à partir du 1er octobre pour dépasser, à la mi-octobre, les 2%, avec un rebond de la production, alimenté sans doute par des dossiers bloqués cet été par le taux d'usure.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.
