Débâcle de Credit Suisse : les autorités bancaires acculées
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L'autorité de surveillance des banques dans le pays, se serait montrée incapable d'empêcher les errements des dirigeants de la banque helvétique Credit Suisse.
DENIS BALIBOUSE
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L'autorité de surveillance des banques dans le pays, se serait montrée incapable d'empêcher les errements des dirigeants de la banque helvétique Credit Suisse.
DENIS BALIBOUSE
Le gendarme suisse des marchés financiers est sévèrement critiqué. D'après une commission d'enquête, la Finma, l'autorité de surveillance des banques dans le pays, se serait montrée incapable d'empêcher les errements des dirigeants de la banque helvétique Credit Suisse. Ce qui avait failli déclencher une crise financière mondiale en 2023.
Pour rappel, en début d'année dernière, la faillite d'une banque américaine s'était répercutée sur les marchés boursiers et avait déstabilisé Credit Suisse, une banque systémique. En mars 2023, le ministère des Finances, la banque centrale et la Finma s'étaient alors réunis pour trouver rapidement une solution après le mouvement de panique. Les autorités suisses avaient ainsi opté pour un rachat par sa concurrente UBS afin d'éviter que la banque ne fasse faillite.
La commission a également estimé que le conseil d'administration et la direction de Credit Suisse sont les « responsables de la perte de confiance dans la banque ». Son rapport n'ayant cependant identifié « aucun comportement fautif » de la part des autorités suisses. Elles ont même permis « d'éviter une crise financière internationale ».
Après quasiment dix-huit mois d'enquête, cette commission, mise en place moins de trois mois après le sauvetage de l'ex-deuxième plus grande banque de Suisse, déplore dans son rapport « l'inefficacité partielle » de la Finma. Et ce, y compris avant le mouvement de panique sur les marchés de mars 2023. Elle dit ne pas comprendre que la Finma ait accordé en 2017 « de vastes allègements de fonds propres », sans lesquels la banque aurait « déjà eu de la peine à satisfaire aux exigences réglementaires » quatre ans plus tard, en 2021, et « en aurait été absolument incapable dès 2022 ».
La Finma avait lancé de nombreuses procédures et avertissements à l'encontre de la banque, reconnaît cette commission, qui note aussi que les dirigeants de Credit Suisse s'étaient montrés « réticents » à l'égard de ses interventions. Mais elle regrette, « qu'à l'époque », la Finma ne lui ait pas retiré « l'attestation d'activité irréprochable » dont les banques ont besoin pour exercer en Suisse, indique le communiqué accompagnant son rapport.
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Les commissions d'enquête parlementaires sont extrêmement rares en Suisse. Il ne s'agit que de la cinquième dans l'histoire du Parlement. Cette commission a été chargée d'enquêter sur le rôle des autorités suisses dans le sauvetage de Credit Suisse, en remontant à 2015 pour analyser les facteurs qui ont conduit à sa chute.
Cette commission, qui a auditionné 79 personnes et analysé plus de 30.000 pages de documents, a également émis des critiques concernant les règles applicables aux banques considérées comme trop grosses pour faire faillite. Elle a estimé que le gouvernement et le Parlement avaient accordé une « trop grande importance » aux demandes des grandes banques. Elle fustige une mise en œuvre « hésitante » des règles pour ces banques dites d'importance systémique, qui doivent se conformer à des exigences plus strictes compte tenu de leur poids dans l'économie.
Selon cette commission, il faut « impérativement tirer les enseignements » de cette crise. D'autant que l'Etat avait déjà dû intervenir en 2008 pour voler au secours d'UBS et que la Suisse « ne compte désormais plus qu'une seule banque d'importance systémique mondiale ». La fusion de deux plus grandes banques du pays a fait émerger un colosse qui suscite d'importantes inquiétudes dans le pays où beaucoup s'interrogent sur les options à l'avenir en cas de crise.
« Ce rapport confirme que l'effondrement de Credit Suisse a été entraîné par des années d'erreurs stratégiques », a réagi de son côté UBS dans un communiqué. Mais si la banque réaffirme soutenir « la plupart des recommandations » déjà faites par le gouvernement, elle soutient toujours que les règles doivent être ajustées de manière « ciblée » pour garantir la compétitivité de la place financière suisse.
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L'association suisse des employés de banque a en revanche réclamé davantage de moyens pour encadrer les banques, affirmant dans un communiqué que l'effondrement de Credit Suisse est avant tout dû à « quelques hauts dirigeants peu scrupuleux », avec « une fois de plus » le personnel « qui paie la facture ».
(Avec AFP)
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